Vivant mal sa crise de croissance :
Rosso-Sénégal réclame le plan d’urgence

Gabriel BARBIER Walfadjri

Le bac de Rosso à Saint Louis du Sénégal
Photo : Eddy Graeff

 

Erigée en commune en février 2002, la ville de Rosso-Sénégal, qui a certes changé d'aspect, digère mal sa crise de croissance. Ville stratégique en tant que porte d'entrée sur le Maghreb et l'Europe d'une part, le Sénégal et l'arrière-pays d'autre part, la commune de Rosso-Sénégal a besoin d'un traitement d’urgence pour être placée sur les rampes du développement. Ce faisant, la localité va justifier son statut de vitrine du Sénégal. Entouré de ses adjoints, le maire de la commune, Oumar Sory Diop, d'expliquer que ‘cet appui de l'Etat du Sénégal et des partenaires va nous permettre de procéder au lotissement de certains quartiers ainsi qu'à la structuration de toute la ville. Nous allons, aussi, pouvoir faire face efficacement au récurrent problème d'inondations en période d'hivernage, en allant dans le sens d'assainir la commune’. Oumar Sory Diop laisse entendre, dans la foulée, que ‘depuis que Rosso est érigée en commune par décret 171 du 21 février 2002, l'équipe municipale a consenti beaucoup d'efforts pour son développement. Mais nos maigres recettes municipales qui tournent autour de 120 millions de francs Cfa ne nous permettent pas de joindre les deux bouts. Il est, aujourd'hui, nécessaire que les pouvoirs publics apportent leur secours à cette nouvelle commune qui est la porte d'entrée du Sénégal pour le visiteur qui vient de la Mauritanie par le bac de Rosso’, signale le maire de Rosso-Sénégal.

 

Par ailleurs, pour un développement socio-économique harmonieux de la zone, Rosso-Sénégal réclame la réaffectation des 500 hectares situés au sud de cette partie du Walo, non encore exploités par la Css. D'autant plus que, bien qu'exerçant le commerce, les populations demeurent foncièrement attachées au travail de la terre. Ce faisant, les jeunes ne devraient plus céder aux sirènes de l'émigration clandestine qui fait beaucoup de ravage dans leurs rangs. ‘Nous demandons plus que jamais qu'on nous réaffecte les terres qui dorment sur la façade gauche de Rosso-Sénégal pour le bénéfice de nos populations. Aujourd'hui, notre population juvénile reste oisive, car ne trouvant plus suffisamment de terres à exploiter. Dans ce contexte où l'Etat plaide pour une autosuffisance en riz, nous réclamons ces 500 hectares’, confirme Oumar Sory Diop

 

En attendant, dans cette commune rurale aux allures de bourgade de 68 hectares pour près de 20 mille habitants environ, l'on s'occupe comme on peut pour faire face aux rigueurs de la vie. Plus que jamais décidée à jouer pleinement son rôle de commune-modèle, Rosso-Sénégal, située à quelque 110 km de Saint-Louis et nichée entre Ross-Béthio, le village de Mbagam et la Mauritanie voisine, est un haut lieu de la fraude et de la drogue.

 

 

 

 

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2007 Saint-Louis du sénégal - Photos © D.R