Festival les blues du fleuves à Podor :
210 millions Fcfa pour une première édition

Jeudi 02 Mars 2006 - walfadjri - Mbagnick NGOM

Aujourd'hui qu'il travaille avec la maison de disques «Palm pictures», basée à Londres, Baaba Maal, enfant chéri du Fuuta, veut monter un événement d'envergure dans son terroir. Le Festival international Les blues du fleuve sera ainsi un moment de communion et d'échanges pour insuffler le processus d'un développement endogène.

Développer des échanges culturels entre les musiques africaines et revaloriser l'artisanat local, tels sont les défis majeurs que veulent relever les promoteurs du premier Festival international Les blues du fleuve. Prévu au cœur du Fuuta les 10, 11 et 12 mars 2006, «l'événement, soutient son initiateur et leader de l'orchestre du Daandé Léñol, Baaba Maal, sera un moment pour mettre à profit les trente cinq ans d'expérience dans le milieu du show-biz mondial, dont vingt ans passés avec le Daandé Léñol».
Au-delà de l'ambition de «créer un événement d'envergure, appelé à voyager», le but est aussi de favoriser «une coopération culturelle sous régionale performante, de définir et mettre en œuvre par une approche participative un cadre de développement durable en vue d’assurer la valorisation du patrimoine culturel». Le Festival devra également permettre de valoriser toutes les formes d'expressions artisanales et culturelles dans une dynamique d'unité nationale.

L'envie de monter ce festival est justement soutenue par une volonté tout aussi manifeste d'«inviter tous ceux qui s'intéressent à la musique et à l'Afrique en général à découvrir ses richesses». La fête au rythme des blues du fleuve va porter en elle tout un symbole avec le vibrant hommage qui sera rendu aux fils d'Afrique déportés lors de l'esclavage. Cela se perçoit déjà à travers le logo du festival, symbolisé par une barque rouge (représentant le sang du sacrifice des Noirs) flottant au-dessus du fleuve, avec un caïman et le soleil qui exprime qu'un jour nouveau se lève pour l'Afrique.

Coordonnateur du Festival Les blues du fleuve, Omar Wade renseigne que «l'événement va nécessiter une enveloppe de 210 millions de francs Cfa». Et les 50 % de ce budget prévisionnel sont financés par Baaba Maal sur fonds propres. Mais pour relever le défi de cette première édition, note Omar Wade, «nous avons voulu faire la politique de nos moyens». Cela implique une certaine mesure dans la mobilisation des artistes devant participer au festival.

Du programme du festival, décliné par la chargée de la commission Finances, Fatou Male, on note une foire commerciale, une exposition avec le «Peintre du Sahel», Kalidou Kassé, une veillée culturelle «Hiirde» au Fort de Podor, un défilé de mode et une présentation de la dernière collection de la styliste Oumou Sy. Aussi, des conférences seront animées autour des thèmes «Education et maintien des filles à l'école», et «Le Fleuve, vecteur de développement social, économique et culturel», en plus d'un Pélerinage-découverte sur la route de l'île à Morphil, avec des étapes à Diatar–Donaye–Halwar –Pathé Galo-Ndioum.

Le Festival Les blues du fleuve se veut un événement annuel qui sera vécu au rythme d'un grand concert au Stade Allassane Wade de Podor, avec en vedette les Mah Kouyaté et Oumou Sangaré du Mali, Ooleya Mint Amartichitt (Mauritanie), Coumba Gawlo Seck-Abou Diouba Deh- Pacotille-Bill Diakhou-Duggy Tee Chronik 2 H du Sénégal.

En outre, ce festival sera un grand moment d'échanges et de sensibilisation autour des «Objectifs du millénaire pour le développement», inscrits dans le projet «Africa 2015». Nommé Emissaire du Pnud pour la jeunesse le 28 juillet 2003, Baaba Maal entend continuer et multiplier ses actions en direction des populations les plus démunies. En mai 2004, le leader du Daandé Léñol a accueilli dix-huit stars du continent africain pour l'enregistrement de la chanson Nous sommes les tam-tams d'Afrique, qui prône la lutte contre la famine et le Sida.