La cure de jouvence du Pont Faidherbe, vieux aujourd'hui de 110 ans, se poursuit avec la deuxième phase des travaux de réhabilitation qui consiste à la protection des fondations des piles pour éviter les risques d'effondrement liés aux courants marins.
Cette phase va durer cinq mois. Suivront ensuite les travaux de réhabilitation de la structure métallique du Pont dont la réhabilitation des 7 travées et la modernisation du mécanisme de la travée tournante, qui permettra de rendre le fleuve à nouveau navigable et aussi la protection anti-corrosion de l'ensemble de l'ouvrage. Si aucun retard n'est pris dans les travaux, le chantier devrait se terminer dans un peu plus de trois ans.
Un peu plus de trois ans seront nécessaires pour voir la réhabilitation du pont Faidherbe complètement achevée. Pour autant, les travaux de la première phase qui consistaient au confortement de la première travée de la rive gauche du pont Faidherbe qui relie l'île Saint-Louis et la Langue de Barbarie au continent qui ont démarré depuis janvier ont été bouclés depuis plusieurs mois. Et, aujourd'hui, les travaux entamés, qui constituent l'indispensable seconde étape, ne concernent que la protection des piles du pont.
D'ores et déjà une plate-forme longue de 78 mètres à pris forme. Cette plate-forme provisoire, destinée à permettre l'accès au chantier, servira à la fabrication des gabions, les ouvrages de protection des piles du pont. Sur ce vaste chantier, camions, bulldozers et grues s'attèlent aux travaux de nivelage et de remblaiement. Des tonnes de roches y sont déversées chaque jour et celles-ci serviront à remplir les gabions, qui sont des caisses métalliques. Une fois remplis d'enrochement, ces gabions seront posés tout autour des piles pour les protéger contre les agressions de son environnement marin et corrosif auxquelles elles sont soumises et qui risquent d'affaiblir leurs pieds.
Les travaux se poursuivent, mais pour l'heure, rien qui puisse perturber les activités des citoyens qui vaquent tranquillement à leurs occupations.
La phase suivante portera sur « la réhabilitation lourde de la structure métallique du pont dont la réhabilitation des 7 travées et la modernisation du mécanisme de la travée tournante, et la mise progressivement de l'ouvrage aux normes de sécurité requises ». Cette phase décisive nécessite une solution de rechange pour la circulation qui risque d'être chaotique pendant l'exécution des travaux. Car des centaines de voitures empruntent chaque jour ce pont dont près du tiers sont des véhicules de transport en commun ou taxis, sans compter les piétons qui le traversent pendant les heures de pointe. « Il est clair que nous devons bien gérer la situation du trafic pendant les travaux », estime Mamadou Diop, directeur de l'Agence de développement communal, qui rassure et affirme que ces travaux seront réalisés selon des méthodes qui permettront de préserver au maximum la circulation entre le continent et l'île Saint-Louis et que toutes les conditions de sécurité à assurer durant les travaux ont été définies afin de permettre l'accès en urgence à certaines structures sensibles.
« Il y aura des jours fonctionnels et aussi des jours où la circulation sera difficile et des désagréments auront bien lieu. Mais, des mesures d'accompagnement, des mesures compensatrices sont prévues et seront mises en Å"uvre », a-t-il informé, avant de souligner que « des instruments de traversée sont prévus pour permettre la liaison entre l'île et le continent ». La réhabilitation du Pont Faidherbe attendue depuis des décennies constitue la plus importante réalisation de ces dernières années dans la capitale du Nord.
Le financement de ces travaux coûtera la somme de 12 milliards de francs CFA ; un financement signé en janvier 2006 avec l'Agence française de développement qui apportera une subvention de près de 8 milliards de FCfa. L'Etat sénégalais, de son côté, versera un complément de 4,8 milliards qui seront mobilisés sur les budgets 2006 et 2007 sur la base des premières estimations du coût global du projet.
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