Festival International de Jazz de saint-louis :
Des rebondissements avant les décibels

Le Soleil - Mamadou Aicha Ndiaye - Lundi 20 Mars 2006

Pour la première fois depuis sa création, le festival international de jazz de Saint-Louis change de dates. Un réaménagement qui commence à connaître des cadrages tant au niveau des populations, des professionnels du tourisme, du commerce, de l’hébergement que chez les principaux intervenants.

Un manque criard de coordination est noté chez des membres de l’association, maîtresse d’œuvre, au point qu’une réunion extraordinaire a été convoquée le mercredi dernier à leur siège. Un quorum non atteint a permis de reporter cette rencontre au 21 courant. Cependant, le festival de jazz de Saint-Louis continue de faire couler beaucoup de salives et d’encre, ce qui témoigne de l’intérêt que porte cette manifestation internationale. Des éclaircissements sont attendus, de pied ferme, de l’ancien directeur artistique du festival international de jazz, M. Ciceri, sous l’ère du président Abdel Kader Pierre Fall qui propose ses offices à l’endroit du nouveau bureau mis en place et dirigé par Ousmane Alioune Sarr « Badou ». Des malentendus se font souvent constater entre celui-ci et le bureau qui veut rester le seul répondant et intermédiaire de cette association.

Une organisation interne qui n’empêche pas les services culturels français, par le biais de l’institut Jean Mermoz, à réaffirmer leur soutien à ce festival qui est en âge d’adolescent. En droite ligne avec sa politique culturelle, le festival de jazz de Saint-Louis demeure un événement important, tout comme la Biennale de Dakar pour le principal partenaire français de ce festival. Un soutien indéfectible reste maintenu, quelque soit la date du plus grand rendez-vous africain de jazz, selon le responsable chargé de l’animation culturelle à l’institut Jean Mermoz de Saint-Louis. Dans ce sillage, avec les nouvelles dates proposées, un espoir est permis, avec les musiciens de Toulouse car, des démarches sont engagées, de sitôt, pour changer le plan de circulation du groupe « La Chanca » qui pourrait, en cas d’accord, participer du 24 au 27 mai 2006. Mieux, le financement du troisième groupe, symbole d’échanges culturels entre 7 à 8 musiciens sénégalais et parfois internationaux « Saint-Louis Jazz Orchestra VI », reste maintenu. Ce qui semble être impossible pour le second groupe, les frères « Boulou Ferré » qui ne vont pas participer au festival de jazz. Leur tournée ouest- africaine s’étale du 21 avril au 18 mai, avec un passage bloqué sur Saint-Louis du 1er au 3 mai prochain. Une tournée qui s’inscrit dans le déroulement du plan d’animation régionale des centres culturels français de l’Afrique de l’Ouest.

Pour rappel, en 2005, le soutien du service culturel français avait permis de prendre en charge, pour la participation au festival de jazz, de grands groupes comme Florin Niculescu (violoniste) d’origine roumaine, la Chanca, et le bassiste Camerounais Richard Bona. Un type de soutien en nature que le président du festival international de jazz, Ousmane Alioune Sarr, souhaiterait revoir avec son partenaire stratégique, car l’association SL Jazz aurait préféré recevoir des espèces sonnantes et trébuchantes, un matelas financier qui permettrait à sa structure de sélectionner qui elle veut et de rester en phase avec leur besoin musical et organisationnel de l’heure. A en croire O.Sarr, une correspondance a été adressée à l’ambassadeur de France au Sénégal.