| Véritable
mémoire de l'époque coloniale : Le Crds de Saint-Louis
a besoin d'être réhabilité
Mardi
07 Novembre 2006 - Walfadjri
Gabriel
BARBIER

Mme Fatima Fall, conservatrice en chef et directrice
du Centre de recherches et de développement social (Crds)
de Saint-Louis par intérim, s'est évertuée à nous
rappeler, dans l'entretien qu'elle nous a accordé à Saint-Louis,
que ce centre a été construit entre 1950 et 1954,
aménagé et équipé entre 1954 et 1956.
Après l'installation de l'exposition permanente, il a été inauguré en
1956 et la structure portait le nom de Centre Ifan du Sénégal
et de la Mauritanie. Il est devenu le Crds lorsque la Mauritanie
s'est retirée du projet en 1962.
(Correspondance)
- Situé à la pointe du Sud de l'île, à quelques
encablures du lycée des jeunes filles de Ameth Fall et
niché entre les deux bras du fleuve, le bâtiment
qui abrite le Crds de Saint-Louis continue d'attirer des milliers
de touristes. Des intellectuels de gros calibre, des sommités
du monde de l'art et de la culture, des enseignants chercheurs,
des étudiants et autres visiteurs qui débarquent
dans la vieille cité pour les besoins du Magal des deux
Rakas, du festival international de jazz, etc., ne manquent pas
de faire le détour du Crds. Ce bâtiment ne menace
pas encore de tomber en ruines, mais, de l'avis de Mme Fatima
Fall mais aussi de bon nombre de Saint-Louisiens et d'hommes
de culture, il gagnerait à être réhabilité.
A ce propos, Mme Fatima Fall, qui nous a servi de guide à l'occasion
de la visite des locaux, dont elle a la charge, ajoute que ‘le
ministre de l'Education, Moustapha Sourang nous a promis, lors
du dernier Comité rgional de développement (Crd)
sur la rentrée scolaire 2006/2007 à Saint-Louis,
de mettre tout en œuvre pour le réfectionner et revoir
le statut du Crds’. Dans cet ordre d'idées, Mme Fall
rappele que le Crds de Saint-Louis a topujours eu un problème
de statut. Dans la mesure où il a longtemps été balloté entre
les ministères de la Culture, de l'Education, de l'Enseignement
supérieur et de la recherche scientifique. En attendant
la promesse ministérielle, l'Unesco a décidé de
consentir un financement pour un coût global de vingt millions
de francs Cfa. Ce financement sera destiné à la conservation
et à l'enrichissement des collections mais également à l'équipement
du centre en divers matériels et à la formation du
personnel. L'Ifan de Dakar et les Archives nationales envisagent,
dans le cadre de leurs projets de numérisation, de renforcer
les équipements dont dispose le Crds.
Le
Crds de Saint-Louis, souligne-t-elle, dispose aujourd'hui de
deux grandes unités. Avec notamment, une grande bibliothèque
de vingt mille volumes et un important musée qui fait
la fierté des régions de Saint-Louis, Louga et
Matam. Le centre compte dix agents. Il abrite, dans le cadre
d'une convention signée avec la municipalité de
Saint-Louis en 2003, le bureau du Patrimoine. Et il dispose de
documents très importants qui datent de l'époque
de Faidherbe.
Malgré le
poids de l'âge et les turpitudes de l'histoire, le Crds,
ex-Ifan continue de jouer pleinement son rôle de régulateur
historique et de courroie de transmission entre les différentes
générations. Certes, sur place, le visiteur, avide
d'informations en ressort toujours satisfait. Mais le Crds gagnerait à se
mettre à l'air du temps. La nécessité d'informatiser
les services s'imposent. L'odeur de canfre et de moisissure rappelle
certes, au visiteur, qu'il est bien dans un site historique.
Mais, ne serait-ce que pour la sécurité des documents
et des informations, des ordinateurs ‘dernier cri’ aideraient à mieux
gèrer ce site, témoin des temps coloniaux.
A
lui tout seul, le Crds recoupe les différentes époques
de l'histoire de Saint-Louis, du pont Faidherbe, de la place
Faidherbe et autres. Pour accéder à sa documentation,
on souscrit à un abonnement ou on fréquente la
bibliothèque en qualité d'enseignant chercheur,
d'universitaire, etc. Il est loisible aussi aux internautes,
intéressés par les informations sur Saint-Louis,
de consulter le site web du centre.
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