Choléra à Saint-Louis :
Bataille contre la recrudescence de l’épidémie

Mamadou Abdou Ngom - Walfadjri - Mardi 09 Août 2005


(Correspondance) - Depuis que le choléra a fait irruption dans la région de Saint-Louis, sept cent soixante-quinze personnes en ont été affectées, entre le 1er avril et le 26 juillet 2005, dont dix-sept décès. Cette recrudescence de la maladie dans la région nord, le médecin responsable du bureau d’immunisation de la surveillance épidémiologique de Saint-Louis, Dr Fulgence Ndiaye, l’explique par le fait que «les gens semblent avoir baissé la garde en n’observant pas les mesures d’hygiène édictées». Même les villes de la région ne sont pas à l’abri. Ainsi, en l’espace d’un peu plus de trois mois, le district sanitaire de Podor a enregistré soixante-trois cas dont un décès ; le district sanitaire de Dagana a reçu quatre-vingt-dix cas dont sept décès ; le district de Richard-Toll cent quatre-vingt-quinze cas dont zéro décès ; le district sanitaire de Ndioum cent neuf cas dont trois décès ; le centre hospitalier régional de Saint-Louis cent soixante dix-neuf cas dont cinq décès. Ce qui se ramène à un taux de mortalité de 0,2 %.
Nonobstant le nombre élevé de cas de choléra, l’épidémie semble être sous contrôle. Le personnel du bassin sanitaire de la région nord met les bouchées doubles pour juguler la progression de la maladie et partant les pertes en vies humaines. Les populations ont également pris la mesure de l’enjeu et sont très impliquées, par l’entremise des Asc, dans la sensibilisation. Par surcroît, le service régional de l’Education pour la santé passe régulièrement des informations sur les radios par souci de sensibilisation des masses en plus des visites que les services d’hygiène font dans les domiciles des malades pour amoindrir les risques de contagion.

Toutefois, le Dr Ndiaye précise qu’en cas d’infection du choléra, qui est, par ailleurs, une maladie oro-fécale en ceci que le microbe ne peut rentrer que par la bouche et dont l’essentiel du traitement réside dans la réhydratation orale, il «est urgent de réhydrater l’individu. Le malade qui est atteint du choléra perd beaucoup de liquide qu’il faut lui restituer le plus rapidement que possible. Une fois que les vomissements s’arrêtent on donne le sachet de réhydratation orale. Le microbe qu’il porte est moins urgent Les antibiotiques feront le reste».

Reste que, quelle que soit la panoplie de moyens mis à contribution pour combattre la maladie, le Dr Ndiaye précise que les populations se doivent de «respecter les conseils d’hygiène édictés. [Il faut également] avoir à l’esprit de manger propre, c’est-à-dire manger un aliment assez chaud et consommer de l’eau potable».