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Conférence sur la vie et l'oeuvre de Cheikh Anta DIOP à l'UGB, le legs du savant en question
Wal Fadjri (Dakar) - 12 Mars 2007 - Gabriel Barbier
La conférence était destinée aux enseignants, étudiants
et collégiens de Saint-Louis et portait sur la vie et l'oeuvre de Cheikh
Anta Diop. Pour visiter le legs du savant, les organisateurs ont jeté leur
dévolu sur son fils, l'ingénieur-chercheur Cheikh Mbacké Diop
pour l'animer en compagnie des historiens et égyptologues à l'Ucad,
les Pr Aboubakry Moussa Lam et Babacar Diop alias Buuba.
'Il est
très important, à travers ce type de rencontres, de
pouvoir populariser l'oeuvre de Cheikh Anta Diop et de certains grands intellectuels
africains, pas seulement au Sénégal mais partout en Afrique et à travers
le monde'. Ainsi parlait samedi dernier Cheikh Mbacké Diop, à l'issue
de la conférence consacrée à son défunt père,
le savant Cheikh Anta Diop, qui a eu lieu à l'amphithéâtre
Madické Diop de l'Université Gaston Berger de Saint-Louis. L'ingénieur-chercheur établi à Paris
a fait le déplacement de Sanar, pour participer et animer, en compagnie
des historiens et égyptologues à l'Ucad, les Pr Aboubakry Moussa
Lam et Babacar Diop alias Buuba, en présence du modérateur le
Pr Issiaka Prosper Lalèye de l'Ugb, du directeur de l'Ufr des Lettres
et Sciences Humaines le Pr Baydallaye Kane, la rencontre organisée pour échanger
avec les enseignants, étudiants et collégiens de Saint-Louis
sur la vie et l'oeuvre de Cheikh Anta Diop.
Avant les débats fort enrichants entre conférenciers, étudiants
et autres collégiens et participants, l'assistance a été tenue
en haleine par le Pr Aboubakry Moussa Lam qui a développé le
thème : 'Combat de Cheikh Anta Diop ou la réécriture de
l'histoire africaine'. Le Pr Lam a montré comment l'égyptologie
a été créée et comment elle a été falsifiée
et comment elle a été rectifiée par Cheikh Anta Diop par
le biais de l'Unesco. Le conférencier a aussi tenté de visiter
le combat mené par le savant sénégalais, tout en administrant
la preuve que les Egyptiens étaient des Noirs et qu'ils ont produit
une brillante civilisation.
A sa suite,
le thème 'L'Education dans l'oeuvre de Cheikh Anta Diop'
a été l'occasion, pour le Pr Babacar Diop, d'aborder la question
de la place et du rôle de l'éducation des adultes dans le développement
d'une société. Prenant comme prétexte l'hommage rendu
au Pr Cheikh Anta Diop, le Pr Buuba Diop a expliqué la place de l'Afrique
dans la réflexion sur l'histoire de l'éducation. Dans la foulée,
l'historien a montré l'apport du Pr Cheikh Anta Diop dans cet élan
de réflexion. Selon lui, 'Cheikh Anta Diop nous a donné des indications
sur le médium performant en matière d'éducation, à savoir
les langues nationales, en donnant des indications sur les contenus les plus
pertinents et les plus performants. Il a posé les défis qui attendent
les Africains en matière de modernisation de nos langues et en matière
de maîtrise des différents niveaux et domaines d'éducation'.
Auparavant,
l'historien et égyptologue Aboubakry Moussa Lam avait plaidé pour
la mise sur les fonts baptismaux, d'un département d'histoire, dans
l'espace universitaire de Sanar. 'J'ai plaidé pour l'érection
d'un département d'histoire à l'Université de Saint-Louis
parce que l'histoire est quelque chose dont on ne peut pas se passer. Il faut
connaître son passé pour pouvoir guider son action. Donc dans
une université, comme celle de Saint-Louis, tous les étudiants
ont besoin de connaître l'histoire de l'Afrique'. Le Pr Lam de se demander
: 'Comment voulez-vous être un bon Africain si vous ne connaissez pas
l'Afrique, si vous ne vous connaissez pas vous-mêmes. Il y a un philosophe
grec qui disait : connais-toi toi-même'. C'est une erreur à réparer
au plus vite possible, l'histoire doit être enseignée parce que
nous risquons d'être des gens qui marchent à reculons, concluera-t-il,
pour étayer sa thèse.
Saisissant
la balle au rebond, le directeur de l'Unité de formation
et de recherches (Ufr) de Lettres et Sciences Humaines, le Pr Baydallaye Kane
de rappeler que 'l'histoire, à l'Université Gaston Berger, est
fondamentale. Je suis angliciste, mais je sais ce que l'histoire a représenté pour
les Américains et les Britanniques, ce qui est l'espace que je connais
le mieux. Et c'est très important. En attendant de monter un département
d'histoire, qui est quelque chose qu'il faut préparer, dans le cadre
de la réforme Lmd que nous allons engager à la rentrée,
l'Ufr des Lettres a décidé, en plus de l'anglais et de l'informatique
que tous les étudiants de l'Ugb étudient, de faire de l'histoire
de l'Afrique une matière transversale à toutes les sections.
De la même manière, à l'instar de l'Université Cheikh
Anta Diop de Dakar, qui a cette vieille pratique, nous avons décidé d'ouvrir,
pour poser un premier jalon, comme deuxième langue, la possibilité de
choix de langues nationales. L'autre axe, c'est une série de conférences
comme celle-ci, sur les grandes figures de l'Afrique'.
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