La
majorité des
fidèles musulmans de la ville de Saint Louis a célébré la
fête de l’Aïd El Fitr ou Korité, marquant la
fin du mois béni de ramadan, le samedi 13 octobre 2007. Dans son
sermon, Cheikh Diallo, l’Imam intérimaire de la grande mosquée
de la capitale du Nord, ne s’est pas empêché de dénoncer
les maux qui gangrènent la société sénégalaise.
Aussi, a-t-il appelé ses condisciples à se dresser contre
l’ « instrumentalisation » de l’Islam et à un
retour au Tawhid pour avoir le salut ici bas et à l’au-delà.
L’imam ratib de la grande mosquée de Saint Louis n’a
pas porté de gants pour alerter ses condisciples venus nombreux
célébrer la prière de la korité sur les dérives
graves constatées dans la religion et l’instrumentalisation
dont l’Islam est l’objet au Sénégal, selon
lui. Argumentant ses propos avec sourates et hadiths, il a tenu à leur
rappeler sans cesse la nécessité d’un retour aux
sources du Saint Coran et de la Souna du prohète (Psl).
A l’en croire, les valeurs et vertus qui constituaient le socle
du tissu social sénégalais ont cédé la place
au « mensonge », à la « médisance », à la « calomnie », à l’ « ingratitude », à la « trahison »,
au défaut de respect de la parole donnée. Toutes ces pratiques,
créées et entretenues par une nouvelle couche sociale « aisée » et
autres parvenus par le biais de la télévision (le sketch
du ramadan de Lamarana Diallo à la Rts) sont antinomiques des
préceptes de l’Islam et sont aux antipodes des valeurs ancestrales
bien sénégalaises de Ngor.
Aussi, l’argent et le pouvoir ont rompu toutes les chaînes
de valeurs et de vertus avec la désacralisation des liens parentaux
de sang, le développement exponentiel de l’individualisme,
les dépenses de prestige, les relations d’intérêt
et les nouveaux réseaux d’amitié qui se sont créés
en fonction de la place des concernés dans la société.
Pour parer à tous ces maux qui minent la société ;
il en a appelé ses condisciples à arborer le manteau de
la Vérité, à la mise en place d’une justice équitable
pour tous et rendue conformément aux prescriptions divines et
aux recommandations du prophète (Psl).
L’islam étant venu pour vaincre les disparités ;
l’imam plaidera pour « une tolérance et une plus grande
prise en compte des groupes vulnérables, notamment les femmes,
les déshérités (miskiines), les orphelins, qui subissent
de plein fouet le manque de solidarité islamique né de
l’individualisme galopant ». Considérant ainsi l’opulence
dans la pauvreté que vivent les Sénégalais ; il
a indexé les occidentaux comme étant « les principaux
instigateurs de cette perte de repaire pour nous avoir savamment inculqué leur égoisme ».
Avant de poursuivre que « l’imitation des habitudes des Tiédos,
qui jurent avec les enseignements du Saint Coran, est la principale source
de notre aveuglement ».
Compte tenu de la place du musulman auprès de son Créateur,
l’imam soutient que les morts que l’on déterre pour
les besoins d’autopsie constituent un problème aujourd’hui
dans la mesure où « enterrer et déterrer une personne
obéit à des règles extrêmement complexes ».
Considérant que le rythme ou les morts musulmans sont déterrés
participe, selon lui, à cette « instrumentalisation » de
l’Islam, il appellera les musulmans à s’opposer contre
cette pratique car les médecins doivent s’entourer de toutes
les garanties avant de délivrer un permis d’inhumer.
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