Les populations de la capitale du nord, mobilisées derrière le maire Ousmane Masseck Ndiaye, préparent activement la visite d’une forte délégation de la ville française de Lille, composée de 18 personnes et conduite par Mme Martine Aubry. Nos partenaires lillois réfléchiront avec le ministre de la Décentralisation et des Collectivités locales et ses collaborateurs, sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour relancer la coopération entre Saint-Louis et Lille.
Le directeur de l’Agence de développement communal (Adc), Mamadou Diop, par ailleurs, directeur de cabinet du maire de la commune de Saint-Louis, et ses proches collaborateurs, faisaient les derniers réglages, en vue d’amener les populations à accueillir dans une liesse populaire nos partenaires français de Lille qui sont attendus le 14 septembre 2007 à Dakar. Mme Martine Aubry et sa délégation, mettront à profit leur séjour dans notre pays pour se rendre le 16 septembre prochain dans la capitale du nord où on se rappelle à tout moment que le Gouverneur Faidherbe était un ressortissant de Lille.
Ainsi, elles auront l’occasion de réfléchir, avec le maire Ousmane Masseck Ndiaye et son staff, sur les voies et moyens à mettre en œuvre pour relancer la coopération entre Saint-Louis et Lille et signer une nouvelle convention qui va couvrir la période 2007-2009. Ce programme de coopération 2007-2009, selon le directeur de l’Adc, Mamadou Diop, s’inscrit dans la continuité des actions de coopération initiées depuis la fin des années 80 dans le cadre des accords de coopération entre des collectivités de la région Nord Pas-de-Calais et la région de Saint-Louis. « L’année 1978, a-t-il poursuivi, fut caractérisée par la conclusion d’un premier accord de coopération entre les villes de Lille et de Saint-Louis ». En 1981, l’association Le Partenariat Lille/Saint-Louis du Sénégal (rebaptisée depuis 2006 « Le Partenariat ») réalisait, dans le cadre de cette coopération, les premières activités d’échanges, de correspondances scolaires et d’appui au secteur éducatif qui se sont densifiées et diversifiées au cours des années. Parallèlement, a précisé Mamadou Diop, une coopération de territoire à territoire s’est mise en place avec la signature d’accords de coopération entre la région Nord Pas-de-Calais et le Gouvernorat et la ville de Saint-Louis en 1988. En 1997, un accord est signé avec la région de Saint-Louis, nouvellement érigée.
Cet accord sera renouvelé en 2003. Le département du Nord et la région de Saint-Louis signent un accord en 1989, ainsi que Lille Métropole Communauté Urbaine et la ville de Saint-Louis, en 1999. En 2004, le département du Nord, en accord avec ses partenaires sénégalais, réalise un recentrage de ses interventions sur le département de Dagana, officialisé cette même année, par un accord de coopération avec les collectivités de ses départements, sous l’égide du Conseil Régional de Saint-Louis. Dans le cadre de ces partenariats, la grande majorité des actions de coopération développées par les collectivités du Nord Pas-de-Calais et leurs partenaires sénégalais respectifs, étaient issues des travaux de l’association Le Partenariat, mais également, mises en œuvre par cette dernière. Cette association devint un véritable opérateur de la coopération décentralisée. Jusqu’en 2005, cette association élaborait les actions de coopération au titre du « FSP coopération décentralisée », sur la base d’une concertation élargie des partenaires de la coopération décentralisée au sud et au nord. La mise en place de collectivités locales élues au Sénégal, suite aux lois de décentralisation de 1996 et l’instauration d’un dialogue politique régulier entre collectivités locales de la Région Nord Pas de Calais et de la région de Saint-Louis, a accru la mise en place d’un cadre de coopération décentralisée et incité les collectivités du Nord à accroître leur investissement dans la définition, le développement et la mise en œuvre des actions de coopération relevant de leurs partenaires respectifs. « Aujourd’hui, a souligné Mamadou Diop, le rôle de l’association Le Partenariat, réside davantage dans un appui aux partenaires sénégalais, dans l’identification des besoins et l’élaboration conjointe de plans d’actions, leur responsabilisation et la facilitation à l’émergence de compétences et de structures locales ». Elle dispose toujours du statut d’opérateur des actions de coopération développées par les collectivités du Nord Pas-de-Calais. Ces dernières lui confient encore la réalisation d’une partie des actions définies avec chacun des partenaires sénégalais, dans les principaux domaines de coopération (santé, action sociale, éducation).
Historique
Les villes de Saint-Louis et de Lille, selon les experts de l’Adc, sont engagées depuis 1978, dans des actions de coopération décentralisée, ayant vocation à renforcer les liens de solidarité entre les deux villes et leurs habitants et contribuer au développement humain, social et économique de leurs territoires. Les deux collectivités collaborent plus particulièrement en matière de gestion municipale.
Depuis 1995, poursuivent nos interlocuteurs, les villes de Lille et de Saint-Louis s’investissent dans un programme d’appui à la gestion municipale (Pagm), qui s’inscrit en droite ligne, dans la politique sénégalaise de décentralisation définie par la loi de 1996. Dès 1994, la commune de Saint-Louis a créé avec l’appui de ses partenaires de la coopération décentralisée, dont la ville de Lille, une cellule de coordination, d’information et d’animation pour le développement local (CCIADL). Elle fut chargée de mener des études, d’apporter des conseils en matière de développement local, tout en assurant une cohérence des interventions dans l’espace communal. Beaucoup d’actifs sont à inscrire au compte de cette cellule. Il s’agit du développement d’une politique d’appui à la démocratie locale (mise en place des premiers conseils de quartier-Programme PRADEQ).
