Ils n'ont pas eu le temps de prendre la mer, les 96 clandestins et leurs quatre passeurs interpellés à 2 h du matin, dans la nuit d'avant-hier à hier, sur la plage de l'Hydrobase, à Saint-Louis. Malgré les mesures hardies prises par les autorités sénégalaises et espagnoles et les promesses d'un voyage réglementé, le phénomène migratoire vers l'eldorado européen continue de plus belle. Et tant que les passeurs et leurs convoyeurs s'entêteront à affronter l'Atlantique, nous confie un policier, 'nous nous évertuerons à leur barrer la route en contrecarrant toutes leurs velléités délictueuses'. Et la farouche volonté des services de sécurité dans la capitale du Nord, à faire face à l'émigration clandestine, a encore payé. C'est ainsi que vers 2 h du matin, dans la nuit du mercredi à hier, jeudi, les éléments du commissaire Adama Diédhiou ont mis la main sur quatre-vingt seize candidats à l'émigration clandestine et quatre trafiquants de migrants, plus communément appelés passeurs, sous nos tropiques. Les limiers ont été alertés par un ballet inhabituel de véhicules, notamment des taxis jaune et noir qui faisaient la navette sur l'axe Hydrobase - Centre-ville de Saint-Louis. Et c'est une fois sur les lieux, sur la Langue de barbarie, que les policiers vont découvrir le pot aux roses. Le temps de la capture, la plage de l'hydrobase a été transformée en piste d'athlétisme où limiers, passeurs et autres candidats à l'émigration clandestine ont rivalisé de vitesse, de galipettes, de dribbles et de feintes, dignes des grands recordmen du monde de 100 m. Les passeurs interpellés, notamment 'le cerveau Pape Mody Sow' et ses acolytes Baba Lô Dièye, Ndongo Seck, Djibril Djiba, ont été trouvés ayant par-devers eux la somme de 4 millions 404 mille francs Cfa ainsi que tout l'arsenal de guerre destiné à leur faciliter la traversée du grand bleu. Entre autres objets saisis par les policiers-enquêteurs, un appareil Gps, indispensable à l'orientation en haute mer, des gilets de sauvetage, des habits, des couvertures, des marmites, bols et autres ustensiles de cuisine, des bidons d'essence. En attendant les résultats de l'enquête ouverte sur cette rocambolesque affaire, les hommes de loi de cette partie du pays, qui n'ont jamais baissé les bras et plus déterminés que jamais à mettre fin à ce pernicieux phénomène, sont sur le pied de guerre. Et la côte de la Langue de barbarie est surveillée comme du lait sur le feu, par ces temps qui courent. |