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Sous les feux
de la rampe : Le Soleil - (APS) - Jeudi 20 Octobre 2005 L’écrivain Louis Camara a déploré la morosité de la vie culturelle qui connaît une baisse de ses activités à Saint-Louis, ville ’’éminemment culturelle’’ qui a longtemps favorisé l’épanouissement des artistes.
’’On parle beaucoup de tourisme dans cette ville qui a un passé historique très riche, mais pour se développer, souligne-t-il, elle devrait s’adosser sur la culture qui est son interface et devrait être le moteur de son développement’’. Le premier élément à valoriser, en relation avec la culture, est l’architecture qui, a déploré Louis Camara, n’est pas du tout valorisée. ’’Il faut éviter de folkloriser la culture’’ laquelle ’’ne doit pas s’arrêter à l’organisation annuelle de deux manifestations si grandes et si prestigieuses soient-elles’’, a ajouté M. Camara, faisant allusion à la tenue du festival de Jazz et des fanals. ’’Je parle de cette activité vivante qui doit être inscrite dans le vécu des habitants qui doivent s’imprégner de leur culture’’, a affirmé Louis Camara, irrité par le fait que Saint-Louis ne dispose ni d’une salle de cinéma digne de ce nom ni d’un théâtre. Il a ainsi déploré le manque de ’’culture vivante’’ susceptible de permettre aux touristes d’avoir des espaces pour s’épanouir, après avoir fait dans la journée le tour de la ville. Citant les institutions comme l’Université Gaston Berger qui aurait pu jouer un rôle important dans ce domaine, il a estimé que cet établissement ’’est comme un appendice de la ville. On ne la sent pas véritablement’’. Idem pour le Crds où il fait ses recherches et qui, selon lui, ’’est comme un îlot vague sur le fleuve’’, n’entretenant pas de rapports directs avec la ville. Pour redonner un élan à la vie culturelle, il avait proposé la tenue des journées littéraires de Saint-Louis, mais, déplore-t-il, ’’personne n’a suivi’’. ’’Il serait bon par exemple que l’Université s’en empare et l’organise, en collaboration avec les écrivains’’, a expliqué Louis Camara, non sans déplorer le manque de collaboration des acteurs culturels. Louis Camara a constaté aussi, pour s’en désoler, qu’aucun écrivain parmi ceux qui ont consacré leurs oeuvres à la ville ne bénéficie d’un retour d’ascenseur de la part de la municipalité. ’’Aucune rue ne porte le nom d’un écrivain’’, s’est-il indigné citant parmi ces ’’illustres personnalités’’ Abdoulaye Sadji, Ousmane Socé, Léopold Sédar Senghor qui ont longtemps séjourné dans la ville. Dans son réquisitoire pour la relance de l’activité culturelle, il n’a pas oublié l’édition qui souffre d’un manque criard d’infrastructures. ’’Une seule maison existe et elle n’est pas soutenue’’, a-t-il déploré, appelant à un encadrement de la jeune littérature pour l’aider à s’épanouir.
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