7e édition du fanal de Saint-Louis :
l'album souvenir du Sénégal passé en revue

Le Soleil - 3 Janvier 2006 - Babacar Maurice N Diaye


Selon une tradition bien établie, l'histoire a encore bégayé pour enterrer l'année 2005 dans la capitale du Nord. Dans le décor bien planté de la mystique place Faidherbe, chargée de symbole et témoin des hauts faits ayant marqué l'histoire de Saint-Louis. Toutes les facettes de la culture du Sénégal étaient au rendez-vous à cette soirée de fin d'année.

La sortie du fanal pour sa 7è édition, comme une identité culturelle de Saint-Louis, a été encore une occasion de revivre un temps fort de l'histoire à l'époque coloniale. Et beaucoup de souvenirs ont augmenté le menu du programme proposé par l'Association « Jalloré Production ». Du spectacle fort alléchant, il yen avait à gogos jusqu'au petit matin du 1er janvier 2006. Les populations de Saint-Louis, dans les différents quartiers de l'île, de la langue de barbarie, du faubourg de Sor ont pris d'assaut la place Faidherbe, dans une communion parfaite, pour fêter le nouvel an sous le sceau de la culture et du souvenir de « Demb », le passé, autour du fanal dans l'ancienne capitale du Sénégal. Et, justement, le thème de cette 7è édition a été l'épopée du Walo.


Sous les yeux du ministre de l'Intérieur, Me Ousmane Ngom, du Garde des Sceaux Ministre de la Justice, Cheikh Tidiane Sy, du grand communicateur traditionnel, El Hadj Mansour Mbaye, parrains respectivement des fanaux du quartier Sindoné (sud), du nord, dans l'île de Saint-Louis, et de Guet Ndar, dans la Langue de Barbarie. Mais également en présence du Président du Conseil Régional, Alioune Badara Niang, du Consul de la France à Saint-Louis, de l'adjoint au Maire, Amadou Touré et de nombreux touristes venus fêter la fin d'année 2005 à Ndar.

L'histoire revisitée

La série du spectacle a débuté dans l'émotion, aux souvenirs du fameux « Talatey Nder », avec le sacrifice des femmes du Walo qui ont préféré le feu à la captivité. La narration de cet évènement historique a été bien illustrée encore par le scénariste, Jean Pierre Leurs, pour édifier la jeune génération sur la bravoure des femmes du Walo, à l'image de la Linguère Ndieubeut Mbodj. Le tout en sons et lumières.

C'est le défilé des Signares, dans la pure tradition saint louisienne, avant de laisser la place aux costumes d'époque conçus par la célèbre styliste Oumou Sy. Elle n'a pas fait, une fois de plus , dans la dentelle dans l'évocation d'Aline Sitoe Diatta de la Casamance avec les diolas et les mancagnes. Mais aussi de l'Almamy du Fouta : un spectacle inédit de symbiose et de brassage culturel au point que ce nombreux public en redemande, pour boucler la boucle au cours de cette semaine du 24 décembre 2005 au 1er janvier 2006, avec le fameux « Takusanu Ndar » et autres manifestations de « Ndawrabine », de « Tanneber » de « M'bapatte » de défilé de modes et de coiffures, de jeu de faux lions, de « Xaware » avec Baba Maal et le Dende Leniol. La présentation des fanals aux parrains a été le clou des festivités de fin d'année dans la vieille cité de Ndar. Tour a tour, en déclinant l'arbre généalogique de leurs ancêtres, les larmes n' ont pas manqué de couler parmi leurs proches parents. Pour le fanal de Sindonne (Sud) avec l'ouverture du bateau de renommée dans la sous-région, le Bouel Mogdad dont le parrain est le ministre Me Ousmane Ngom fils de El Hadj Babacar Ngom, un des premiers receveurs de la poste à l'époque coloniale. Cela a été l'occasion de revisiter toute la mission qu'il a accomplie, de son vivant, au service des populations tout au long de la vallée du fleuve senegal, carrefour de l'islam au Sénégal, avec le passage des grands Erudits à Saint-Louis.

L'histoire de la religion était au spectacle avec le fanal du nord dédié au Ministre de la Justice, Cheikh Tidjane Sy. La mosquée Zawiya du vénéré El Hadj Malick Sy, qui l'avait construit au début de la pénétration du Tidianisme au Sénégal. Son passage a suscité tout un symbole dont il est l'origine. Le fanal de Guet Ndar, parrainé cette année par le communicateur hors pair EL Hadj Mansour Mbaye, a été confectionné sur le bâtiment représentant la première radio au senegal et la Mauritanie, à l'époque où Saint-Louis abritait les deux capitales de ces deux pays frontaliers.

Un symbole historique dont le choix n'est pas pour le parrain qui a fait, toute sa vie durant, les plus beaux jours de radio au Sénégal. C'est donc sous le signe de souvenirs palpitants et de nostalgies de l'histoire, que la 7ème édition du fanal a pris fin dans la capitale du Nord.