La communalisation de Mpal est une vieille doléance des populations qui, aujourd’hui et plus que jamais, ne désespèrent pas de voir leur localité érigée en commune. Même si cette communalisation permettrait à ces populations de changer de statut, certaines prises de conscience et de responsabilité pèsent sur leurs épaules, relatives à l’effort de participer au développement de la commune. Des efforts qui, s’ils sont bien appréhendés et maîtrisés, devraient pouvoir leur permettre de veiller et de contribuer à développer leur future commune.
L’érection de la Communauté rurale de Mpal en commune. Tel est le souhait des populations qui ne prient que pour ce changement de statut. Pour Moussa Seck, conseiller rural, cette mutation en commune, qui est actuellement en gestation, a été accélérée par l’accession de l’actuel président Alioune Sarr à la tête du Conseil rural. « En 1996, on a su imprimer à cette communauté rurale un certain rythme de développement, qui fait qu’aujourd’hui les populations pensent à un stade supérieur, celui que nous sommes en train de vivre actuellement, c’est à dire en passant de statut de rural au statut de commune », estime-t-il. Cette idée, à l’en croire, a germé après le forum organisé par la communauté rurale en 2005. Mais, auparavant, les populations avaient commencé à penser à ce projet, parce que le rythme de développement, l’implication des partenaires et celle des populations à la vie actuelle de leur communauté rurale leur a fait penser qu’avec un petit peu d’appui et de sensibilisation, le statut de communauté rurale, vu les ressources actuelles qui sont sur place, devrait être normalement changé en commune. Et, selon Moussa Seck, « pendant le forum, le directeur des Collectivités locales de l’époque, Khalifa Guèye, a demandé si la communauté rurale de Mpal désirait accéder à la commune. Comme c’était un peu prématuré et qu’on n’avait pas pensé répondre à cette question, on lui avait demandé d’attendre et, au bout de quelques années, on a pensé à ce projet et constitué un dossier qui est en train de suivre le parcours administratif normal. » Et, aujourd’hui, c’est le niveau du développement de la communauté rurale qui est passé du simple au double, avec le deuxième mandat du président du conseil rural en 2000, qui a véritablement propulsé l’idée d’érection de Mpal en commune. Ce passage implique donc d’autres prises de responsabilité, d’autres façons de vivre, par rapport aux populations pour la gestion harmonieuse de cette commune parce que la gestion d’une commune est de loin comparable à celle d’une communauté rurale. Et pour Moussa Seck, « il faut faire des séances d’information, de sensibilisation auprès des populations pour qu’elles puissent s’approprier cette communalisation pour que lorsque Mpal en sera érigé, les population ne soient pas prises au dépourvu. » Une commune, c’est également des moyens. Et Mpal comptera donc sur ces principales ressources de son marché hebdomadaire qui, s’il est bien organisé, devrait être une source de revenus pour faire vivre la commune. L’autre source de revenus sera l’apport des partenaires qui sont en train de travailler avec la communauté rurale et aussi l’appui de l’Etat par rapport au fonctionnement des communes. Mpal compte aussi sur la mise à contribution de ses ressources humaines qui se trouvent actuellement dans Mpal et celles qui sont éparpillées dans la diaspora. Pour Moussa Seck, « il existe des moyens qui, s’ils sont bien utilisés, devraient bien profiter à la commune de Mpal. » Pour Gallo Diallo, économiste domicilié à Mpal, l’érection de Mpal en commune reste une très bonne initiative. Car, estime-t-il, « si Mpal est érigé en commune, les populations, la jeunesse en particulier, en tireront beaucoup de profit. Ça les exhortera à rester au lieu d’aller risquer leur vie en émigrant clandestinement, car il y aura du travail puisque Mpal, qui regorge d’énormes potentialités, aura une ouverture au niveau national et sous-régional. » Son compatriote Lamane Dieng, ancien conseiller rural, abondera dans le même sens. « L’érection de Mpal en commune est une bonne chose qu’il faut encourager et précipiter. Cette communalisation serait très bénéfique pour le pays, car ce statut va permettre de hisser Mpal qui a la capacité de se prendre en charge en toute autonomie, vu les sources de revenus de la ville, à un plus grand niveau de développement, avec l’installation d’autres infrastructures d’accompagnement et de services techniques, qui vont permettre une gestion de proximité », souligne-t-il. Pourtant, la fédération des femmes avait, en ce sens, interpellé Aminata Tall, alors ministre de la Décentralisation et des Collectivités locales, à travers une correspondance, une doléance qui a été remise sur la table, sous Ousmane Ngom. En attendant, les populations restent confiantes et comptent sur le leadership de leur marabout, Mame Rawane Ngom, et aussi sur leurs propres ressources humaines qui, si elles sont bien sensibilisées, devraient pouvoir contribuer à développer leur localité qui devrait même pouvoir se prendre en charge.
