Tournoi international de judo de Saint-Louis : Le promoteur favorable à sa délocalisation

Walfadjri - Gabriel BARBIER - Mercredi 29 Mars 2006

Les rideaux sont tombés, dimanche, sur la huitième édition du tournoi international de judo, qu'a abritée les 26 et 27 mars dernier, la capitale du Nord. L'initiateur et animateur principal, Babacar Fall dit Mbaye Boye dresse le bilan de l'événement et passe en revue les points à revoir en vue d'une organisation sans faille de la neuvième édition l'année prochaine.

Wal Fadjri : La huitième édition du festival international de judo a pris fin, quels enseignements peut-on en tirer ?
Babacar Fall : Le bilan est, à tout point de vue, positif. Tant sur le plan technique, avec une bonne participation des tireurs qui ont produit un judo haut de gamme, qu'au point de vue matériel. Sur le plan financier, nous n'avons aucune dette. Cela est dû à l'appui de nos amis et partenaires qui n'ont ménagé aucun effort pour m'aider à réussir cette huitième édition du tournoi international de judo. Chapeau bas, aussi, pour le ministre des Sports Daouda Faye qui m'a donné les moyens nécessaires pour arriver à ce résultat.

Wal Fadjri : Quel a été l'impact du nouveau matériel que le festival a étrenné, cette année, sur la qualité des combats ?

Babacar Fall : A coup sûr, ce matériel flambant neuf que l'Union européenne de judo, par le biais de son président Marius Vizer, a mis à notre disposition, a été pour beaucoup, dans la bonne tenue d'ensemble des combats. C'est connu, ce qui est neuf, galvanise et donne envie. Nous avons, de ce fait, franchi un palier. Aussi, nous allons nous évertuer à conserver, jalousement, ces acquis, qui ne sont qu'un premier jet, en attendant l'autre lot de matériels qui devrait arriver. Nous voulons faire de Saint-Louis, la ville du judo africain.

Wal Fadjri : A présent, un coup d'œil sur les résultats. Quelle lecture peut-on en faire ?

Babacar Fall : Tout d'abord, il convient de remarquer la razzia de mon équipe, l'Institut des Sports de Saint-Louis. Bien managés par leur entraîneur Maguette Mbengue, les gosses ont survolé le tournoi de leur classe. Je salue aussi le très bon tournoi de la championne d'Afrique, la Sénégalaise Fanta Keita, qui a mis sous l'éteignoir ses principales adversaires, à coups de ippon. Elle a confirmé, ainsi, tout le bien qu'on pensait d'elle. Je retiens aussi la montée en puissance de la Guinée qui ne cesse de marquer de son empreinte ce tournoi. Il y a eu des confirmations et des révélations. Mais, ce sont tous les 160 tireurs qui sont à féliciter. Car pour avoir un bon combat, faudrait-il avoir de bons sparring-partners.

Wal Fadjri : Jetons, à présent, un regard prospectif. S'agissant de la prochaine édition, qu'est-ce qui mérite d'être amélioré ?

Babacar Fall : Sans aucun doute, l'organisation interne de la salle, surtout l'ordre. Nous allons nous y employer. Comme nous allons rectifier vis-à-vis de certains hôteliers de la Langue de Barbarie, qui ne sont, en définitive, pas de bons alliés.

Wal Fadjri : En coulisses, il a été beaucoup question de délocaliser le tournoi. Certains observateurs jugent la salle gymnase Didier Marie de Saint-Louis trop exiguë pour un événement d'envergure mondiale ?

Babacar Fall : C'est vrai qu'on en a parlé. Je ne suis pas contre. Mais cela ne pourra se faire qu'à la condition qu'on mette à notre disposition un cadre susceptible d'abriter le tournoi. De tels endroits existent à Saint-Louis. Aussi, je suis à l'écoute.

Wal Fadjri : On vous a souvent reproché d'être au début et à la fin du tournoi. Pourquoi continuer à tout caporaliser alors que le tournoi a pris une dimension internationale ?

Babacar Fall : Au Sénégal, tout est question de relations et de carnet d'adresses. Il s'y ajoute qu'il existe, dans notre pays, des personnes qui veulent le beurre et l'argent du beurre. On avait élargi, un moment. Finalement, l'on s'est rendu compte que notre comité local, riche seulement de dix membres, pouvait largement faire l'affaire. C'est une équipe rompue à la tâche, avec un capital d'expériences non négligeable, essentiellement composé d'individus responsables et polyvalents. Je profite de vos colonnes pour les féliciter et leur rendre un vibrant hommage.

Wal Fadjri : Des manquements ont été observés au niveau du volet communication. Qu'est-ce qui sera fait à ce niveau ?

Babacar Fall : A l'issue de chaque grande organisation, il est de coutume de faire le bilan et de rectifier en conséquence. Même si à mon humble avis, il n'y a eu aucun manquement au niveau de la communication, comme pour les autres points à revoir, nous allons plancher sur cette question.