| Aéroport
international
l'état de la piste handicape le bon fonctionnement
Le Soleil (Dakar) - 27 Juillet 2006 - Mamadou Aïcha
Ndiaye
Une des préoccupations majeures
des responsables du transport aérien reste la praticabilité
des pistes des aéroports régionaux. C'est
le cas de celle de l'aéroport de Saint-Louis, un
aérodrome de dégagement, capable de recevoir
des vols dont Dakar en est la destination. Allonger la piste
actuelle reste un impératif pour accélérer
l'essor économique de cette partie du pays.
La réalisation du projet d'extension
de la piste de l'aéroport aura des conséquences
immédiates et avantageuses sur la vie des populations
des régions nord. Cette infrastructure polarise,
en effet, toute la partie nord du pays, de Louga à
Matam, en passant par Saint-Louis, Podor. Le trafic s'intensifie
annuellement. Son statut de régional a évolué,
en en faisant, depuis 1995, un aéroport international.
Avec une piste de 1900 mètres de
long, l'aéroport, qui était en catégorie
4, est passé à la catégorie 6. Cela
signifie qu'il est équipé en conséquence
et capable de recevoir des appareils gros-porteurs. Avec
des missions de gestion administrative et technique, le
chef de service qui dirige cette structure compte sur un
personnel d'un peu plus de trente agents. L'aéroport
international de Saint-Louis est muni d'une station météorologique
fonctionnant vingt-quatre heures. Cependant, l'aérodrome
reste ouvert de sept heures à 19 heures. Les dimanches
et jours fériés, le service est assujetti
à une demande préalable.
Fleuron économique de la région
de Saint-Louis, cette infrastructure située dans
le quartier périphérique de Bango gagne du
galon, mais souffre d'un handicap qui, une fois résolu,
pourrait assurer l'émergence de la région.
Une piste courte pour Airbus, Boeing 737,
DC 9 uniquement
Le problème de l'aéroport
est la « courte » piste qui devrait être
allongée. Car, il devrait pouvoir accueillir des
appareils dont Dakar est la destination. Le site a connu
des aménagements avec l'implantation d'équipements.
De sorte que les capacités d'accueil ont été
si bien renforcées que des avions Airbus 320, Boeing
737, Dc9 et presque tous les moyens courriers connaissent
bien cette piste. Tandis que les DC 10, Boeing 747, Airbus
300 ne sont pas encore autorisé à s'y poser.
Mais des instructions fermes ont été
données, selon le commandant de l'aéroport,
Ferdinand Ansoumane Badiane, « dans le sens de porter
la longueur de 2500 à 3000 mètres. Le président
de la République soutient et encourage cette initiative
pour faire de la région un pôle économique
de grande envergure ». Ã- telle enseigne que
des travaux sont présentement en cours, afin qu'à
terme, l'aéroport dispose de zones « départ
» et « arrivée », et d'une salle
d'embarquement avec tous les équipements appropriés.
Cependant, il convient de relever qu'avec
ses portiques et ses Rayons X, l'aéroport international
de Saint-Louis traite tous les bagages embarqués
et à main avec un gain de temps supérieur
à ce qui se fait à Dakar. Une équipe
spécialisée en plus des éléments
de sécurité, notamment la police et la douane,
veillent au grain. Ce qui permet de mettre hors de portée
tous objets dangereux, produits explosifs et métaux
susceptibles de perturber la quiétude d'un vol.
Jusqu'en 1995, les aérodromes dits
secondaires sont devenus, selon le commandant Badiane, des
aéroports régionaux. Comme ceux de Saint-Louis,
Ziguinchor, Cap Skiring et Tambacounda.
Les dernières études relatives
à l'extension de la piste ont montré qu'une
déviation de la route nationale pourrait être
exclue. Cependant, elles prennent en compte 450 mètres
au nord, vers le fleuve, 150 mètres au sud vers la
route nationale. Un allongement de 1900 à 2500 m
permettra à coup sûr à plusieurs avions
de rallier l'Europe occidentale sans escale. Donc, l'espoir
est permis pour fouetter la destination nord, si l'on y
ajoute le retour du navire de croisière « Bou
El Mogdad ». Ainsi, le flux de passagers est en légère
hausse.
Il faudrait que les populations accompagnent les efforts
des autorités locales et nationales, en prenant des
vols à partir de leur commune pour remplir les avions.
Les émigrés originaires de Matam, de la vallée
et de Louga, qui ont emprunté les vols de Saint-Louis,
ne jurent plus qu'avec disponibilité avantageuse.
La perspective de créer un vol Dakar-Saint-Louis-Nouakchott
n'est pas exclue du fait du nombre important d'acteurs et
de promoteurs économiques évoluant sur cet
axe.
Avec le centre acropole, les avantages
touristiques, les universités et écoles supérieures
de formation, le prochain centre régional hospitalier
universitaire, les exploitations agricoles des cultures
de serre, les investissements hydroagricoles de la vallée,
l'aéroport international de Saint-Louis, bien qu'étant
jeune, a de beaux jours devant lui.
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