Un exemple de développement local
Issue de la réforme de l’administration territoriale intervenue le 1er juillet 1980 dans la région de Saint-Louis, la Communauté rurale de Mpal, avec sa superficie de 294,9 km2 et ses 20.000 habitants, aspire à une communalisation qui demeure aujourd’hui le principal cheval de bataille de ses populations. Situé dans le département de Saint-Louis, dans l’arrondissement de Rao, cet ancien comptoir commercial colonial Mpal fondé il y a plus de trois cents années par Birane Samba Fall, en provenance du Cayor, regorge de potentialités qui lui permettent de tendre de plus en plus vers un développement économique, social, éducatif, culturel, scientifique et technique. Limité à l’Ouest et au Sud par la communauté rurale de Gandon, à l’Est par la communauté rurale de Keur Momar Sarr et Sakal et au Nord par la communauté rurale de Ross Béthio, Mpal est aujourd’hui célèbre grâce à son guide religieux, El Hadji Rawane Ngom, qui a su imprimer un cachet spirituel et religieux à la localité, mais aussi de son marché bihebdomadaire.
Mpal grouille, fourmille comme une ruche. Malgré le ramadan et l’effet de la chaleur hivernale qui se fait sentir jusque dans les entrailles, les populations vaquent à leurs occupations. En ce vendredi qui coïncide avec son marché hebdomadaire, la localité est animée, très animée et, de temps à autres, des voitures de transport en commun, surchargées de clients et de marchandises, s’immobilisent sous l’œil averti du collecteur municipal et déversent une marée humaine. Tous ces gens qui sont soit des commerçants, soit des clients n’ont qu’une seule destination : le marché hebdomadaire qui a achevé de faire le plein avec des commerçants issus de Mpal même ou d’autres horizons pour écouler leurs produits. A intervalles réguliers, quelques groupuscules devisent allègrement. Des charrettes vont et viennent à un rythme régulier et leurs conducteurs proposent aux étrangers leurs services. Ce marché fait la fierté des populations de Mpal qui profitent de l’occasion pour nouer des amitiés et se créer une nouvelle clientèle. Le marché de Mpal, singulier par sa périodicité bihebdomadaire (lundi et vendredi), est spécialisé dans les produits végétaux (bissap, niébé, mil, riz, arachide) et végétaux (bétail, volaille, lait, œuf). On y trouve également des friperies et autres marchandises de première nécessité. Et à des prix relativement très abordables. Ce marché est le lieu de ravitaillement d’un nombre très important de commerçants et de consommateurs venus de Saint-Louis, Louga, Thiès et Dakar. Ce marché de renommée nationale permet à Mpal d’assurer une fonction de locomotive du développement de l’arrondissement de Rao. Mpal, c’est aussi son cachet spirituel et religieux. Son rayonnement porte l’empreinte de son vénéré marabout et guide spirituel, El Hadji Rawane Ngom qui, en 1910, date de son retour de Santiou Aly Ngom, à l’âge de 51 ans, a fait de la localité un centre religieux, un foyer arabo-islamique. Il y a instauré la lecture quotidienne et matinale du Coran depuis 1910. Et cette habitude sera perpétuée à travers les âges et a permis aujourd’hui au village de Mpal de passer du statut de village Ceddo à celui d’une cité religieuse où tout est rigoureusement normé sur la base d’une organisation sociale solidement fondée. Mpal abrite le mausolée du El Hadji Rawane Ngom et ceux de ses descendants et la grande mosquée, chaque année lieu de convergence de milliers de fidèles venus de tous les horizons pour célébrer le Maouloud. Fass, qui est aussi une cité religieuse abrite la ziarra annuelle.
