Foire du
cercle des Amis et Eleveurs de Moutons à Saint Louis
:
Une
nette amélioration génétique ovine
Le
Soleil - Jeudi 7 décembre 2006 - Mbagnick Kharachi
Diagne et Saliou Fatma LO
Ouvrant
samedi dernier la foire que le cercle des amis et éleveurs
de moutons a organisée dans la grande cour du racing-club
de Saint-Louis, le ministre de l’élevage Mme Oumou
Khaïry Guèye Seck s’est réjouie, au
nom du chef de l’Etat, des efforts déployés
par les membres du CAEM pour importer des géniteurs
comme le ladoum, le bali-bali et l’azawack en vue d’améliorer
l’élevage ovin local.
En
présence de son collègue Garde des sceaux, ministre
d’Etat, ministre de la justice Cheikh Tidiane Sy, le
ministre de l’élevage a précisé que
le mouton est bien élevé dans notre pays qui
compte un effectif d’environ 4,8 millions d’ovins
dont 298.000 dans la région de Saint-Louis. Ce cheptel
est essentiellement composé de moutons peulh-peulh,
touabir et d’éléments issus de leur croisement.
Aujourd’hui,
a-t-elle poursuivi, on assiste de plus en plus à une
spécialisation des producteurs qui s’adonnent à l’élevage
du mouton, aussi bien dans la zone sylvopastorale, dans le
bassin arachidier qu’au niveau des centres urbains. Cette
spécialisation s’accompagne fort heureusement
d’un effort d’organisation des producteurs. Pour
Mme Oumou Khaïry Guèye Seck, l’amélioration
génétique ovine, comme chez les autres espèces,
permet d’avoir de beaux spécimens recherchés
par le consommateur sénégalais : « Nous
constatons, si heureusement, que les organisations de producteurs
initient elles-mêmes, à côté de l’Etat,
des programmes d’amélioration génétique,
après avoir obtenu des résultats intéressants
dans le domaine de l’habitat, de la santé et de
l’alimentation des animaux ». C’est ainsi
que l’AGROPOV, a-t-elle souligné, appuyé par
le ministère de l’élevage, à travers
le PAPEL et en collaboration avec l’ISRA, met en œuvre
un système d’amélioration génétique à noyau
ouvert (SAGNO) dans le bassin arachidier.
La
loi n°2002-24 du 9 décembre 2002 sur l’amélioration
génétique dont le décret d’application
est en voie d’être signé, permettra, selon
le ministre de l’élevage, dans un proche avenir,
de mieux organiser cette activité. Pour avoir un impact
réel, elle doit être menée sur le long
terme avec des objectifs et un schéma bien définis,
des critères de sélection bien choisis et des
conditions de mise en œuvre claires. Quelle que soit la
technique d’amélioration génétique
utilisée, la foire, lieu de rencontre de produits issus
de différents systèmes d’élevage,
demeure, de l’avis de Mme le ministre une belle occasion
d’évaluer le chemin parcouru. Elle favorise, par
ailleurs, l’échange d’expériences
entre les professionnels et joue un rôle d’émulation
pour la production de sujets de bonne qualité.
Elle
joue enfin, un rôle non négligeable dans la tabaski
qui est un événement d’une importance capitale
au Sénégal. En effet, en plus de son cachet religieux,
cette fête revêt un grand intérêt
sur le plan socio-économique. C’est pourquoi le
gouvernement met en place chaque année, une stratégie
appropriée et un dispositif organisationnel adéquat
pour sa préparation. Des mesures sont prises pour résoudre
les difficultés qui se sont posées dans le passé et
créer les conditions d’un approvisionnement suffisant
du marché en moutons.
C’est
dans ce cadre, que le ministre de l’élevage a
salué la décision du Premier Ministre Macky Sall
d’exonérer de droits et taxes, du 30 novembre
2006 au 31 janvier 2007, l’entrée des petits ruminants
au Sénégal, leur transport le long des axes routiers
et leur séjour au niveau des zones d’attente et
des points de vente. Des CRD sont en train d’être
organisés dans toutes les régions pour une bonne
tabaski, notamment, sur le plan de la sécurité des
personnes et des biens, l’aménagement des points
de vente, la surveillance sanitaire.
Parallèlement,
a-t-elle ajouté, le gouvernement va étudier avec
la société TRANSRAIL, la possibilité d’une
reconduction des tarifs promotionnels de transport de moutons
pratiqués lors de la dernière tabaski sur les
wagons spéciaux. Des concertations vont également
avoir lieu avec les transporteurs pour les sensibiliser sur
des dispositions acceptables de convoyage des moutons vers
les grands centres urbains.
Le
gouvernement, a enfin précisé le ministre de
l’élevage, a toujours retenu cette stratégie
fondée sur une démarche concertée avec
l’ensemble des acteurs. Cela va beaucoup faciliter l’approvisionnement
du pays en moutons de tabaski et un bon déroulement
de la commercialisation.
Auparavant,
l’adjoint au maire Thiamba Seck, le représentant
de la chambre de commerce Adama Diéye et le président
du CAEM Ousmane Mbaye se sont réjouis de la visite du
ministre de l’élevage qui s’est déplacé pour
venir partager avec eux leur amour pour le mouton.
M.
Mbaye a particulièrement insisté sur la nécessité de
faire en sorte que le mouton sénégalais soit
plus compétitif que les ovins importés des pays
de la sous-région.