Croisade
contre l'insalubrité à Gokhou-Mbathie,
le programme « un ménage,
une poubelle » mis
en oeuvre
Le
Soleil
(Dakar)
-
26
Janvier
2007
-
Mbagnick
Kharachi
Diagne
S'il
y a une
localité de
la capitale
du Nord
où les
jeunes,
notamment,
les femmes,
ont bien
compris
la nécessité de
se ceindre
les reins
pour
assainir
leur
cadre
de vie,
préserver
et sauvegarder
leur
environnement
et protéger
la nature,
c'est
bien
le quartier
de Gokhou-Mbathie
de Saint-Louis.
Bien
encadré par
l'association
franco-sénégalaise « Talibaba »,
le groupement
féminin « Takhaw-Liggey-Ak-Talibaba » de
Gokhou-Mbathie
(Saint-Louis,
nord
du Sénégal)
a pu,
avec
l'appui
de l'Aprosen
(Agence
pour
la propreté du
Sénégal)
et Enda, élaborer
et mettre
en oeuvre
le programme « Un
ménage,
une poubelle ».
Grâce à des
subventions
de
l'Aprosen
et
de
partenaires
allemands
(l'Ong
allemande
Asw),
ce
groupement
féminin
a
pu
déjà acheter
1.000
poubelles
qu'il
a
distribuées
aux
populations
de
Gokhou-Mbathie.
Le
bac à ordures,
qui coûte
plus
de 5.000
Fcfa
dans
le marché,
est finalement
revenu à 1.000
Fcfa
pour
chaque
maison
bénéficiaire
du projet.
Le groupement
féminin
a donné globalement
un apport
personnel
de 1.250.000
Fcfa.
Selon
Makhtar
Fall,
membre
de « Talibaba »,
l'idée
d'élaborer
ce projet
remonte à une
mission
qu'il
avait
lui-même
effectuée
en Allemagne.
Dans
ce pays,
il a
eu l'occasion
de contacter
une Ong
allemande,
notamment
l'Asw,
qui était
prête à appuyer
ce groupement
féminin
dans
les domaines
de l'environnement,
de l'émancipation
de la
femme,
de la
protection
des droits
de la
femme,
del'alphabétisation,
etc.
Après
avoir
accueilli
favorablement
la décision
de l'Asw
de l'aider,
ce groupement
féminin
a émis
le souhait
de renforcer
le système
local
de collecte
des ordures
ménagères,
notamment,
le Gie
Cetom
(Collecte
et traitement
des ordures
ménagères)
mis en
place
par la
municipalité de
Saint-Louis
et de
disposer
d'un
lot important
de bacs à ordures
pour
les distribuer
aux populations
de Gokhou-Mbathie.
« C'est
ainsi
que nous
nous
sommes évertués,
en tant
que membres
de « Talibaba », à mettre
en articulation
l'idée
des femmes
de Gokhou-Mbathie,
avec
la politique
prédéfinie
dans
ce sens
par Enda
et l'Aprosen »,
a souligné Makhtar
Fall.
Pour
l'heure,
a-t-il
précisé, « Talibaba » veille
sur la
bonne
utilisation
de la
poubelle,
qui pourrait être
retirée
aux bénéficiaires,
si on
se rend
compte
qu'elle
a été utilisée à d'autres
fins.
Si ce
cas se
produit,
a-t-il
souligné,
on est
obligé de
restituer
au chef
de ménage
les 1.000
Fcfa
qu'il
avait
dépensés
pour
avoir
son bac à ordures.500
autres
poubelles
Ce
groupement
féminin
de Gokhou-Mbathie,
a-t-il
poursuivi,
envisage
d'acheter
un cheval,
une charrette
et du
petit
matériel
de collecte
pour
appuyer
le Gie
Cetom
de la
mairie
qui utilise
déjà deux
charrettes
pour
le ramassage
des ordures
dans
ce quartier. « Talibaba » est
en train
de l'aider à avoir
500 autres
poubelles
pour
satisfaire
d'autres
ménages
qui manifestent
le désir
d'en
disposer.
Makhtar
Fall
a
enfin
rappelé que « Talibaba » est
une
association
créée
en
2004
par
des
ressortissants
français
et
des
jeunes
de
Gokhou-Mbathie.
Ces
Français
avaient
effectué en
2002
un
séjour à Gokhou-Mbathie
où ils
ont
eu
l'occasion
de
travailler
avec
les
jeunes
de
ce
quartier
sur
un
projet
de
mise
en
place
d'une école
de
football,
d'un
centre
informatique,
d'une
brigade
d'activités
manuelles.
Dans
la définition
de « Talibaba »,
nous
explique
Makhtar
Fall,
on pourrait
comprendre
: « Avec
les talibés,
bâtissons
l'avenir ».
Cette
association
franco-sénégalaise
intervient
dans
les domaines
de l'environnement,
de la
santé,
de l'informatique,
de l'éducation
et du
sport.
Avec
l'appui
de ses
partenaires
français,
elle
a déjà appuyé en
médicaments
la case
de Santé de
Ngui-Guélakh,
localité située
dans
l'arrondissement
de Rao, à 17
kilomètres
de Saint-Louis,
créé un
trousseau
de santé pour
l'école
primaire,
mené une
vaste
opération « un élève,
une moustiquaire,
un maître,
une moustiquaire »,
distribué d'autres
moustiquaires
imprégnées
aux populations
de ce
village.
Dans
ses perspectives,
elle
envisage
de créer à Gokhou-Mbathie
un centre
pour
accueillir
les enfants
déshérités,
en situation
difficile
et les
enfants
du quartier
qui pourraient
y passer
pendant
les vacances
des moments
utiles
et agréables,
en y
apprenant
l'informatique.