Le
département de Podor, compte quatre communes et dix Communautés
rurales réparties dans quatre arrondissements. Selon le maire,
seule la valorisation des 1.200 ha pourrait aider au décollage.
Les activités de ces collectivités sont définies
par l’Etat qui a entamé un processus de Décentralisation
enclenché en 1972 pour offrir une plus grande autonomie aux populations,
une autonomie considérée comme « un réel espace
de liberté dans un contexte collectif organisé ».
Un code des Collectivités locales fonde et organise la régionalisation.
Une mesure institutionnelle qui voit la puissance publique s’exercer à trois
niveaux : régions, communes et Communautés rurales avec
personnalité juridique et autonomie financière ; avec un
Etat central qui assure l’orientation.
C’est à travers la loi 02 /96 portant transfert de compétences
pour un développement à la base. Ce développement
tant attendu a-t-il été au rendez-vous ? La puissance publique
en milieu décentralisé n’est effective que dans les
textes qui le régissent mais la mise en œuvre des recommandations
qui la fonde bute au niveau de la gestion du fonctionnement des infrastructures
collectives.
Podor-commune, entrée en plein exercice en 1960, est la première
commune du département ; elle est aussi la plus pauvre, loin derrière
les communes de Ndioum, Niandane et Golléré. La commune
de Podor ne tire que des miettes de ses recettes municipales et son budget
ne lui sert qu’à payer son personnel, « c’est
une mairie sous perfusion », pour reprendre les propos de M. Oumar
Mbengue son maire.
L’édile de Podor estime que seule la valorisation des 1.200
hectares de son « kolonngal » pourrait donner à Podor
un second souffle, éliminer le chômage et fixer les populations
dans leur terroir ».
C’est une commune qui se trouve au sein de la Communauté rurale
de Guédé dans l’arrondissement de Gamadji-Saré ;
cet état de fait ne favorise pas Podor, qui n’arrive pas à joindre
les deux bouts et qui voit les villages périphériques verser
leur impôt à Guédé.
Dans les Communautés rurales, les litiges fonciers y sont la
dominante. Le foncier est un sujet tabou que l’administration ne
veut même pas évoquer. Ce ne sont pas les nombreux sous-Préfets
que l’on a souvent affecté du fait des problèmes
de terres qui diront le contraire.
Les terres inexploitées pour la plupart ne sont pas valorisées
par ceux qui peuvent le faire. Si la terre est du domaine de l’Etat,
sa mainmise n’est que de façade, car des privés sans
ressources règnent en maîtres sur les terres. Des terres
au ? inexploitées.
L’équilibre environnemental peut considérablement être
développé dans les Communautés rurales de ce département
qui détient à lui seul 58 % du quota sénégalais
des barrages de Diama et Manantali.
Les Communautés rurales sont riches de par leurs terres, les
litiges fonciers qu’elles rencontrent souvent sont gérés
au sein de la collectivité. Entre elles, les Communautés
rurales n’ont pas de différends qui les opposent, chacun
gère au quotidien ses problèmes. Certaines Communautés
rurales comme celle de Dodel « rembourse annuellement leur taxe
rurale, un acte civique qui a fait tache d’huile », souligne
M. Aboubacry Dieng, sous-Préfet de Gamadji-Saré.
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