En
prélude à la
rencontre entre le ministre sénégalais de l’économie
maritime et son homologue mauritanien, prévue aujourd’hui à Dakar,
l’adjoint au gouverneur de Saint-Louis chargé des affaires
administratives, Bouya Amar, a tenu hier dans les locaux du conseil régional,
une séance de travail avec les pêcheurs de la région
nord.
Une quarantaine de chefs de services régionaux de l’administration,
de pêcheurs, mareyeurs et de représentants des bateaux de
pêche au ramassage, ont eu l’occasion de plancher sur l’ensemble
des problèmes relatifs au respect des frontières maritimes.
Un débat large a permis aux pêcheurs d’insister sur
la nécessité d’avoir toutes les informations relatives à leurs
droits et devoirs, de sensibiliser tous les professionnels de la pêche
sur l’urgence de respecter scrupuleusement les frontières
maritimes, de mettre en œuvre une bonne politique de surveillance
des côtes, d’éviter les arraisonnements des pirogues
sénégalaises par les gardes côtes mauritaniennes.
Le capitaine du port Abdoulaye Diagne a précisé que la
frontière maritime sénégalaise s’arrête à la
zone 16 degrés O3, avant de demander aux pêcheurs d’éviter
de commettre des délits en zone mauritanienne pour ensuite venir
se réfugier en zone maritime sénégalaise.
Tous les intervenants ont exhorté les gouvernements sénégalais
et mauritanien à tout mettre en œuvre pour baliser la frontière
maritime et délimiter la zone tampon. Car, pour eux, il ne doit
pas y avoir de problèmes entre ces deux pays qui sont liés
par des liens de sang et la géographie.
Les pêcheurs ont déploré à l’unanimité et
avec la dernière énergie, le fait qu’ils soient régulièrement
pourchassés par les gardes côtes mauritaniennes dans la
zone maritime sénégalaise. Dans ce débat, les problèmes
relatifs à la sécurité des pêcheurs en haute
mer, au renouvellement des licences de pêche, à la pénurie
de ressources halieutiques dans la région nord ont été remis
sur le tapis.
Pour certains professionnels de la pêche comme Boly Nar, domicilié à Gokhou-Mbathie,
lorsqu’on viole la zone maritime d’autrui, on doit être
humble, modeste, souple et indulgent pour pouvoir négocier avec
les gardes côtes de ce pays limitrophe.
Depuis que les autorités mauritaniennes, a rappelé un
agent des services de pêche, ont décidé de contrôler
leur frontière maritime, en installant un poste de brigade maritime à Ndiago,
une localité mauritanienne située à une quinzaine
de kilomètres de la capitale du nord, les conflits entre pêcheurs
de la Langue de Barbarie et gardes côtes mauritaniennes, sont devenus
récurrents. Les pêcheurs sénégalais font souvent
des incursions dans les zones très poissonneuses de la Mauritanie,
sans autorisation. C’est la raison pour laquelle, le gouvernement
sénégalais effectue chaque année des démarches
auprès de ses partenaires mauritaniens pour obtenir des licences
de pêche de six mois qui donnent l’autorisation aux pêcheurs
sénégalais des sennes tournantes, de capturer uniquement
les espèces pélagiques (excepté le mulet ou dème
en ouolof).
Ces derniers ont mis à profit la réunion d’hier
pour demander au gouvernement de les aider à obtenir des licences
de pêche libres qui leur permettront de capturer les espèces
démersales et d’opérer en toute liberté en
zone maritime mauritanienne. Pour eux, c’est la solution la plus
adéquate à l’ensemble de leurs problèmes.
L’adjoint au gouverneur Bouya Amar, a pris bonne note des préoccupations
des pêcheurs et a promis d’en rendre compte à la hiérarchie.
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