Cette expérience novatrice a reçu une reconnaissance internationale. En 2000, à Windhoek (Namibie), la commune de Saint-Louis s’est vue décerner le trophée « Africités », grâce au programme PRADEQ. En février 2000, la CCIADL s’est structurée davantage et s’est transformée en Agence de Développement Communal (ADC), qui est le point focal du PAGM. Elle est placée sous la responsabilité de la commune de Saint-Louis et le maire en est le président du conseil d’administration. Elle a pour rôle de répondre aux sollicitations de celui-ci, dans le cadre d’études sectorielles pour la mise en œuvre de projets, en qualité de maître d’ouvrage délégué. Cette agence est aujourd’hui, en partie, financée par les partenaires de la coopération décentralisée et bilatérale. Cet appui financier diminue régulièrement, tendant à l’autonomisation de la structure et pour une prise en charge accrue par la commune de Saint-Louis qui, de son côté, augmente tous les ans, les crédits qu’elle y consacre. Après dix ans d’existence, l’ADC de Saint-Louis est une structure autonome. Elle a développé des compétences internes et met en œuvre des programmes issus de la coopération décentralisée. La ville de Saint-Louis en est devenue aujourd’hui, le principal bailleur.
Depuis 2003, la coopération décentralisée Lille/Saint-Louis, a été axée autour de l’élaboration et la mise en place d’un Agenda 21 local, dont l’ADM est maître d’œuvre. L’accompagnement dans l’élaboration et la mise en œuvre d’un Agenda 21 local à Saint-Louis, permet d’échanger des expériences et faire de cette initiative, au Nord comme au Sud, un vecteur de nouvelles pratiques écologiques, sociales, économiques et démocratiques. Le rôle des municipalités est en effet capital dans le processus de développement urbain durable, et la coopération décentralisée, s’avère un atout pour sa réussite.
Le programme 2007-2009
Un nouveau programme de coopération triennal La visite de Mme Martine Aubry à Saint-Louis, est au centre de toutes les causeries. Elle permettra, à coup sûr, à la municipalité, de bénéficier bientôt, de subventions importantes pour la relance de la coopération entre la ville française de Lille et la vieille cité sénégalaise, ancienne capitale de l’Afrique Occidentale Française, longtemps considérée comme un centre d’élégance, de téranga, de la douceur, de la beauté et du bon goût. Tout ridé sous son chapeau de paille, le visage raviné par la fatigue, buriné par les intempéries, ce sexagénaire, ressortissant de la Langue de Barbarie, est adossé à la portière d’une vieille guimbarde, poussive et brinquebalante, stationnée à quelques encablures du centre d’état civil. Il requiert l’anonymat pour préciser qu’il ne s’est jamais intéressé à la politique mais, qu’il peut néanmoins rendre un vibrant hommage au maire Ousmane Masseck Ndiaye qui, selon lui, s’est évertué depuis 2002, à changer positivement le visage de la commune. A en croire notre interlocuteur, l’actuel ministre de la décentralisation et des collectivités locales, a entrepris des actions de développement très importantes dans le cadre de l’assainissement, du nettoiement, de l’éclairage public de la ville. Il a également aidé plus de trois cents jeunes à trouver un emploi salarié décent et, s’apprête à financer, par l’entremise de l’ADC, la mise en œuvre de nombreux projets élaborés par certains groupements d’intérêt économique qui interviennent dans la commune de Saint-Louis.
Ce vieux pêcheur guet-ndarien, n’a pas manqué de se réjouir des efforts constants et louables déplorés par le maire Ousmane Masseck Ndiaye pour développer la coopération décentralisée au profit de sa ville et des populations de la commune de Saint-Louis. Ce même témoignage a été fait par le directeur de l’ADC, Mamadou Diop, qui a rappelé que le ministère des Affaires étrangères a ouvert en 2007, un nouveau dispositif de co-financement des actions menées par les collectivités locales françaises en matière de coopération décentralisée dans les pays en développement. La ville de Lille a répondu à l’appel à contrat pour un programme triennal (2007-20 Le programme présenté, selon M. Diop, contient une innovation majeure, souhaitée par le ministère.
En concertation avec le conseil régional du Nord Pas de Calais, le Conseil Général du Nord et la ville de Saint-Laurent Blangy, il est apparu souhaitable de formuler une réponse conjointe de ces quatre collectivités territoriales, coopérant toutes avec des collectivités de la région de Saint-Louis du Sénégal. Le Conseil régional a accepté d’être chef de file. Les projets aboutissant à une mutualisation des moyens portés par plusieurs collectivités territoriales, intervenant dans une même zone géographique, sont privilégiés. Les collectivités locales françaises et sénégalaises ont conjointement la responsabilité du projet sur le terrain.
Les actions de coopération décentralisée, a indiqué Mamadou Diop, portent sur deux axes majeurs. Notamment, l’appui institutionnel à la commune de Saint-Louis, en matière de développement urbain durable et l’appui à la mise en place de services de proximité en matière de santé et d’action sociale, secteur qui constitue une des priorités définies par la ville de Saint-Louis (renforcement de la politique sociale et programme de santé communautaire). Grâce au co-financement du ministère français des Affaires Etrangères, qui a été sollicité et obtenu par la ville de Lille, ce programme représente un budget total de 390.000 euros sur trois ans.
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