Japan Jazz Unit fait un tabac à Saint Louis


Le Soleil (Dakar)

23 Novembre 2004
Mamadou Aicha Ndiaye


Le Sénégal et le Japon entretiennent d'excellentes relations. Le concert de jazz servi aux populations au Quai des Arts, contribuera à coup sûr à redynamiser les liens déjà solides dans les domaines socioculturels.

La sortie du groupe Japan Jazz Unit à Saint-Louis laisse des impressions nobles et des souvenirs prestigieux pour ce groupe au talent multidimensionnel. Du jazz, on en entendait très souvent dans la cité de Feu Papa Samba Diop « Mba », mais du jazz joué et composé de la façon de Tatsuya Nakamura et le Japan Jazz Unit, il faut reconnaître que ce genre exige un professionnalisme avéré.

L'ambassade du Japon et la Fondation du Japon viennent d'obtenir un satisfecit avec les populations de la ville qui sont de véritables férus de Jazz. Après des prestations à Dakar, le quartet japonais, sous la conduite de ce virtuose de la batterie Tatsuya Nakamura a démontré une maîtrise rare de son instrument. La grosse-caisse, les timbales et la double pédale secouées tout au long de la soirée, se mêlaient au souffle interminable et cadencé de l'excellent saxophoniste Suetoshi Shimizu. Le talent du bassiste, le seul à ne pas porter de lunettes sur le plateau, Kazuteru Harada rappelle les illustres pensionnaires de la belle école de Jazz de Yoshio Ikeda.

Le piano constamment « piqué, pincé, puis calmé » sous le regard du public à dominante africaine appréciait le mérite de ces quatre japonais venus spécialement jouer et faire plaisir aux populations de Saint-Louis. Teruaki Ueno ferait un très bon enseignant de jazz, ici à Saint-Louis, si l'on y créait une Académie de jazz. C'est une idée agitée par les membres d'une association locale de jazz. Son Excellence l'Ambassadeur du Japon au Sénégal était représenté par un conseiller de son institution M. HASAMA, une présence effective d'autorités consulaires et administratives, notamment de Kenny Lazar, gouverneur adjoint, du Consul général de France à Saint-louis, Mazounie, du directeur de l'ICL, de l'adjoint au préfet de Saint-Louis.

Un répertoire riche et varié a été joué du style « New Orléans », au pop en passant par le blues et jazz-rock. La Directrice du Centre culturel régional, Awa Cheikh Diouf, a salué l'initiative avant de remercier chaleureusement les responsables qui ont choisi la région pour un pareil spectacle culturel. La surprise du concert est assurée par un duo de percussionnistes, un batteur de Djembé invité par Nakamura, le joueur de balafon africain et du « steel pan », belle osmose de ces instruments au dialogue culturel riche de rythmes et de sonorités. Le public en redemande en attendant le prochain festival de jazz de Saint-louis.

Après notre pays Tatsuya Nakamura et le JJU se produiront au Maroc, à Casablanca et à Rabat à partir d'hier, 22 novembre, et du 2 au 6 décembre, la Turquie accueillera ces grands talentueux du jazz.