L'affaire des morts suspectes n'ayant pas livré tous ses secrets, le procureur de la République a ordonné l'exhumation des corps pour leur transfert à Dakar à des fins d'autopsie. La mort dans l'âme, la famille des défuntes s'est pliée à la décision du chef de parquet. Quand le chef décide, il n'y a de place qu'à l'exécution. Hier, malgré les multiples conciliabules et autres discussions, la décision du procureur de la République qui a ordonné l'exhumation des corps des quatre morts mystérieuses de Santhiaba - Goxxu Mbaxx, enterrées la veille et l'avant-veille, a prévalu. Et finalement, les corps sans vie d'Amsatou Diagne (75 ans), Coumba Kandji (53 ans), Mame Amy Diop (33 ans) et le nouveau né de sexe féminin A. S. (5 mois) ont été déterrés du cimetière de Thiaka Ndiaye au grand dam de leurs parents, proches et amis qui, jusqu'au dernier moment, ont montré des signes de réticences. Finalement, la mort dans l'âme, ils se sont résolus à respecter l'ordre venu d'en haut. Et c'est finalement, entre 13 h 15 et 14 h 30 que l'exhumation a eu lieu. C'est au cours d'une cérémonie funéraire hors du commun à laquelle n'ont pris part que les sapeurs pompiers, la police et les membres de la famille que ce spectacle peu ordinaire s'est déroulé. Les dépouilles mortuaires de ces quatre membres d'une même famille ont été ensuite acheminées jusqu'à l'hôpital régional de Saint-Louis où elles ont été conservées à la morgue en attendant d'être transférées, ce mardi 19 juin, à l'hôpital Aristide Le Dantec pour une autopsie. Pour l'heure, c'est la psychose dans cette partie du pays où les rumeurs les plus folles circulent pour tenter d'expliquer ces morts suspectes. A Saint-Louis, l'on ne s'explique toujours pas comment quatre membres d'une même famille peuvent passer de vie à trépas à quelques heures d'intervalle entre samedi et dimanche derniers, après s'être tous plaints de maux de tête aigus et de maux de ventre suivis de vomissements. C'est d'abord, samedi, la grand-mère de 75 ans qui a rendu l'âme après s'être plainte de maux de tête aigus. Quelques heures plus tard, le bébé de cinq mois de sexe féminin A. S., qu'on croyait endormi dans une chambre annexe, a été trouvé mort. Jusque-là, malgré la coïncidence des deux drames et leur soudaineté, rien de bien grave, car les parents, voisins et autres proches ont vite fait de parler de morts naturelles. Et bien évidemment, la grand-mère et sa petite fille seront enterrées au cimetière musulman de Thiaka Ndiaye. Mais l'affaire commence à se corser et à faire réfléchir lorsque, le lendemain, dimanche, une dame de 53 ans, Coumba Kandji, fille de la défunte de la veille, a succombé suite à de maux de tête aigus. Mais, contrairement à sa défunte mère, dès les premières douleurs, les parents ont eu la présence d'esprit de l'emmener au centre de garnison du quartier Nord. L'infirmier chef de garde l'ausculte et lui délivre un certificat médical où il est mentionné : céphalées, hypertension artérielle, vomissements. Elle décédera quelques minutes plus tard et son corps acheminé par les sapeurs pompiers à l'hôpital régional de la capitale du Nord. Près d'une vingtaine de minutes plus tard, le cadavre de sa fille de 33 ans, Mame Amy Diop, arrive, dans les mêmes conditions, au centre hospitalier de Saint-Louis. Dans son dossier médical délivré à son passage à l'infirmerie militaire du Nord, on parle de maux de tête, de vomissements, d'hystérie, d'agitation. Internés dans la structure hospitalière de Saint-Louis, les deux cadavres seront finalement livrés, pour être inhumés, à leur famille sur la demande insistante de cette dernière sans autopsie. Ce sont, finalement, ces corps qui ont été exhumés pour être transférés à Dakar et autopsiés. Décédées dans des circonstances mystérieuses : Les corps des deux filles autopsiés à Dakar de retour à Saint-Louis Au moment de l'exhumation des quatre cadavres du quartier Santhiaba - Goxxu Mbaxx, l'on procédait au retour au bercail des corps sans vie des deux filles du Cretef, décédées, vendredi, dans des conditions quasi - similaires. Mais, contrairement aux quatre décès du quartier Santhiaba - Goxxu Mbaxx, les parents des désormais ex-pensionnaires du Cretef de la vieille cité n'ont opposé aucune réticence à l'éventualité d'une autopsie de ces deux filles sorties majors de leur promotion. Et, selon nos sources, les médecins légistes de l'hôpital Aristide le Dantec de Dakar ont pu opérer dans de bonnes conditions les cadavres des deux filles et sont, en mesure, à l'étape actuelle de la procédure, de donner avec exactitude, les raisons qui ont causé la mort d'Oumou Khaïry Sidibé et Khoudia Diop. Comme les décès de la Langue de Barbarie, elles se sont plaintes de maux de tête aigus, de maux de ventre accompagnés de vomissements après avoir consommé du riz au poisson qu'elles ont, elles-mêmes, préparé à des hôtes de leur école de formation, nous renseigne-t-on. Selon nos sources, elles ont consommé le même mets que tout le monde sans qu'aucune autre personne n'ait souffert d'un quelconque mal suite à la consommation de cet aliment. Pourtant, suite à ce copieux repas, elles ont été sujettes à des vomissements et à des maux de tête. Elles mourront à l'hôpital de Saint-Louis après leur évacuation au service des urgences.
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