Les
difficultés
auxquelles les éleveurs et les « téfankés » sont
confrontés chaque année pour payer la patente, ont été évoquées
au cours de la dernière réunion du comité régional
de développement réuni autour de l’adjoint au gouverneur
chargé du Développement.
L’occasion a été saisie par les responsables des
services des impôts et domaines pour préciser que tous les
transporteurs et les commerçants doivent payer la patente avant
le 31 août de chaque année. Seuls les véhicules particuliers
ne sont pas obligés de payer cette taxe.
Cette
précision a permis aux éleveurs de pousser un « ouf » de
soulagement, d’autant plus qu’ils avaient auparavant déploré à l’unanimité et
avec la dernière énergie, le fait qu’ils soient contraints
chaque année, pendant la période de la tabaski, de présenter
aux forces de sécurité, cette fameuse patente qui, en réalité,
ne concerne que ceux qui convoient le bétail.
Les
tracasseries douanières et autres harcèlements des
forces de l’ordre, dont les éleveurs font l’objet
chaque année, de part et d’autre des frontières entre
le Sénégal, le Mali et la Mauritanie, ont occupé également
une place importante dans les débats.
Pour
ce qui est des financements des « opérations » Tabaski,
l’inspecteur régional des services vétérinaires,
le docteur Papa Ibra Mime, a souligné que l’administration
ne détient pas des fonds destinés à ce genre d’activités.
Abondant dans le même sens, certains responsables d’institutions
financières ont laissé entendre que les éleveurs
véreux ont toujours eu des problèmes pour rembourser le
crédit.
Cependant,
ont-ils poursuivi, les institutions financières sont
toujours prêtes à financer un projet fiable, présenté par
un client solvable et retenu par un comité de sélection
géré conjointement par des représentants de la maison
des éleveurs et la banque sollicitée. Dans ce débat,
les intervenants ont insisté particulièrement sur la nécessité de
mettre un terme aux vols de bétail, à la divagation des
animaux vendus en errance en période de tabaski, à la concurrence
déloyale favorisée par certains « téfankés » et
autres revendeurs qui refusent de parquer le bétail au foirail,
préférant agresser à tout bout de champ, les passants
pour leur proposer leur produit. Les éleveurs ont plaidé aussi
pour l’augmentation du quota d’aliment de bétail qu’il
faut mettre en place au moment opportun, la sécurité, l’éclairage
et la disponibilité permanente d’eau au niveau des foras,
l’aménagement, l’équipement et la normalisation
des points de vente qui doivent être fixés par un arrêté.
Le
docteur Mime a rappelé que la lettre circulaire du Premier
ministre vise à faciliter l’approvisionnement de notre pays
en moutons. Elle porte sur l’assouplissement du contrôle
technique aux frontières, le long des axes de convoyage, au niveau
des zones d’attente et des points de vente, l’exonération
des droits et taxes sur les petits ruminants aux frontières et
le long des parcours des zones d’attente ainsi qu’au niveau
des foras. Toutefois, cette note précise toujours les conditions
d’entrée et de circulation des animaux, contenues dans le
décret 2002-1094 du 4/11/02, relatif à la police sanitaire
des animaux domestiques. Le choix des points de vente normalisés
devrait intervenir à l’occasion des Cdd qui seront tenus
sur la question, tout comme les aménagements conséquents.
Du point de vue du financement, a-t-il indiqué, on ne peut évoquer
que le cas de la mutuelle de Mpal qui sollicite auprès du Pmia,
un montant de 50 millions F.Cfa pour 40 promoteurs. Les dossiers ont été instruits
et envoyés. Le docteur Mime a aussi rappelé que le ministre
de l’Elevage a procédé l’année dernière à une
forte subvention d’un important quota d’aliments de bétail.
Ainsi, 40 tonnes de ce stock ont été ventilés dans
la région nord, à raison de 30 à Saint-Louis et
10 tonnes à Dagana. Le transfert des moutons à partir de
localités telles que Galoya ou Médina-Ndiathbé,
a posé de sérieux problèmes par moments. Ces contraintes
sont dues au manque de véhicule.
L’année dernière, les moutons maures ont représenté 18,6%
des effectifs présentés sur nos marchés. Ce rapport
est nul à Podor ; il est de l’ordre de 20,7% à Dagana
et 21,7% à Saint-Louis.
Ces
animaux étrangers ont transité pour l’essentiel
par le tout nouveau pont de Médina-Ndiathbé.
Selon
les données statistiques collectées l’année
dernière par les services de l’élevage, la région
nord a enregistré au 31 décembre 2006, 28004 ovins locaux,
5221 ovins étrangers, 3093 caprins, 32.428 ovins locaux en transit,
18.301 ovins étrangers en transit. En marge des préparatifs
de la Tabaski 2007, le docteur Mime a annoncé la 8é édition
de la foire du mouton (exposition et vente) qui sera organisée
du 30 novembre au 3 décembre 2007 au Racing-Club par le Cercle
des amis et éleveurs de moutons de Saint-Louis (Caem).
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