| Institut culturel
Jean Mermoz :
Les frères Boulou et Elios Ferré, deux guitaristes qui ont servi au public venu nombreux, mercredi soir à l'Institut culturel Jean Mermoz du son assez original. D'ailleurs la première différence était du côté du type de guitares. Ensuite, une autre originalité qui est à chercher dans leurs veines. Frères de sang et de musique, Boulou et Elios définissent leur musique comme un style pluriel. Un héritage consanguin certes, qui s'est perpétué de père en fils, mais aussi, un legs transmis par des idoles que sont Charlie Parker, John Lee Hooker, Coltrane et Dizy pour ne citer que ceux-là. Boulou et Elios deux virtuoses de la guitare, qui en plus de leur talent démesurée de cet instrument à cordes, laissent entendre des solfèges et chorus abreuvés de la source gitane. Une musique jazzy qui remonte dans la nuit des temps, jusqu'à l'épopée du huitième siècle, ère de civilisations mauresques, en Espagne, ou de l'époque « gitano pharaonique » constitue un patrimoine musical inépuisable. Boulou Ferré, guitare bien coincée entre la hanche et l'épaule laisse cadencer une cheville sur le podium, pour bien sentir la sensation d'une musique qu'il contemple, tel un touareg en plein désert. Une kyrielle de classiques reprise pour véhiculer dans leur
répertoire l'universalité de leur musique. Le décalage des dates a tout chamboulé. En 1957, sous l'Å"il formateur de son père et de son oncle Baro, Boulou séduisait déjà. On voyait en lui un futur mastodonte de son art. Elios son frère, avec qui, il joue depuis 25 ans, fait le tour du monde marchant sur les pas empreints par un complice aîné. Boulou et Elios Ferré ont joué à Saint-Louis après Praia (Cap Vert) dans le cadre d'une tournée régionale des centres culturels français dont la prochaine étape est prévue à Niamey. Un bÅ"uf avec des artistes locaux sur scène a mis fin à ce mémorable concert. Une randonnée musicale aux allures d'une invitation au voyage comme disait Baudelaire. |