Centre Culturel Africain de Saint-Louis
Un lieu délabré qui ne favorise pas l'épanouissement des artistes


Mama Moussa NIANG

Walfadjri - Dakar,Senegal

C’est un spectacle triste et désolant qu’offre le Centre culturel africain de Saint-louis. Les artistes que nous y avons trouvés semblent vivre un véritable calvaire. Tous sont assis à même le sol à défaut de trouver une chaise ou un banc pour s’asseoir. Et chaque jour, à l’occasion des séances de travail qu’ils tiennent au Centre culturel africain (Cca), c’est le même dispositif qu’ils sont obligés d’adopter. Une situation qu’ils ont dénoncée à plusieurs reprises sans jamais trouver de satisfaction. "Ici, nous sommes dans des conditions difficiles qui ne nous encouragent pas du tout malgré notre ferme volonté d’aller de l'avant", se désole l’un d’entre eux assis sur une natte presque totalement détériorée. Notre interlocuteur est membre de la troupe théâtrale de Sud Fm, lauréate l’année dernière au Fesnac. Un prix qui n’a changé en rien la situation de la troupe.
En fait, depuis lors, elle ne fait que s’empirer, faute de moyens matériels et financiers. Mais surtout de promoteur pour produire des cassettes vidéos ou assurer des prestations dans les autres régions du Sénégal et à l’étranger.

Le Cca de Saint-Louis n'est pas seulement un logis pour les comédiens. En effet, les danseurs et les rappeurs fréquentent le milieu. Mais, dans des conditions dramatiques. En fait, ils se bousculent quotidiennement dans une case qui ne l’est plus que de nom. Celle-ci n’a même plus de paille. Les artistes sont obligés d’attendre la fin de l’après-midi pour s’y retrouver pour leurs séances de répétition. Au cas contraire, ils sont condamnés à répéter leurs pièces de théâtre ou leurs ballets sous le chaud soleil. Pour Bogostyl, un rappeur du Cca "les autorités ne se soucient pas des préoccupations des artistes, malgré nos appels répétés, elles ne se sont jamais manifestées pour nous apporter un apport", s’exclame-t-il. Un cri de cœur que les artistes ont repris en masse pour dénoncer le manque de respect qu’ils subissent quotidiennement auprès des autorités politiques et administratives de Saint-louis qui refusent même de leur accorder une audience. Toutes les raisons pour Djiby Ndiaye, artiste comédien de ne plus s’adresser aux autorités et de se débrouiller seul dans son coin. Selon lui, l’espoir est toujours permis pour réussir dans l’art. Mais faudrait-il que les artistes soient unis autour de l’essentiel.

En fait, il n’est pas rare de voir certains artistes saint-louisiens évoluer dans leur coin refusant tout contact avec les autres groupes ou le Centre culturel africain. C’est le cas surtout pour les musiciens et les plasticiens.