La communauté rurale de Mpal a plus de trois cents années d’histoire. Cet ancien comptoir commercial colonial a été fondé par Birane Samba Fall, en provenance du Cayor, qui a fortement participé à la renommée du village. Et, aujourd’hui encore, la chefferie est assurée par la famille Fall dont le chef est élu en fonction de son âge au moment de sa prise de responsabilité. Les populations de Mpal veulent que leur localité soit érigée en commune. Ce n’est un secret pour personne. Et pour mieux se préparer à ce changement de statut, la communauté rurale de Mpal, qui compte pas moins 56 villages et une quinzaine de hameaux, a, par délibération en date du 14 novembre 2002, décidé d’élaborer un programme local de développement. Une délibération a permis de valider le découpage de la communauté rurale en 5 zones qui serviront de cadre de performance pour la réalisation de processus de développement pour les populations sur la base des principes de solidarité et de proximité qui déterminent une conscience de terroir zonal. C’est ainsi que la zone de Mpal se retrouve avec 10 villages, la zone de Fass Ngom 13, la zone du Diéry avec 10 village et les zones de Thiagnaldé 1 et 2 qui comptent respectivement 11 et 9 villages.
Avec ses 20.000 habitants, la communauté rurale de Mpal est caractérisée par la jeunesse de sa population. Les jeunes de moins de 20 ans représentent 58°/° et la population active tournant autour de 62,5°/°. Cette extrême jeunesse constitue un atout majeur pour la valorisation du développement économique. Toutefois, il apparaît que sur le plan numérique, les femmes, avec 51°/°, sont plus représentatives que les hommes. Et leur présence dans les activités socio-économiques se fait de plus en plus marquer grâce à leur capacité de regroupement et aussi de prise d’initiatives. La répartition ethnique de la population laisse voir un équilibre relatif entre Wolofs et Peuls qui représentent respectivement 46 et 40 °/° des populations, tandis que les Maures ne font que 13°/°. Avec sa bonne position géographique, son important marché hebdomadaire et la concentration d’importantes infrastructures socio-économiques, Mpal a toujours fait fonction de moteur de la zone.
A Mpal, l’agriculture est fortement dominée par le mode pluvial et l’arachide occupe une bonne partie des populations. Le mil, le béref, la culture vivrière, avec le bissap et le niébé, complètent le système de production. Le maraîchage avec l’appui de Plan international et Hunger project est aussi une activité qui se développe dans la zone. L’élevage, caractérisé par son système extensif avec la transhumance d’animaux à la recherche de pâturages est également une activité qui prospère. Le cheptel y est estimé à plus de 6000 bovins, 15.000 ovins, 12.000 caprins, 18.000 volailles, 1.200 équins, 540 arsins. L’élevage concentre 21 Gie et une coopération d’éleveurs. Et la production animale tourne autour du lait, de la viande, du cuir et des peaux. Toutefois, plusieurs pathologies menacent ce cheptel : la peste équine, la pasteurellose bovine et ovine, la fièvre de la vallée du Rift, entre autres. Mais, des mesures sont en train d’être prises pour améliorer les conditions de santé du cheptel.
Au niveau des activités socio-économiques, les agriculteurs, avec un taux de 60°/°, occupent le premier rang, suivis par les éleveurs 15°/° et les commerçants 10°/°. Les artisans, les éducateurs, les salariés du public et du privé représentent 15°/°. Au plan des infrastructures et équipements de base, Mpal compte un centre de santé, implanté dans le chef lieu de la communauté rurale, onze postes de santé répartis dans les villages, 6 écoles élémentaires, un collège, 35 daraas et 14 écoles coraniques. Malgré cela, le taux d’analphabétisme reste très élevé et affecte particulièrement les femmes qui, en raison de leur surcharge de travail, ne suivent pas de façon régulière leurs cours. Malgré ces nombreux atouts, Mpal veut encore tendre vers le développement économique, social, éducatif, culturel, scientifique et technique. Et pour y arriver, la communauté rurale espère assurer des revenus appréciables, réguliers et durables aux ménages, confirmer la vocation commerciale et la dynamisation de l’artisanat, développer une agriculture vivrière et de rente adaptée aux conditions du milieu, promouvoir un élevage productif, assurer la promotion économique des jeunes, des femmes avec l’appui au financement des projets, faciliter l’accès à la terre et aussi développer la formation qualifiante.
