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Parution d'un coffret DVD et CD : Le Soleil (Dakar) - 30 Septembre 2005 - Djib Diedhiou
C'est celle de Baaba Maal. Elle illustre les grandes étapes de la carrière de ce musicien natif de Podor. Il ne pouvait en être autrement puisque l'artiste est le sujet de « Baaba Maal - A voice Africa » le film en Dvd sorti au mois d'août à Londres. Le multimédia offre des possibilités inouïes sur ce plan. Aussi Palm World Voices ne s'en est-il pas privé. Le Dvd (durée : 60 minutes) est dans un coffret contenant également un Cd, compilation de chansons de Baaba Maal, une brochure d'une cinquantaine de pages, et une carte du Sénégal réalisée par le célèbre National Geographic qui fait autorité en matière de documentaires sur la géographie physique et humaine, et sur le monde animal. L'image d'un homme, debout dans le fleuve, les jambes plongées dans l'eau jusqu'aux genoux, tirant et jetant ensuite son filet, indique bien que Baaba Maal appartient à la caste des Thioubalos, celle des pêcheurs. Comment s'est-il retrouvé dans une activité - la musique -, apanage des griots, au point d'y exceller aujourd'hui ? Son père, le muezzin de la mosquée, le voyait bien avocat, par exemple. Mais il aimait danser et chanter, témoigne une tante. Et il y a Mansour Seck, l'ami de quarante ans, aveugle, griot de naissance. Il fut le compagnon, lors des tournées à travers plusieurs régions d'Afrique pour des recherches musicales. C'est le gardien du temple. Dans l'exigence d'ouverture à d'autres influences, celles qu'a toujours connues l'artiste (musique cubaine, soul music et aujourd'hui reggae et ragga), il s'emploie à préserver le cachet d'authenticité africaine de la musique produite par Baaba Maal. Sans conteste, celui-ci est prophète en pays pulaar. Les concerts qu'il donne à Podor sont de véritables bains de foule. A Selibaby, en Mauritanie, le comité d'accueil est précédé de cavaliers montés sur des chevaux blancs à la queue teinte au henné. Ses concerts à Londres ou au Cap suscitent le même enthousiasme chez un public savourant les notes de la guitare acoustique, communiant malgré tout avec ce grand musicien. Celui-ci raconte dans sa langue maternelle le vécu
des siens, l'idylle entre deux jeunes gens (Jamma Jenngii, Fanta) ou,
en ambassadeur de bonne volonté du Pnud, transmet un message
aux jeunes Africains dont le continent est ravagé par le Sida
(Baayo). On y découvre sa conception de la musique, sa philosophie de l'existence et sa vision de l'Afrique. Le Cd, quant à lui, reprend des titres de 1992 comme Daande Le-ol (un hommage sans doute à l'orchestre et aux compagnons des premiers jours), de 1994 (Baayo), de 1997 (Koni), de 1998 (Minuit) avec le guitariste Ernest Ranglin (aux sonorités hawaïennes et nostalgiques) et de 2001, comme Jamma Jenngii. Ce coffret, en fait, au-delà de Baaba Maal et de son cher Podor, attirera davantage l'attention du public international sur le Sénégal et ses richesses culturelles. |