|
Saint-Louis Jazz 2005 : Mandy Gaines , une diva américaine pour une clôture en beauté Le Soleil - Lundi 9 Mai 2005 - MBAGNICK KHARACHI DIAGNE
Dans cette salle de spectacles pleine comme un œuf, Mandy a su dialoguer avec ces nombreux férus du jazz qui tenaient vaille que vaille à assister à sa prestation. Très à l’aise dans un port vestimentaire simple, noir et léger, mettant en exergue son teint métissé, la grande chanteuse fait des va et vient incessants sur le podium. De temps à autre, elle agite son éventail pour faire des grimaces, des manières à l’endroit de son pianiste Philippe Duchemin. Sa façon de chanter stimule ses musiciens et excite les spectateurs. Ces derniers ont pu facilement entrer dans son jeu. Son dialogue avec les instrumentistes, ponctué de fantaisies de toutes sortes, lui a permis, dans un beau mouvement d’ensemble, d’entraîner le public avec elle. Elle bouge beaucoup sur scène en s’esclaffant, rigolant. Ses gestes larges, ses balancements de main, guident sa voix dans ses modulations, tantôt rauque ou aiguë, tantôt incisive ou mélancolique. Trapue et ramassée sur elle-même, cette grande chanteuse a imposé sa volonté au public qui n’a pas été avare de ses cris de joie et autres salves d’applaudissements. Mandy est une de ces chanteuses noires américaines de la lignée d’Ella Fitzgerald par la pureté de sa voix. Avec Fabien Marcos (contrebasse), Jean Loup Longnon (trompette) et Mourad Benhammou à la batterie, Mandy a réussi la prouesse de clôturer ce treizième festival international de jazz qui aura permis à Saint-Louis et à ses hôtes de vivre quatre nuits pleines de musique. Un autre orchestre de prestige international « Tribute to African Groove » a également monté l’ambiance pour marquer la fin du festival. Cette formation, dirigée par Philippe Combelle, le fils d’Alix Combelle, fondateur du Hot club de France avec Django Rheinardt et Stéphane Grappelli, est composée de quatre musiciens africains. La belle musique et originale qu’il nous a présentée met en exergue les instruments à vent, un fond musical soutenu par la guitare basse et les percussions. Un cocktail détonnant. Cette 13ème édition du festival de jazz a pu se dérouler correctement malgré les difficultés financières auxquelles les organisateurs ont été confrontés à la dernière minute pour démarrer les manifestations. Le Directeur général de l’Agence nationale de promotion touristique, Assane Soumaré, dont le département soutient le festival, s’est déclaré satisfait du festival qui, selon lui, ne fait que contribuer au brassage culturel, au retour aux sources. Pour lui, la ville de Saint-Louis est connue pour la diversité de son histoire, empreinte d’événements majeurs, mais également pour son rayonnement dans le Sénégal et dans le monde. La tenue de cette 13ème édition est manifestement une opportunité de plus pour repositionner la destination Sénégal sur l’échiquier international, et la ville de Saint-Louis dans le paysage touristique national. |