Journée de l'eau à Gaston Berger :
vers une collaboration avec l'Omvs

Le Soleil (Dakar) - 27 Mars 2006 - Abdoulaye Thiam


Auteur du livre « L'eau, l'Afrique, la solidarité : une nouvelle espérance », M. Mohamed Ould Merzoug, Haut commissaire de l'Organisation pour la mise en valeur du Fleuve Sénégal (Omvs) était l'invité des étudiants de l'Université Gaston Berger de Saint-Louis, dans le cadre des journées « Campus Eau ».

La collaboration entre les deux institutions verra le jour. Cette manifestation entre dans le cadre de la Journée de l'eau célébrée chaque année à travers le monde. Profitant de son séjour à Saint-Louis, le Haut commissaire est revenu sur le retour de la Guinée-Conakry au sein de la famille naturelle de l'Omvs après plusieurs années d'absence, depuis les incidents entre les anciens présidents Léopold Sédar Senghor et Sékou Touré. Souhaitant la bienvenue aux participants, le Pr Sougou, représentant le Recteur Ndiawar Sarr, a salué cette convergence de vues et d'approche entre l'université Gaston Berger et l'Omvs.

« Nous sommes disposés à développer une coopération avec vous au bénéfice des universités des quatre pays », a lancé Pr Sougou à l'endroit de M. Ould Merzoug.

Avant le démarrage des travaux, il revenait au Professeur Alioune Kane du département de Géographie de l'Université de Saint-Louis de dire que le livre fait l'état des lieux avec une analyse sans complaisance, mais surtout, il essaie de poser la problématique de l'eau. Il a profité de l'événement pour annoncer que très bientôt l'université de Saint-Louis va créer une école sous-régionale doctorante sur l'eau et souhaite s'appuyer sur des compétences et des expériences.

« Ce fleuve fait l'objet de recherches depuis 20 ans et nous voulons continuer à travailler en partenariat avec l'Omvs », a souligné Pr Kane. Au nom des étudiants, il revenait à Mlle Khady Ndiaye de remercier l'institution sous-régionale pour l'appui apporté dans la tenue des journées qui seront institutionnalisées.

En expert de l'eau, l'ancien ministre mauritanien, Ould Merzoug, a déclaré qu'il a voulu partager une série de réflexions pour trouver de nouvelles pistes à nos pays. Pour lui, l'alternative, c'est l'intégration pour se renforcer et bénéficier des effets de la mondialisation. « Ce qui a été fait au niveau de l'Omvs peut se reproduire ailleurs, d'où l'idée de ce livre, car l'eau nous préoccupe tous », a dit le conférencier avant d'ajouter que : « l'eau est un vecteur de rapprochement, de développement durable, de solidarité et de progrès social ». L'Afrique, a-t-il expliqué, compte aujourd'hui près de 60 bassins transfrontaliers. Sur le partenariat entre son institution et l'université, il s'est dit disposé à le conclure. Sur l'apport des barrages pour l'énergie, il a révélé que grâce aux ouvrages réalisés, Dakar et Bamako bénéficient chacun de 30 % de la fourniture de Manantali, tandis que la Mauritanie y tire 50 %. D'ici 2012, il a annoncé que la production de Manantali devrait doubler.