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Le president français
aux saint-louisiens : Le Soleil (Dakar) 4 Février 2005 Mamadou Aicha Ndiaye
Les populations de Saint-Louis ont réservé un accueil sans précédent aux chefs d'Etat sénégalais et français. Devant autant d'engagement, d'estime et de marque de sympathie, Jacques Chirac a annoncé, entre autres appuis, la réhabilitation entière du pont Faidherbe. C'est une salve d'applaudissement qui a accompagné cette nouvelle que toute une région attendait. Aussi, Jacques Chirac a dit sa joie et l'émotion qui l'a saisi en foulant le sol saint-louisien. Paraphrasant De Gaulle, le président français a rappelé à l'assistance cette boutade : « Il n'y a aucune ville au monde où un Français se sent mieux qu à Saint-Louis du Sénégal. Une cité ni tout à fait française, ni tout à fait africaine, mais unique au monde ». Ovationné par une foule venue nombreuse dès les premières heures de la matinée pour occuper le trajet qui mène de l'aéroport au centre ville, le président Chirac a, par ailleurs, magnifié les relations sénégalo-françaises. Tirant son argumentaire du contexte historique et politique, Jacques Chirac d'insister sur la mémorable période du député sénégalais Blaise Diagne, en 1914. En fait, ce dernier demandait que la métropole soit soutenue. Il y a eu que les citoyens des 4 communes acquirent le statut de citoyens français. Aussi, le président français a donné une vraie leçon d'histoire contemporaine en insistant sur les sources des mutations actuelles. Il a, dans ce contexte, fait un rappel de faits historiques riches en événements en évoquant l'épopée des almoravides, l'histoire du Djolof et du Baol, des Anglais des Hollandais, des Maliens et Toucouleurs, un extraordinaire brassage qui fait aujourd'hui le charme et la diversité de Saint-Louis. Selon Jacques Chirac, ce sont là les raisons qui ont poussé la France, la présidence en particulier, à conserver le patrimoine culturel des deux pays. Citant Doudou Akogny, Maurice Béjart et Doudou Ndiaye Rose « qui ont contribué de façon élogieuse au rayonnement culturel du Sénégal à travers l'art, la musique et la danse contemporaine », le président de la République français a salué les efforts consentis par l'Etat sénégalais dans les domaines de l'agriculture, de la pêche, la coopération dense et multiple entre les deux pays. Succédant à Jacques Chirac, le président du Sénégal, Me Abdoulaye Wade, a soutenu que « Saint-Louis a souffert de son transfert de capitale pour Dakar, en 1957 ». Cette cité silencieuse au passé légendaire, a-t-il dit, est drapée de ses édifices hérités du passé, ce qui fait son charme. Concernant ses monuments que l'Etat, en tout temps, n'a cessé de restaurer. Il a été souhaité, dans ce contexte, l'implication d'un pays partenaire pour leur réhabilitation entière. Un appel qui a été entendu par le président Chirac qui a annoncé la nouvelle de la réhabilitation de ce cordon ombilical qui relit l'île de Saint-Louis au quartier de Sor. Au paravent, le maire Ousmane Masseck Ndiaye avait souhaité la bienvenue aux hôtes. Il en était de même pour le président Alioune Niang qui a, cependant, fait cas des réalisations obtenues grâce à la coopération décentralisée. Il y a également les travaux gigantesques de restauration de l'édifice métallique de Saint-Louis, qui viendront s'ajouter aux acquis. Pour l'heure, Saint-Louis garde l'espoir d'un envol économique et social digne de son histoire. Aussi, la cité a-t-elle décerné les titres de « Borom Ndar » à Me Abdoulaye Wade et au président Jacques Chirac, récompenses remises par l'idylle Ousmane Masseck Ndiaye. |