| Gouvernance
sanitaire locale :
La région de Saint-Louis donne le ton
Le Soleil - Samedi 19 Août 2006 - Bababcar
Maurice Ndiaye
C’est dans la région nord du Senegal que le
concept de gouvernance sanitaire locale a été
lancé par le ministre de la santé et de la
prévention médicale Abdou Fall entouré
de tous les techniciens de son cabinet lors des premières
journées régionales de la santé.
Après avoir relevé le pari
de l’organisation des premières journées
régionales de la santé, il ne reste pour la
région de Saint-Louis que de relever le défi
pour avoir été choisi comme collectivité
locale dans le cadre de la décentralisation pour
servir de test à cet ambitieux programme. Pendant
deux jours, un travail sans relâche de l’ensemble
des acteurs intervenant dans le domaine de la santé
a été abattu afin de réaliser une coalition
à la base pour mettre en place un outil de meilleure
gestion des problèmes de santé des populations
au niveau local. Le contenu du concept a été
élaboré par rapport aux objectifs visés
dans les ateliers répartis des districts de Dagana,
Richard Toll, Podor et de Saint-Louis de la région
médicale, des CHR de Saint-Louis et Ndioum. Pour
cela, il a été question de faire l’évaluation
socio-sanitaire de la région, de définir les
axes stratégiques d’interventions, d’élaborer
un plan régional à court terme, et de mettre
en place un comité de suivi local. Chaque district
a ainsi identifié ses problèmes sanitaires
pour formuler des objectifs pertinents en définissant
les axes stratégiques, en élaborant une ébauche
de plan d’action avec les activités, les coûts
et les sources de financement. À l’issue des
assises de fortes recommandations ont été
faites que le ministère de la santé et de
la prévention médicale a même validées.
Cette politique à caractère multi sectorielle
que va piloter le médecin chef régional Mamadou
Diop en qualité de gouverneur sanitaire avec comme
cheville ouvrière l’ARD (l’agence régionale
de développement) implique les autorités administratives,
les structures sanitaires, les hôpitaux à côté
de tout l’échelon des collectivités
locales, mais également d’autres secteurs.
Les médecins et pharmaciens privés, la compagnie
sucrière, la SAED, lombagos, le CROUS, l’UGB,
l’inspection d’Académie scolaire. Aussi
l’ONG ASBEF, la santé espoir, les OCB, les
associations diabétiques lutte contre le sida, l’épilepsie
du cancer, le mouvement associatif, sportif, la FAFS, en
somme tous les acteurs au développement ont été
invités pour faire de la région de Saint-Louis
la locomotive de la gouvernance sanitaire locale du Sénégal.
Le directeur de cabinet du ministre de la santé Lamine
Farba Sall comme le Dr Abdoulaye, le conseiller technique
chargé du VIH sida se sont réjouis de cet
engagement des acteurs locaux partenaires sociaux et de
la coopération décentralisée dont la
région de Saint Louis a une part belle notamment
avec le Nord-Pas-de-Calais. Rhones Alpes compte des relations
historiques en général entre le Sénégal
et la France mais en particulier avec la région de
Saint-Louis. Le gouverneur Ass Sougoufara qui a présidé
la mise en place du comité de suivi technique et
à la fois scientifique s’est réjoui
d’accueillir et de mettre en pratique une vision du
président de la république Me Abdoulaye Wade
pour une meilleure gestion de la santé à partir
des collectivités locales.
Saint-Louis, région pilote
La santé des populations, selon
lui, est le premier laboratoire des journées régionales
de la santé inscrites en pierre blanche à
une nouvelle vision de politique sanitaire décentralisée
à partir de la région nord comme boussole
pour faire tache d’huile dans toutes les régions
du Sénégal. Le président du conseil
régional Alioune Badara Niang a saisi au rebond cet
appel pour assurer que déjà l’ARD avait
identifié tous les problèmes, mais les forces
étaient dispersées, afin de renforcer la régionalisation
de la santé. En clôturant les assises le ministre
Abdou Fall très satisfait de cette première
expérience à Saint-Louis a indiqué
que la voie est tracée mais elle est aussi à
suivre pour une volonté politique affichée
d’implication étatique des collectivités
locales, des privés des partenaires sociaux d’une
gouvernance sanitaire locale. Selon lui, il faut mettre
en branle tout le système d’une innovation
de taille permettant de cerner et de mieux loger. Ce concept
est une graine semée qu’il faut récolter
au bénéfice des populations car la santé
a-t-il rappelé n’a pas de prix dans tout processus
de développement. Il a fixé les enjeux pour
Saint-Louis comme région pilote, compte tenu de ses
énormes potentialités socio-économiques
culturelles et historiques dans le top niveau des collectivités
locales. Vu sous cet angle, Saint-Louis se présente
comme région modèle, un élément
moteur et un guide pour aborder toutes les questions de
santé au Sénégal, sous la forme de
cogestion. Le ministre Abdou Fall s’est appesanti
sur une approche visionnaire du président de la république
Me Abdoulaye Wade de médecin sans blouse pour mettre
chaque citoyen devant ses responsabilités individuelles
et collectives dans la gestion du capital santé pour
tous. Un enjeu d’humanisation de la pratique comme
une véritable révolution en matière
de politique sanitaire du gouvernement de l’alternance
a t-il déclaré.
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