Festival les blues du fleuve :
Au rythme de la culture pulaar

Walfadjri - Fatou Kiné SENE - Mardi 14 Mars 2006

La première édition du festival «Les Blues du fleuve» a baissé ses rideaux hier. Cette manifestation, initiée par l'artiste Baaba Maal pour promouvoir l'intégration africaine, a permis aux Hal-pulaar, maures, et autres habitants du fleuve Sénégal de revisiter le riche patrimoine folklorique du terroir.

(Envoyée Spéciale) - Point de rencontre de tous les habitants du fleuve Sénégal, le département de Podor a vibré trois jours durant (du 10 au 12 mars 2006) au rythme des «Blues du Fleuve», amenant les populations des deux rives à se donner rendez-vous depuis vendredi dernier au quai de Podor. Elles ont sonné la mobilisation pour présenter aux festivaliers le riche folklore du Fuuta. Une chorégraphie présentée sur le fleuve par les habitants deWinding et de Kaédi (Thioubalo- pêcheurs, Ndlr) la cinquième région du Brakna département de MBagne et région du Gorgol en Mauritanie, ouvre le spectacle. En pirogue au large du fleuve, la pagaie à la main, le drapeau mauritanien perché en haut, les pêcheurs ont présenté un mouvement d'ensemble d'une belle facture.
Ces peuples de l'eau, accompagnés par des jeunes filles et garçons sur les canoës ont offert aux hôtes du Fuuta, une belle démonstration culturelle. Cette chorégraphie servie avec un beau gestuel de bras valides, a escorté l'initiateur de ce festival inédit, l'artiste Baaba Maal. Mais l'attraction des festivaliers était surtout le mythique bateau Bou El Mogdad. Ce bateau, sous les eaux du fleuve Sénégal depuis les années 50, assure la desserte Mauritanie/Saint-Louis et Matam en passant par Podor. Le défilé des différentes troupes traditionnelles de Podor et des villages environnants a permis d'apprécier la diversité culturelle du peuple pulaar.

Au rythme du Wango et du Yéla, les Thioubalo et la troupe Bamtaare de Thioffi, leurs voisins bambara, maures se sont illustrés pour démontrer leurs spécificités culturelles. Les thèmes étaient nombreux et variés. Les festivaliers ont rivalisé d'inspiration autour de l'excision, la circoncision, l'abondance des récoltes et les défilés des détenteurs du savoir traditionnel.

La soirée folklorique, animée au stade Alassane Wade de Podor, a aussi permis aux festivaliers de découvrir, les chants et danses hal pulaar. Le festival «qui avait, entre autres objectifs, de promouvoir l'intégration africaine a enregistré la participation des artistes de la sous-région».

Avec notamment le groupe Assureurs du Tango, l'artiste, Mah Kouyaté du Mali, la Mauritanienne Ouleya Mint Amartichitt, etc. Promoteur du festival, Baaba Maal souligne que le choix porté sur ces artistes vise à revaloriser la culture du terroir et à nouer des relations avec les autres composantes de la sous-région. Les artistes sénégalais Fallou Dieng, Demba Dia et nombre de rapeurs ont marqué rendez-vous du premier festival pour jouer leur partition.

Outre les concerts et soirées folkloriques, les Blues du fleuve ont enregistré la participation de la styliste Oumy Sy. Dans un défilé intitulé Buur Sine, en clin d'œil à ses cousins séréres, Oumy Sy allie les styles moderne et traditionnel. «Le peintre du Sahel», Kalidou Kassé, s'est invité à ce rendez-vous d'échanges pour faire découvrir une installation, axée sur la question de l'immigration. Autre temps fort du festival : l'excursion sur l'île à Morphil a permis aux festivaliers de découvrir le riche patrimoine immatériel des peuples du Fuuta, Halwar d'El Hadji Omar Foutiyou Tall, Pathé Galo, Diatar, etc.