La 9e édition du tournoi de judo de la ville de Saint-Louis aura lieu
du 1er au 2 avril, au centre Didier Marie. Une manifestation qui a vu le jour
en 1999 et qui est devenue non seulement un label de l'Union Africaine de judo
(Uja), mais également de la Fédération mondiale de Judo
(Fmj) et des institutions de Jeunesse et des Sports de la Francophonie. C'est
au bord des larmes que le promoteur-initiateur Mbaye Boye Fall, vice-président
de la fédération sénégalaise de judo (Fsj) en parle.
Entretien.
Le tournoi international de judo de Saint-Louis s'ouvre dimanche et entre
dans sa 9e édition. Et pourtant d'aucuns ne donnaient pas une telle
assise à cette manifestation qu'on avait vite fait d'enterrer.
(Les larmes aux yeux). C'est une manifestation qui me tient à coeur.
Je n'ai pas eu un bon niveau scolaire, ni appris un métier dans la vie,
pour apporter quelque chose à ma ville. L'unique chose que je sais faire,
c'est le judo. Et c'est avec le judo que je peux apporter quelque chose à ma
ville. Vous faites partie des témoins oculaires de la premère édition
que j'avais organisée en 1999 avec les moyens du bord et grâce
aux prières de mes parents et au soutien sans faille de l'ancien maire
Abdoulaye Diaw Chimère, qui y croyait fermement.
D'aucuns pensaient que c'était une affaire politique, bien que je sois
un fervent socialiste, et d'autres croyaient que c'est une manifestation vouée à l'échec.
Mais avec ma volonté et la foi qui m'animent d'en faire une réussite,
le tournoi vit et est sans connotation politique. C'est une manifestation pour
le judo, par les judokas et les fils de Saint-Louis qui s'identifient maintenant à cette
fête. Une manière pour moi de participer au développement
de la ville. Je ne sais faire rien d'autre que le judo et n'ayant aucun diplôme,
je n'avais que le judo comme instrument pour participer à ma manière
au développement de cette localité qui m'a vu naître et
qui a donné à ce pays des cadres de haut niveau.
Je ne cesserai de remercier Abdoulaye Diaw Chimère, sans qui cette
manifestation n'aurait pas eu cette crédibilité. C'est une organisation
qui m'a beaucoup coûté, sur le plan de ma santé physique
et financière. Mais en retour, j'ai beaucoup gagné dans les relations
humaines qui sont devenues la force motrice de cette manifestation. Ma seule
satisfaction réside dans le fait que tous les grands pays de judo connaissent
Saint-Louis et participent annuellement à cette manifestation.
En marge de la manifestation, se déroulera un stage en partenariat
avec la Confejes. Que peut-on en tirer ?
Mbaye Boye Fall : Le tournoi est devenu incontournable dans
la vie du judo africain. D'année en année, on enregistre la participation de
grands judokas du continent africain et des célébrités
du monde du judo. Cette année, c'est près d'un millier de judokas
qui vont participer à la 9e édition. Et pour accompagner les
efforts louables consentis par l'organisation et aider au développement
du judo de notre jeune continent, la Confejes a décidé d'organiser
un stage technique, en collaboration avec la Fédération mondiale
de judo et la Fédération sénégalaise de judo, à Saint-Louis.
La prise en charge totale des frais de transport et d'hébergement des
judokas sélectionnés pour suivre ce stage et participer au tournoi,
est assurée par la Confejes. Et cela concerne les espoirs du judo africain
qui feront le déplacement sur Saint-Louis. Une manière pour la
Francophonie de récompenser nos efforts, mais aussi de participer au
développement du judo dans les pays ayant en partage la langue française.
Toutes les équipes venant d'Europe participeront aussi à ce stage
qui sera dirigé par des cadres techniques de la Fédération
mmondiale de judo, de l'Union africaine de judo et du Sénégal.
A combien s'élève le budget de cette 9e édition ?
Rien n'est planifié à ce niveau. J'y vais avec mes relations
pour arriver à réaliser mon voeu, c'est-à-dire la réussite
de cette manifestation. Des appuis me viennent des autorités étatiques
par le biais du ministère des Sports et d'autres départements
ministériels. Toutes les autorités de la ville de Saint-Louis
apportent leur soutien pour la réussite de cette fête du judo.
Il faut saluer aussi l'apport du président de l'Union africaine de judo,
le général Lansana Palenfo, qui ne ménage aucun effort
pour le succès de cette manifestation à laquelle il assiste depuis
sa création.
Quel sera le nombre de participants ?
Cette année, nous attendons plus d'un millier de participants à cette
9e édition du tournoi international de Saint-Louis. Et ils nous viennent
aussi bien de pays européens comme la France la Belgique, l'Italie et
autres que des pays africains et asiatiques. Saint-Louis sera donc la capitale
mondiale du judo les 1er et 2 avril 2007. Nous mobiliserons tous les résidents
pour accueillir nos invités. La destination touristique de la vieille
ville, ancienne capitale de l'Aof, n'en sera que renforcée, car les
gens viendront des cinq continents pour compétir certes, mais également
pour découvrir notre pays.