Hopital régional de Saint-Louis : La coopération décentralisée pallie les faiblesses de l'Etat

Ndakhté M. Gaye - walfadjri - Lundi 13 Mars 2006

N'eût était la coopération décentralisée, l'hôpital de Saint-Louis n'atteindrait pas les performances dont se réjouit sa direction.

"Si nous avions attendu le financement de notre projet d'établissement pour travailler, nous ne serions pas arrivés aux résultats qui sont les nôtres, puisqu'une bonne part de nos acquis en matière de formation et d'assainissement de l'institution ainsi que les premiers équipements lourds nous sont venus de la coopération décentralisée". Ces propos du directeur de l'hôpital régional de Saint-Louis, le colonel Babacar Ngom, traduisent bien le malaise financier dans lequel baigne cette structure sanitaire depuis longtemps. Il ne l'a pas dit de manière ouverte, certes. Mais en réitérant, vendredi dernier, lors de la cérémonie de réception officielle d'équipements d'un volume de 60 m3 et d'une valeur de plusieurs dizaines de millions de francs Cfa, son souhait de voir les efforts de financement de son projet d'établissement se développer, le colonel Ngom a voulu montrer la petitesse de la subvention de l'Etat. Il juge en effet "très insuffisants" les 276 millions de francs Cfa que l'Etat accorde annuellement à son établissement par rapport aux besoins de fonctionnement et d'investissement de celui-ci.
Il n'a pas été le seul à déplorer ce manque de ressources financières. Comme pour confirmer les propos du directeur de l'hôpital régional de Saint-Louis, le Consul général de France au Sénégal a rebondi dans le même sens : "Je reste tout à fait conscient que les moyens mis en œuvre sont encore insuffisants et qu'il est impératif de les pérenniser dans l'unique objectif d'un plus grand bien-être des populations. C'est pourquoi je crois utile de rappeler que les actions mises en œuvre par les acteurs de la Coopération décentralisée française doivent s'inscrire dans un schéma global de fonctionnement et de politique d'objectifs ciblés, assorti de la plus grande transparence et du suivi le plus rigoureux.

Aucun résultat notable au bénéfice des populations ne pourra être évalué si les partenaires français et sénégalais ne sont pas en mesure d'analyser la portée des moyens mis en œuvre, ni d'établir des critères d'excellence. Je reconnais les qualités de l'hôpital, mais je suis conscient de ses faiblesses dont j'ai été informé, notamment au niveau de l'approvisionnement de la pharmacie et de l'équipement du bloc opératoire".

Pour autant, l'heure n'est pas au découragement au niveau de la direction de l'hôpital. Le patron de cet établissement a déclaré publiquement avoir reçu une information venant de la présidence de la République lui annonçant son accord de lui attribuer une subvention exceptionnelle. Le colonel Ngom qui soutient n'avoir aucune idée du montant, l'assimile à une "prime à la performance". Une subvention qui, selon lui, n'a rien à voir avec le budget d'investissement en équipements de près de 3 milliards de francs Cfa du projet d'établissement de l'hôpital que le gouverneur de la région de Saint-Louis, Ass Sougoufara, a annoncé au cours de la manifestation qu'il a présidée en présence des autorités administratives, coutumières et religieuses.

Outre ces ressources financières annoncées, le colonel Babacar Ngom dit attendre aussi l'érection de son hôpital en Centre hospitalier universitaire (Chu) avec à la clé la disponibilité permanente de personnels médicaux généralistes et spécialisés de haut niveau. Selon M. Ngom, ce passage à une étape supérieure de son institution se fera avec la mise en place d'une faculté de Médecine qui devrait ouvrir incessamment ses portes à l'Université Gaston Berger (Ugb) de Saint-Louis. A ce propos, il déclare avoir appris que la pose de la première pierre se fera le 28 mars prochain.

Par ailleurs, le colonel Babacar Ngom a partagé avec ses invités ayant pris part à la cérémonie ses objectifs stratégiques pour 2006-2009, pour lesquels il bénéficie de l'appui du Conseil régional de Saint-Louis et de ses partenaires de Lille, en France. Ces objectifs s'articulent de la formation du personnel, du système d'assurance qualité, de la politique d'assainissement, de prévention et de gestion des risques "patients" et professionnels, du relèvement du plateau technique et de l'ouverture de nouveaux services pour répondre à la demande de soins et enfin de l'appui au management stratégique et opérationnel de l'hôpital régional de Saint-Louis.