Fanal de Saint-Louis :
7 Janvier 2005 Johnson Mbengue
Initiative de la comédienne Marie Madeleine Diallo, la sixième édition du "fanal" (fête de fin d'année) de Saint-Louis a vécu cette année, avec un spectacle en son et lumière réalisé par Jean-Pierre Leurs. Ce produit culturel qui fait partie du patrimoine historique de la vielle ville, peut-être mis en valeur pour faire connaître notre pays aux touristes dans le cadre du dialogue des culturels que prônait le premier président du Sénégal indépendant, Léopold Sédar Senghor. Français d'origine algérienne, Tahar qui visitait pour la première fois le Sénégal, estime que le fanal est une passerelle entre la culture et le tourisme. "J'ai l'impression que ce spectacle renvoie aux origines du Sénégal. Il me semble qu'il mobilise tout un peuple. Il y a une sorte de passerelle entre ce fanal et le tourisme. Tout ce qui peut permettre de vendre la destination du Sénégal doit être soutenu. Ce fanal peut donner envie à d'autres pays européens, voire africains de venir voir ce qui se passe au Sénégal en période de fin d'année. Le fanal peut servir de lien entre des peuples ", note-t-il. Le "Baw naan", fête d'imploration du ciel pour un bon hivernage, la circoncision en Casamance et le "fanal", montrent un cachet culturel du Sénégal qui peut être revalorisé pour servir de support de promotion de la destination. "Le fanal constitue une attraction pour le tourisme. C'est une manifestation assez édifiante de la culture sénégalaise. Ces genres de cérémonies doivent pouvoir servir de relais au tourisme sénégalais. C'est la première fois que je viens au Sénégal, mais j'ai été vraiment impressionnée par ce que j'ai vu à Saint-Louis", confie une journaliste italienne. Les touristes rencontrés à la mythique place Faidherbe (du nom de l'ancien gouverneur de l'Aof) ne s'accordent que sur une chose : le fanal est un produit culturel de promotion de la destination. Mais il mérite d'être professionnalisé. "C'est une belle manifestation, un joli spectacle. Depuis plus de dix ans, nous venons à Saint-Louis, mais nous n'avons jamais assisté à un fanal. Nous sommes très contents et ne regrettons pas d'avoir été présents à ce 3e fanal (6e édition en réalité). Une fois à Paris, nous en parlerons à nos amis d'autant plus que le fanal ne peut que favoriser l'arrivée de touristes en cette période de fin d'année. Les costumes faits par la grande styliste sénégalaise (Oumou Sy) sont de très belle qualité et de belles couleurs", relève Jacques Ferrière, habitant Montmartre (Paris) qui assistait à l'événement à côté de son épouse. Le maire de Saint-Louis, Ousmane Masseck Ndiaye, par ailleurs ministre du Tourisme et des Transports, ambitionne de mobiliser tous les moyens nécessaires pour apporter une touche beaucoup plus professionnelle au fanal en vue de soutenir la promotrice de cette manifestation.
Marie-Madeleine Diallo rappelle que c'est en 1999 qu'elle a pris l'initiative de "ressusciter" le fanal. "Nous n'avons cessé d'impliquer les populations à travers plusieurs stratégies, mais les difficultés auxquelles les populations sont confrontées et les changements de mentalité au sein de la société font que l'appropriation du fanal par les populations que nous souhaitons tant n'est pas totalement de mise", reconnaît Mme Diallo. Elle ajoute : "Nous avons voulu revisiter l'histoire qui lie les quatre communes (Saint-Louis, Dakar, Gorée et Rufisque). Le fanal est un produit d'appel qui peut favoriser l'émergence de la destination à travers Saint-Louis et sa culture. Nous avons des plages, des parcs nationaux, etc. Le fanal est un autre atout qui pourra intéresser les touristes." |