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PATRICK MAZOUNIE, CONSUL GENERAL DE FRANCE À
SAINT LOUIS : «Le Sénégal est un pays paisible où
les investissements sont fertiles» Patrick Mazounie, Consul général de France à Saint-Louis que nous avons rencontré dans son bureau sis au quartier Nord estime que le Sénégal est un pays paisible où les investissements sont fertiles. Ainsi, il a lancé un appel aux communautés françaises et sénégalaise pour un maintien des belles relations de coopération et de collaboration. Comment présentez-vous la situation des Français résidents à Saint-louis ? Les Français qui vivent dans la circonscription du consulat de Saint-Louis qui comprend les trois régions du Nord : Louga, Saint-Louis et Matam. La communauté française est un peu atypique, particulière, car elle comprend trois catégories de personnes. D'abord les expatriés et détachés traditionnels que l'on retrouve dans tous les postes diplomatiques consulaires qui comprennent les commerçants à Saint-Louis, Louga et Richard-Toll. Les employés des grandes sociétés à capitaux français tels que les Gds (Grands domaines du Sénégal), la Css (Compagnie sucrière sénégalaise) la Socas, les exploitants agricoles et des membres des congrégations religieuses. La deuxième catégorie est la série de Saint-Louisiens, descendants des familles bi-nationales installées depuis plusieurs générations voir plusieurs siècles et qui sont socialement, économiquement actives dans les domaines de l'hôtellerie et du tourisme, entre autres, les noms des familles Bancal, Guillabert, Dumont, Valefroy, Philipp, etc. Et une troisième catégorie appelée dans le jargon du consulat, les Français du fleuve. C’est-à-dire des familles Toucouleurs, peuls, Soninkés qui sont restées françaises à cause de l'emploi de leurs familles hors du Sénégal au moment des indépendances qui sont majoritairement installées dans la région de Matam. Ces trois genres de Français, qui ont les droits devant la législation française, requièrent une attention spécifique de la part du Consulat général de France à Saint-Louis et de ses autorités, aussi bien pour leur protection que leur administration. Qu’est-ce qui fait la spécificité du consulat général de France à Saint-Louis ? Le consulat est en continuelle augmentation depuis plusieurs années. J’ai établi plusieurs statistiques entre 2001 et 2004. À la fin du mois de janvier 2005, je peux dire que l'activité de 2004 sur 2003 a augmenté dans tous les domaines sauf dans celui des visas, ces raisons, je les expliquerai plus tard. Au niveau des inscriptions au registre des Français établis hors de France, il y a une hausse de 14 %, dans le domaine de l'état civil soit dressés soit transcrite par le consulat général ; l'augmentation est de 28 %. En ce qui concerne les actes administratifs, nous notons 11 % de flux majoré, et la seule chute est du côté des visas délivrés avec une baisse de 6 %. Les raisons sont simples : depuis un certain temps, la demande de visa est assujettie à une caution, des frais de dossiers qui ne sont pas restitués en cas de non-délivrance du visa. Cela explique que les étrangers, soient les Sénégalais ou les étrangers vivant au Sénégal, membres des autres pays réfléchissent avant de demander le visa. Cependant, une étude comparative nous permet de dire que les années 2001 à 2004 ont des chiffres plus significatifs. Plus de 66 % des Français enregistrés dans les registres des Français établis hors de France et 126 % actes d'état civil établis. Pour les visas, il y a, entre 2001 et 2004, une augmentation de 21 %. Ce qui permet de dire que l'activité du consulat est en pleine expansion. Une vitalité dans tous les domaines qui montrent le dynamisme de la communauté française dans tous ses aspects au sein de la circonscription consulaire de Saint-Louis. Quelles sont vos relations avec les autorités sénégalaises et en particulier la gouvernance de Saint-Louis? De très bonnes relations. Je confirme les propos du gouverneur de région, Amadou Sy, qui, comme nous, a exactement apprécié nos rapports. Je confirme l'exemplarité de ces relations. D'une manière générale, nous travaillons de manière réciproque avec les autorités sénégalaises en confiance, et sans zone d'ombre. J'avoue que c'est très agréable de travailler dans ces conditions avec les autorités administratives, militaires, politiques, avec la gouvernance en particulier. Vous savez, le monde, même s'il est considéré comme un village planétaire, a besoin d'un certain nombre de connexion entre individus, entre entités et entre civilisations. L'exemple de coopération des deux pays est à l'image de ses gouvernants. Nous nous réjouissons des rapports sains, de bon voisinage, de réciprocité, de confiance, de complémentarité et d'entraide qui sont des principes qui sous-tendent toute existence. La France et le Sénégal sont unis par des liens séculaires et un important acquis démocratique, républicain et unificateur qu'il faut préserver. Quel travail comptez-vous entreprendre pour pérenniser les liens entre les deux pays ? Je ferai de mon mieux pour que ces bonnes relations perdurent, qu'elles se maintiennent à ce niveau de confiance qui, je crois, est à l'image des solides relations diplomatiques qui existent entre la France et le Sénégal. Quelle analyse faites-vous de la visite de Jacques Chirac dans la ville de Saint-Louis ? Cette visite est hautement symbolique. Quand le président vient à Saint-Louis, cela me paraît un honneur, une reconnaissance. Accompagné de son homologue sénégalais, cela donne plus de solennité, de goût. Je suis personnellement très satisfait et engagé dans cette visite présidentielle dans notre circonscription consulaire qui représente tout un mythe, une figure emblématique de la coopération franco-sénégalaise. Saint-Louis a-t-il un avenir radieux pour les Français qui y vivent? De beaux jours sont devant eux puisque le Sénégal est un pays paisible où les investissements sont fertiles. Les indicateurs sont favorables et nous pensons que l'optimisme est permis pour réussir ce pari. Cette cité comporte des dispositions énormes aussi bien sur le plan historique, culturel et environnemental. Un travail de mémoire représenté par notre institution à travers des siècles d'un commun cheminement entre le Sénégal, un pays respecté, et la France, un pays de liberté et de fraternité. Je profite de cette occasion pour rappeler que l’ancienne capitale de l'Aof a un passé commun avec la France, certes, mais, au-delà de ces similitudes, c'est une ville qui est pleine de potentialités. Elle a aussi beaucoup d'avenir dans les domaines du tourisme, de l'Education. Son économie a également de beaux jours devant elle, à cause des sociétés françaises qui s'implantent dans la région. Cette dynamique va continuer et montrera tout le côté moderne et émergent de Saint-Louis. |