| Accouchements à domicile
a St-Louis, les raisons justificatives
Le
Soleil (Dakar) - 22 Novembre 2006 - M. Gueye
Les
accouchements à domicile qui persistent encore à Saint-Louis
sont liés, selon Aï
da
Dieng, sage-femme à l'hôpital régional, à une
certaine mentalité de la Saint-Louisienne.
La
surveillante générale du service Maternité de
l'hôpital de Saint-Louis constate, en effet, que cette
dernière aime le confort. « Elle est possessive
et cela se retrouve même au moment d'accoucher. Parce qu'elle
se dit que dans une maternité, la sage-femme s'occupe
de tout le monde en même temps. Alors que quand il s'agit
d'une matrone, elle s'occupe uniquement d'elle », explique-t-elle.
A ce facteur, Aïda Dieng ajoute les problèmes d'accessibilité géographique
et financière. Et elle donne l'exemple de quartiers enclavés
et peuplés comme Pikine 700 qui ne dispose que d'un seul
dispensaire.
Par rapport à la formation des matrones qui est un sujet à controverse,
il faut dire que si cette option a été prise, c'est
pour que les matrones puissent intégrer plus tard les structures
sanitaires. C'est ainsi qu'à Saint-Louis, les matrones qui
ont un niveau d'instruction jugé satisfaisant ont été intégrées
dans le tissu sanitaire, après avoir été recyclées.
Elles sont ainsi chargées d'orienter les femmes qui font
appel à elles vers le centre de santé. « Nous
ne faisons plus les accouchements à domicile.
Avec
la formation que nous avons reçue en hygiène et
en partogramme (consistant à suivre l'évolution
du travail de la femme)), nous acheminons directement vers le
centre de santé », soutient Maïmouna Diallo.Mais,
certains acteurs de la santé maternelle émettent
des réserves quant à la formation des matrones.
C'est le cas de Dr Ousseynou Faye de la Division de la santé de
la reproduction (Dsr) qui estime : « Favoriser la formation
des matrones signifie favoriser les accouchements à domicile ».
Son point de vue est partagé par Aïda Dieng, sage-femme à l'hôpital
de Saint-Louis.Cependant, la présidente de l'Association
des matrones de Saint-Louis dégage en touche. Elle estime
que la formation leur permet de pouvoir exercer dans les structures
de santé et non plus d'aider les parturientes à accoucher à domicile.
Signalons
que les activités de mobilisation que le projet Aquasou
a pu faire ont été réalisées grâce à l'apport
du Réseau des parlementaires sénégalais
pour la population et le développement. Dans ce cadre,
déclare Famara Sarr, coordonnateur dudit réseau
: « Si on fait appel à nous, c'est pour que le volet
mobilisation sociale et dialogue politique soit pris en compte.
Parce que quelle que soit la qualité des infrastructures,
du personnel médical, si les usagers ne vont pas vers
les structures médicales, il est certain qu'ils ne serviront à rien ».
Ainsi, suggère-t-il aux populations de se les approprier.
Et
M. Sarr lance un appel à tous pour sensibiliser, informer
sur les causes qui conduisent à des décès
maternels évitables pour une grande partie. Selon lui,
il faut que chacun se dise quelle est ma part de responsabilité dans
ces décès. « Si on en arrive là, on
pourra régler beaucoup de problèmes ».
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