Haut commissaire de l’Omvs, Mouhamed Salem Ould Merzoug ne peut pas dire quand est-ce que le futur port fluvio-maritime de Saint-Louis verra le jour. Par contre, il en connaît le coût et le site qui l’accueillera. Il s’agit de l'actuel site du canal de délestage à l'embouchure du fleuve Sénégal, ainsi qu’il l’a annoncé hier à Saint-Louis.
(Correspondance) - Mettant à profit la visite du ministre Habib Sy dans la capitale du Nord, le haut commissaire de l'Organisation de mise en valeur du fleuve Sénégal (Omvs), Mouhamed Salem Ould Merzoug, a annoncé hier que le futur port fluvio-maritime de Saint-Louis sera localisé sur l'actuel site du canal de délestage à l'embouchure du fleuve Sénégal. ‘Le financement global du futur port de Saint-Louis est estimé à 52, 5 millions d'euros. Et c'est cette option de le construire ici, au niveau de l'embouchure, que nous avons choisie. Nous sommes en train de préparer deux événements qui doivent précéder le lancement des travaux’, précise M. Merzoug. Il s’agit d'abord de préparer ‘la table ronde des bailleurs de fonds pour savoir combien chacun peut financer et dans quel secteur, étant entendu qu'il s'agit d'un système de transport multimodal. Parce qu'en fait, ce que nous voulons, c'est de faire en sorte de rendre le chenal navigable du fleuve sur 905 km, de Saint-Louis à Angui Debi, au Mali, avec une infrastructure portuaire dans chaque zone et une série d'escales qu'on pourrait affiner avec les responsables du projet.
Ensuite, nous souhaitons lier cette voie de transport fluvial aux autres modes de transport vers le Nord à travers la route de liaison Diama-Rosso et donc sur toute la transsaharienne. Et dans le haut bassin, nous projetons de faire la route Manantali-Maynandi. A partir de là, nous nous connecterons au réseau ferroviaire malien vers la Guinée et faire Labé - Tougué - Siguiri. C'est ça la première phase du projet et le coût total de ce système de transport est de 265 millions de dollars’.
Dans la seconde phase, certifie M. Merzoug, ‘une étude est en cours qui nous permet de faire une comparaison fine entre les transports fluviaux et les transports ferroviaires pour affiner davantage. Mais le plus important reste que la mobilité spatiale, l'interconnectivité régionale qui sont les deux clés qui vont nous permettre, à terme, de revitaliser notre espace économique et d'aller au-delà du cadre de coopération qui existe’.
Dans la foulée, Mouhamed Salem Ould Merzoug note qu'‘il y a quelques semaines, la 47e session extraordinaire du Conseil des ministres de l'Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal a pris deux grandes décisions historiques que sont l'élaboration d'une politique énergétique commune et d'une politique agricole commune qui sont la Pec et la Pac. Ce sont les premiers jalons de l'émergence de cet espace économique de l'Omvs qui est hautement stratégique. Mais dans la mesure où nous sommes dans un hydrosystème extrêmement fragile, il nous est difficile de dire quand est-ce que le port sera opérationnel. Mais le plus difficile, c'était de faire ces études. Il y avait plusieurs options, nous devions choisir sur la base de données techniques fiables, nous assurer qu'on fait le choix de la meilleure option qui soit économiquement fiable et écologiquement rationnelle’, renseigne-t-il. |