Les Ong tels que Hunger project Sénégal, Plan international, viennent compléter l’action de l’Etat et de la communauté rurale dans divers domaines de la vie économique et sociale. Grâce à leurs nombreuses interventions, des réalisations sont faites pour rendre les conditions de vie des populations meilleures.
ALIOUNE SARR , PRESIDENT DU CONSEIL RURAL : « Communaliser pour rendre justice aux populations »
« Communaliser la ville de Mpal, c’est aller dans le sens de l’histoire. Tous les habitants de la localité sont tendus vers ce statut, d’autant que la localité est passée par toutes les étapes de croissance d’un établissement humain. Aujourd’hui , faire de Mpal une commune, c’est rendre justice aux populations qui l’appellent de tous leurs vœux. « Ainsi s’exprimait M. Aliou Sarr, le président du conseil rural de Mpal, au cours d’un entretien. Selon lui, Mpal est un village extrêmement important, doté d’une taille respectable, avec une population respectable, 7000 habitants et un arrière pays gorgé de potentialités économiques et sociales reposant essentiellement sur le maraîchage, l’agriculture, la pêche et l’élevage. « Qui plus est, Mpal est un village d’une grande renommée religieuse, car c’est le foyer où brille El Hadji Mame Rawane Ngom dont le gamou et la ziarra réunissent une foule impressionnante de fidèles dans la localité. Le saint homme a une aura qui déborde largement de nos frontières », a souligné M. Sarr qui a ajouté qu Mpal, du point de vue volumétrique, est plus important que certaines communes au Sénégal.
« Le poids économique de Mpal est avéré. Son marché hebdomadaire, qui est l’un des plus importants de la sous-région, lui confère une assiette financière respectable. Il y a aussi l’Agropole qui est une superstructure agro-industrielle dotée de chambres de conservation de légumes d’une capacité de plus de 10.000 tonnes et d’abattoirs ultra-modernes capables de traiter plus de 50 bovins par jour et des centaines de moutons et chèvres. La zone s’illustre par une très grande production maraîchère et agricole ; ainsi que des ressources halieutiques inquantifiables auxquelles s’ajoutent des potentialités énormes en pêche continentale et pisciculture. Mpal jouit de la centralité par rapport à quatre communautés rurales prospères que sont Keur Momar Sarr, Ross Béthio, Gandon et Sakal.
Du point de vue des infrastructures et services structurants , M. Aliou Sarr a cité le poste de santé, la maison communautaire, les établissements scolaires aussi. « Ce sont autant de critères qui militent en faveur de la communalisation de notre ville. Je rappelle que de nombreux fils de la localité constituent une diaspora forte et dégourdie, capable de jouer un rôle déterminant dans le domaine de la coopération décentralisée », a souligné le président du conseil rural de Mpal qui a ajouté que la communalisation de Mpal est le meilleur outil que le chef de l’ Etat peut offrir à la zone, afin qu’elle puisse jouer pleinement son rôle dans le décollage économique de la région de Saint Louis . « D’autant plus que là est l’expression de la volonté de la population ».
Selon Aliou Sarr, l’hinterland de Mpal est fertile, l’espace y est abondant et les réserves foncières ne font guère défaut. « Nous comptons aussi en notre sein des ressources humaines capables de faire prospérer la future commune.
SIDATE DIOP, CONSEILLER RURAL : « Notre localité mérite de devenir une commune »
La ville de Mpal est aujourd’hui une cité qui a, de fait, la taille d’une commune . « C’est pour l’ avoir compris que les populations demandent son érection en commune. Et je pense que le chef de l’Etat, Me Abdoulaye Wade, doit accéder à cette demande, pour des raisons d’une meilleure administration ». C’est ce qu’a déclaré M. Sidate Diop , conseiller rural, chargé des questions d’éducation à Mpal. Selon lui, l’autre raison est que la ville a un poids économique avéré, soutenu par son marché hebdomadaire qui est l’un des points de ralliement les plus importants du Sénégal. En outre, la ville dispose d’un volant foncier immense », a ajouté M. Diop.
