La
Fédération
nationale des boulangers du Sénégal (FNBS) avait mis en
garde contre des risques de pénurie de pain. Et cette pénurie
est devenue réelle puisque le pain a été introuvable à Saint-Louis
dans toute la journée d’hier. Les kiosques, boutiques et
autres supermarchés étaient totalement à court de
pain, les boulangeries ayant cessé leur production suite à un
désaccord avec l’Etat sur la hausse du prix de cette denrée.
Les Saint-louisiens, qui sont d’éternels amoureux du pain
ont été désagréablement surpris hier matin à leur
réveil. Et pour cause, le pain, cette denrée si appréciée
par les populations a été introuvable dans les kiosques
et autres boulangeries. « Il n’y a pas de pain ». C’est
la seule phrase que les fournisseurs ont lancé aux nombreux clients
qui se sont présentés sur les différents lieux de
vente. Dans les supermarchés et autres mini market, la chanson était
la même. « Nous n’avons pas eu de livraison et j’ignore
quand nous recevrons à nouveau du pain », ont déclaré les
différents gérants trouvés sur les lieux. Le mot
d’ordre a été très bien suivi dans la capitale
du Nord.
De nombreux vendeurs contactés ont affiché leur déception
de n’avoir pas été livrés pour servir leurs
clients. « C’est vraiment désolant de se réveiller
et de ne pas trouver de pain. C’est vrai que cette situation est
liée à l’augmentation du prix de la farine, mais
les boulangers devaient penser aux consommateurs avant de prendre une
telle décision », estime Salif Diallo, boutiquier à Ndioloffène.
Que ce soit dans le Sor et au centre ville, aucune boulangerie n’a
ouvert ses portes, au grand dam des populations qui étaient prêtes à acheter
la baguette à 200 voire même 250 francs. Avec cette grève,
ce sont des milliers d’ouvriers qui ont été envoyés
en chômage technique.
Suite à la pénurie de blé sur le marché international,
qui est à la base de la hausse du prix de la farine, les boulangers
qui se trouvent dans une situation intenable ont depuis longtemps manifesté leur
volonté d’augmenter le prix de la baguette de pain. Une
augmentation qui est loin de recevoir l’approbation de l’Etat.
Et les spéculations sur le sac de farine vont bon train, au grand
dam des boulangers. « Il n’y a pas de farine dans les marché.
Les rares commerçants qui en possèdent font une rétention
pour pouvoir le revendre à 20.000 francs, alors que le prix normal
n’excède pas 14.800 francs », se désole B.
Fall, propriétaire de deux boulangeries dans le faubourg de Sor.
Et c’est cette situation qui a amené certains gérants à vouloir
augmenter le prix de la baguette. Pour l’heure, les boulangers
vivent un véritable calvaire puisque certains minotiers ont trouvé la
désagréable formule de retarder la livraison de farine à leurs
clients ou même à refuser de vendre à certains boulangers.
Et ce sont les populations qui trinquent. Selon un autre gérant
de boulangerie qui a voulu garder l’anonymat, « le marché du
blé ne s’est jamais porté aussi mal.
Cette céréale, qui entre dans la fabrication du pain a
connu une forte augmentation de prix ces dernier mois. Et la conséquence
au Sénégal comme partout ailleurs est que le coût
de revient de la farine a est devenu très élevé pour
nous autres gérants de boulangeries. C’est pour cela qu’un
réajustement du prix de la baguette s’avère urgent. »
Pour l’heure, les boulangers campent toujours sur leurs positions
et menacent de poursuivre cette grève. Et les populations, en
attendant de retrouver le pain, cette denrée si précieuse,
ont eu recours aux galettes, beignets et autres bouillie de maïs.
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