Sahel Découverte
Les concurrents se préparent psychologiquement

 

Mardi 14-11-2006
Jean Pierre

 

J-5

 

Les contrôles de jauge étant prévus jeudi sous la responsabilité du directeur de course Jean Michel Viant, les quinze skippers sont, depuis hier, concentrés sur la préparation, de leur bateau. En attendant, ils commencent, dès aujourd’hui, à mettreà l’eau pour un entraînement en condition. Ce qui permettra peut être à certains marins de gérer un stress qui commence à se faire sentir.

 

«Je termine de préparer mon bateau et je le mets à l’eau pour m’entraîner le plus tôt possible expliquait, hier soir, Patrick Deixonne «je n’ai l’ai jamais essayé armé complètement. Jusqu’à présent je ramais sur un bateau chargé au maximum à 650 kg il fait maintenant une tonne, il va falloir vérifier sa stabilité"…Le guyanais est maintenant pressé de faire route vers Cayenne où il réside et organise toute l’année des raids aventure. Cette fois il est passé du côté concurrent. «Je me suis beaucoup entraîné « affirme ce sportif en excellente condition physique. Maisà Saint Louis, il s’agit cette semaine de gérer un mental qui commence à monter en
pression «on n’envisage pas une course de 5000 Km en solitaire sereinement, je commence à ressentir le stress avec la crainte d’oublier quelque chose" avouait-il hier.

 

Un mental qui fera la différence selon Jo Le Gwen. « L’approche de ce type d’épreuve est d’abord psychologique. Mon programme est de ramer douze heures par jour, alors bien sûr, le corps doit être nickel mais le plus important c’est dans la tête" affirme le routard de la rame océanique « Ma motivation c’est d’être seul en mer», et le bonhomme sait de quoi il parle : deux traversées de l’Atlantique en solo et en double, une autre du Pacifique sud au cours de laquelle il y laisse quelques orteils, Jo Le Gwen connaît le quotidien du rameur solitaire «quand on rame assis dix heures par jour, si on fait pas gaffe, la peau pourrit et il vaut mieux prévenir que guérir alors je tartine avec de la pommade, l’autre priorité c’est l’eau, moi je bois dix litres par jour, la plupart des bateaux de la course sont équipés d’un déssalinisateur de cinq litres à l’heure, le mien fait vingt litre à l’heure.»

 

Le déssalinisateur, centre névralgique des canots, est le fruit de toutes les attentions. Jean Jacques Gauthier le nettoyait hier de fond en comble afin d’éviter toute attaque microbienne. «On prépare le bateau doucement et c’est vrai que le déssalinisateur doit être vérifié ainsi que la batterie et tout le matos. On va terminer par la nourriture», au programme viandes séchées, lyophilisés, pâtes…» Tout
va très bien «affirmait hier ce rameur compétiteur de talent «J’ai déjà traversé l’Atlantique nord en double lors de la course Chay Blyth, je vais devoir me confronter aujourd’hui à la solitude en mer, c’est un inconnu pour moi, mais j’attends le départ avec impatience». En attendant cette solitude attendue et redoutée, Jean Jacques Gauthier accueille à partir de demain son staff de quarante personnes. Famille, amis, ils ont tous fait le déplacement pour venir l’encourager.

 

Tous les proches des concurrents arrivent d’ailleurs progressivement et la petite ville sénégalaise troque ses allures nonchalantes contre une joyeuse effervescence. Mais au terme d’une semaine de folie à Saint Louis, il y a fort à parier que le silence de la mer cueille les marins par surprise, dimanche soir, lorsque la nuit tombera sur la grande bleue.

 

 

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2010 Saint-Louis du sénégal - Photos © D.R