Pour lui, la communalisation de Mpal permettrait de développer de nouvelles activités et structures qui vont contribuer au mieux-être des populations. « Pour ce qui est de l’éducation, Mpal a toutes les structures d’enseignement, allant de la case des Tout-Petits au lycée. La ville compte cinq écoles élémentaires à cycle complet, un collège et un lycée. « Dans le domaine de la santé, la ville dispose d’un poste de santé qui est très sollicité. « Son passage au statut de centre de santé serait une très bonne chose, car les populations des communautés rurales avoisinantes y prennent leurs soins. « Pour ce qui est de la jeunesse, elle s’est organisée et a procédé à un découpage zonal », a signalé M. Diop qui a dit que les populations ont déjà pris les devants, et ce qui reste, c’est de prendre la décision et passer à la communalisation pour répondre aux aspirations profondes des populations.
Mpal grouille, fourmille comme une ruche. Malgré le ramadan et l’effet de la chaleur hivernale qui se fait sentir jusque dans les entrailles, les populations vaquent à leurs occupations. En ce vendredi qui coïncide avec son marché hebdomadaire, la localité est animée, très animée et, de temps à autres, des voitures de transport en commun, surchargées de clients et de marchandises, s’immobilisent sous l’œil averti du collecteur municipal et déversent une marée humaine. Tous ces gens qui sont soit des commerçants, soit des clients n’ont qu’une seule destination : le marché hebdomadaire qui a achevé de faire le plein avec des commerçants issus de Mpal même ou d’autres horizons pour écouler leurs produits. A intervalles réguliers, quelques groupuscules devisent allègrement. Des charrettes vont et viennent à un rythme régulier et leurs conducteurs proposent aux étrangers leurs services. Ce marché fait la fierté des populations de Mpal qui profitent de l’occasion pour nouer des amitiés et se créer une nouvelle clientèle. Le marché de Mpal, singulier par sa périodicité bihebdomadaire (lundi et vendredi), est spécialisé dans les produits végétaux (bissap, niébé, mil, riz, arachide) et végétaux (bétail, volaille, lait, œuf). On y trouve également des friperies et autres marchandises de première nécessité. Et à des prix relativement très abordables. Ce marché est le lieu de ravitaillement d’un nombre très important de commerçants et de consommateurs venus de Saint-Louis, Louga, Thiès et Dakar. Ce marché de renommée nationale permet à Mpal d’assurer une fonction de locomotive du développement de l’arrondissement de Rao. Mpal, c’est aussi son cachet spirituel et religieux. Son rayonnement porte l’empreinte de son vénéré marabout et guide spirituel, El Hadji Rawane Ngom qui, en 1910, date de son retour de Santiou Aly Ngom, à l’âge de 51 ans, a fait de la localité un centre religieux, un foyer arabo-islamique. Il y a instauré la lecture quotidienne et matinale du Coran depuis 1910. Et cette habitude sera perpétuée à travers les âges et a permis aujourd’hui au village de Mpal de passer du statut de village Ceddo à celui d’une cité religieuse où tout est rigoureusement normé sur la base d’une organisation sociale solidement fondée. Mpal abrite le mausolée du El Hadji Rawane Ngom et ceux de ses descendants et la grande mosquée, chaque année lieu de convergence de milliers de fidèles venus de tous les horizons pour célébrer le Maouloud. Fass, qui est aussi une cité religieuse abrite la ziarra annuelle.
