Mission du Pndl à Saint-Louis
728
millions pour la gouvernance régionale
locale
Le Soleil (Dakar) - 26 Mars 2007 - Fara Sambe
La mission du Secrétariat exécutif du Programme national de
développement local (Pndl) était à Saint-Louis, hier,
en prélude à la signature de conventions de financement des Pai
des 16 collectivités locales de la région. La région Nord
n'en escompte pas moins un peu près d'un milliard F Cfa.
L'hôtel de région, au sortir du Pont Faidherbe, a abrité,
hier, la réunion qu'attendaient impatiemment les 16 présidents
de Conseil rural de la région de Saint-Louis, associés aux responsables
des services techniques d'appui, dans la phase active du Programme national
de développement local (Pndl) qui synthétise les actions du Pnir
et de l'Afds. Pendant 5 tours d'horloge, le Secrétaire exécutif,
Cheikh Awa Balla Fall, et le Directeur de l'Agence régionale de développement
(Ard) ont tenu en haleine leurs interlocuteurs autour des tenants et aboutissants
du nouveau programme et des plans annuels d'investissements (Pai) locaux qui
serviront de base à la signature des conventions de financement des
projets identifiés par les collectivités de base. Au total, les
Communautés rurales devraient bénéficier d'une enveloppe
de 728 millions 628 000 FCFA au titre des investissements physiques et de 240
millions pour un important volet communication et renforcement des capacités.
Ouvrant les travaux au nom du président du Conseil régional,
Waly Guèye a dit l'espoir placé dans ce programme « tant
attendu par les populations et qui prend enfin son envol ». Il a ouvert
la voie aux deux communications qui feront l'objet d'un débat riche,
dans la veine des principes directeurs du Pndl que sont : la responsabilisation
des acteurs, la subsidiarité, la multidisciplinarité et la complémentarité.
Présentant les tenants et aboutissants du Pndl, le secrétaire
exécutif a insisté sur la préoccupation du Premier ministre
qui en assure la tutelle pour un programme « fait avec les élus
locaux, exécuté par eux et géré par eux ».
Il a ainsi exprimé le souci de pouvoir capitaliser les capacités
et compétences acquises au niveau des autres programmes comme le Pnir,
le Padmir et le Psidel pour que le Pndl soit profitable à tous, de manière équitable
et en dehors de tout clientélisme. Pour cela, M. Fall a tracé des
pistes, en commençant par la révision de la nomenclature, à travers
des conférences d'harmonisation tenant compte des réalités
de chaque région. S'agissant du renforcement des capacités, le
secrétaire exécutif prône une démultiplication des
connaissances acquises au niveau des programmes susmentionnés. Et pour
ce qui est de l'appui au développement local, il s'agira de s'adapter
aux situations, afin de toucher tout le monde, en agissant selon les critères
de superficie, de démographie et de niveau de pauvreté pour chaque
communauté de base disposant d'un Plan local de développement
(Pdl), les financements devant être virés immédiatement
au Trésor, dès signature des conventions par l'intermédiaire
de l'Ard. C'est ainsi, dira-t-il, tout en exhortant la participation de toutes
les couches de la population, qu'à compter de ce mois de mars, une enveloppe
de 50 milliards est prévue avec les partenaires dont le chef de file
est la Banque mondiale, avec 15 milliards disponibles pour être virés
immédiatement au Trésor pour les Cr déjà prêtes.
Dans la région de Saint-Louis, sur les 15 communautés rurales
qui ont finalisé leur Pai, seule celle de Gandon devait être laissée
en rade du fait d'une dette de 42 millions 257.844 FCfa. Suite au plaidoyer
du Pcr et de sa secrétaire communautaire, le secrétaire exécutif
a estimé qu'avec une situation aussi claire, Gandon méritait
une révision de cette conditionnalité. Il a enfin exhorté les élus
locaux à plus de coordination dans leurs projets, grâce aux conférences
d'harmonisation présidées par le gouverneur, pour ne pas faire
double emploi avec ce qui est prévu dans le programme du Budget consolidé d'investissement
(Bci). Pour cela, M. Fall recommande le renforcement du partenariat entre l'Ard,
les Collectivités locales et les services techniques des ministères
qui partageront leurs connaissances pour ce qui est des normes. Alors que sur
certaines questions, il faudra faire appel à la consultance, notamment
pour le contrôle annuel par des auditeurs de la Cours des comptes ou, à défaut,
de l'extérieur. Un débat riche s'en est suivi, centré essentiellement
sur l'allègement des procédures jugées trop lentes et
lourdes dans le Pnir, la baisse de la contrepartie qui n'est pourtant plus
que de 10% et la prise en compte des normes (voir par ailleurs sur la subsidiarité).
Puis c'était au tour du directeur de l'Agence régionale de développement,
M. Bouna Wade, de passer en revue l'état d'avancement des Plans annuels
d'investissement (Pai de chaque Cr, le dernier jalon vers la signature des
conventions et le versement des crédits pour que les Communautés
rurales puissent procéder aux appels d'offres. Au nom des élus
locaux, le Pcr de Mpal est venu clôturer la réunion, en remerciant
le président de la République pour sa sollicitude dans la lutte
contre la pauvreté.
La subsidiarité en marche
Présenté comme « un pilier essentiel du Dsrp »,
le Pndl repose sur le principe de subsidiarité, c'est-à-dire
la Gouvernance locale. Pour le directeur de l'Ard, Bouna Wade, cette
phase opérationnelle est même ce qui donne véritablement
son sens à la décentralisation.
Plusieurs orateurs ont ainsi souligné l'avantage et les économies
réalisables grâce à la gouvernance de proximité.
Comme pour illustrer les futurs chantiers à baliser, le secteur de la
santé a fait l'objet de longs échanges, le médecin chef
régional, Dr Mamadou Diop, ayant attiré l'attention des élus
sur l'obligation de respecter certaines normes en dehors desquelles le ministère
ne peut inscrire ses projets. Après avoir donné l'information
heureuse de zéro cas de choléra dans la région de Saint-Louis
qu'il estime « privilégiée en matière de couverture
sanitaire », le médecin a réitéré l'adhésion
de tous à la gouvernance sanitaire locale, tout en insistant pour que
les « décideurs locaux » soient en phase avec certains standards,
comme les normes techniques de l'Oms et autres.
Plusieurs Pcr ont alors estimé qu'il y a une inégale distribution
du plateau sanitaire. Ce que soulignera également Mme Ngoné Sow
Cissé, chargée de la Communication du Pndl, qui cite des exemples
du temps où elle était à l'Afds. Pour M. Bouna Wade, tout
cela devra être réglé grâce à l'encadrement
et au renforcement des capacités qui figurent en bonne place dans le
programme. De même, le débat a été riche autour
de la contrepartie exigée des communautés rurales, qui est maintenant
fixée à 10 %, en tant que condition préalable. Elle est
encore jugée trop élevée. Le secrétaire exécutif
du Pndl, Cheikh Awa Balla Fall, estime que c'est déjà là une
mesure de facilitation qui s'ajoute à la décision qui prévoit également
des décaissements immédiats pour financer un projet dont l'enveloppe
est à la portée de la Cr, sans attendre le bouclage de la contrepartie
pour tout le Pdl. Il a, en tout cas, souhaité que la réunion
soit suivie d'autres, tout en soulignant que le Pndl doit être conçu
par tous comme un programme où chacun joue sa partition en se considérant
comme un acteur principal « dans et non avec le Pndl ».
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