La communauté rurale de Mpal a plus de trois cents années d’histoire. Cet ancien comptoir commercial colonial a été fondé par Birane Samba Fall, en provenance du Cayor, qui a fortement participé à la renommée du village. Et, aujourd’hui encore, la chefferie est assurée par la famille Fall dont le chef est élu en fonction de son âge au moment de sa prise de responsabilité. Les populations de Mpal veulent que leur localité soit érigée en commune. Ce n’est un secret pour personne. Et pour mieux se préparer à ce changement de statut, la communauté rurale de Mpal, qui compte pas moins 56 villages et une quinzaine de hameaux, a, par délibération en date du 14 novembre 2002, décidé d’élaborer un programme local de développement. Une délibération a permis de valider le découpage de la communauté rurale en 5 zones qui serviront de cadre de performance pour la réalisation de processus de développement pour les populations sur la base des principes de solidarité et de proximité qui déterminent une conscience de terroir zonal. C’est ainsi que la zone de Mpal se retrouve avec 10 villages, la zone de Fass Ngom 13, la zone du Diéry avec 10 village et les zones de Thiagnaldé 1 et 2 qui comptent respectivement 11 et 9 villages.
Avec ses 20.000 habitants, la communauté rurale de Mpal est caractérisée par la jeunesse de sa population. Les jeunes de moins de 20 ans représentent 58°/° et la population active tournant autour de 62,5°/°. Cette extrême jeunesse constitue un atout majeur pour la valorisation du développement économique. Toutefois, il apparaît que sur le plan numérique, les femmes, avec 51°/°, sont plus représentatives que les hommes. Et leur présence dans les activités socio-économiques se fait de plus en plus marquer grâce à leur capacité de regroupement et aussi de prise d’initiatives. La répartition ethnique de la population laisse voir un équilibre relatif entre Wolofs et Peuls qui représentent respectivement 46 et 40 °/° des populations, tandis que les Maures ne font que 13°/°. Avec sa bonne position géographique, son important marché hebdomadaire et la concentration d’importantes infrastructures socio-économiques, Mpal a toujours fait fonction de moteur de la zone.
A Mpal, l’agriculture est fortement dominée par le mode pluvial et l’arachide occupe une bonne partie des populations. Le mil, le béref, la culture vivrière, avec le bissap et le niébé, complètent le système de production. Le maraîchage avec l’appui de Plan international et Hunger project est aussi une activité qui se développe dans la zone. L’élevage, caractérisé par son système extensif avec la transhumance d’animaux à la recherche de pâturages est également une activité qui prospère. Le cheptel y est estimé à plus de 6000 bovins, 15.000 ovins, 12.000 caprins, 18.000 volailles, 1.200 équins, 540 arsins. L’élevage concentre 21 Gie et une coopération d’éleveurs. Et la production animale tourne autour du lait, de la viande, du cuir et des peaux. Toutefois, plusieurs pathologies menacent ce cheptel : la peste équine, la pasteurellose bovine et ovine, la fièvre de la vallée du Rift, entre autres. Mais, des mesures sont en train d’être prises pour améliorer les conditions de santé du cheptel.
Au niveau des activités socio-économiques, les agriculteurs, avec un taux de 60°/°, occupent le premier rang, suivis par les éleveurs 15°/° et les commerçants 10°/°. Les artisans, les éducateurs, les salariés du public et du privé représentent 15°/°. Au plan des infrastructures et équipements de base, Mpal compte un centre de santé, implanté dans le chef lieu de la communauté rurale, onze postes de santé répartis dans les villages, 6 écoles élémentaires, un collège, 35 daraas et 14 écoles coraniques. Malgré cela, le taux d’analphabétisme reste très élevé et affecte particulièrement les femmes qui, en raison de leur surcharge de travail, ne suivent pas de façon régulière leurs cours. Malgré ces nombreux atouts, Mpal veut encore tendre vers le développement économique, social, éducatif, culturel, scientifique et technique. Et pour y arriver, la communauté rurale espère assurer des revenus appréciables, réguliers et durables aux ménages, confirmer la vocation commerciale et la dynamisation de l’artisanat, développer une agriculture vivrière et de rente adaptée aux conditions du milieu, promouvoir un élevage productif, assurer la promotion économique des jeunes, des femmes avec l’appui au financement des projets, faciliter l’accès à la terre et aussi développer la formation qualifiante.
Les Ong tels que Hunger project Sénégal, Plan international, viennent compléter l’action de l’Etat et de la communauté rurale dans divers domaines de la vie économique et sociale. Grâce à leurs nombreuses interventions, des réalisations sont faites pour rendre les conditions de vie des populations meilleures.
ADJA YACINE DIALLO : Un modèle de réussite
Les femmes occupent une place importante dans la vie socio-économique de la communauté rurale de Mpal. Parmi elles, Adja Yacine Diallo s’est distinguée, en portant sur les fonts baptismaux la fédération de groupements de promotion féminine, afin de travailler pour le développement et le rayonnement de leur localité. Sous sa direction, la fédération a mis sur pied une Mutuelle d’Epargne et de Crédit pour promouvoir la couche féminine et appuyer l’intégration de la couche féminine.
Il n’est pas une seule personne à Mpal qui ne connaisse pas Adja Yacine Diallo. Pour cause, cette brave femme, née vers les années 38, est une des figures emblématiques de la communauté rurale qui luttent pour assurer son propre développement. Femme de mérite, elle a participé activement à l’organisation des femmes de sa localité en organisation formelle. Cette femme qui n’a pas eu la chance de fréquenter l’école française et qui, par ailleurs, reste la première femme à Mpal initiée aux techniques de la transformation du lait en poudre en lait caillé, a beaucoup œuvré pour le développement de sa localité. Sous son influence, les groupements de femmes ont uni leurs forces pour se réunir autour d’un grand bloc : la fédération des groupements de promotion féminine de la communauté rurale de Mpal. Cette fédération qui a vu le jour en 1987 est affiliée à la fédération nationale et compte à ce jour 52 groupements de femmes, soit plus de 2000 membres. En 1995, toujours sous l’initiative de Adja Yacine Diallo, la fédération, soucieuse d’organiser davantage les femmes et de combattre la pauvreté et la dépendance socio-économique, s’active autour d’un programme de crédit revolving sur ses propres fonds. Ce projet connaîtra une réussite totale. Fort de cela, la fédération, en partenariat avec le Hunger project Sénégal, prend en 1999 une nouvelle orientation avec la mise sur pied d’une mutuelle d’épargne et de crédit pour combattre la pauvreté, le gaspillage et, en même temps, instaurer une bonne gestion en répondant aux attentes de la population rurale. Cette mutuelle, agrée en octobre 2000, a construit sur fonds propre ses locaux et a pour but d’appuyer le développement local. Au départ, elle n’intervenait que dans la seule communauté rurale de Mpal. Aujourd’hui, la mutuelle est devenue mixte et a élargi son domaine d’intervention dans la communauté rurale de Gandon, l’arrondissement de Rao et une partie de l’arrondissement de Ross Béthio. La mutuelle, qui compte aujourd’hui plus de 850 membres, finance les secteurs tels que le commerce, l’élevage, l’agriculture, l’artisanat et tous les secteurs rentables pour mieux relancer le secteur socio-économique de la zone. Sous sa direction, la fédération s’est aussi investie dans la lutte contre la mauvaise alimentation infantile. En partenariat avec Hunger project, elle a mis sur pied une unité de production d’aliment de complément pour enfant et soutient aussi les populations rurales enclavées en installant une banque céréalière. La fédération soutient également les groupements dans leurs différentes activités telles que les séances de pesée, la mise sur pied des bois villageois, le petit commerce, la couture, la teinture, l’élevage. Plusieurs autres œuvres dont la création de la case des tout petits, l’extension électrique dans le village de Mpal, la mise à disposition d’un local à la gendarmerie sont à mettre à son actif.
Malgré les contraintes liées à la faiblesse des moyens matériels et financiers et aussi à un manque de dynamisme du cadre d’échanges, la fédération ambitionne de construire un centre polyvalent à plusieurs vocations dont la formation multidimensionnelle des filles avec des moyens modernes. Pour tous ces services rendus à sa communauté, Adja Yacine Diallo, qui a été sur tous les fronts et qui a bien réussi sa mission, a reçu nombre de distinctions et bénéficie de la reconnaissance de ses pairs. Son souhait le plus ardent aujourd’hui est d’avoir plus de partenaires et plus d’argent pour pouvoir accorder plus de crédits aux membres.
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