Lille Métropole aux côtés de l’Unesco pour préserver Saint-Louis du Sénégal



La coopération décentralisée avec l’Ile Saint-Louis du Sénégal s’accélère et se renforce. Déclinée en quatre volets bien distincts mais complémentaires, elle a été prolongée jusqu’en 2006.


Si elle était lancée depuis plusieurs années, cette coopération restait suspendue à l’obtention de financements. La bonne nouvelle tombe au début de l’année : le ministère des affaires étrangères annonce qu’il financera le programme à hauteur de 237 200 € [155 236 488 FCFA](près de 35 % du montant total).

Dès lors, les rencontres s’enchaînent. En mars 2004, représentants de Lille Métropole Communauté Urbaine et de Saint-Louis adaptent le programme à cette nouvelle donne. Cette adaptation est formalisée en juillet à l’occasion de la venue dans la métropole d’une délégation sénégalaise composée de deux élus et de trois techniciens. Enfin, du 11 au 15 octobre, une mission technique de LMCU fait le point sur place.

Une cartographie numérisée

Envisagée dès 1999, le projet de cartographie revêt une importance capitale. En effet, le
dernier plan cadastral de Saint-Louis date déjà d’une cinquantaine d’années. Il ne correspond plus du tout à la réalité géographique d’une ville étendue dont la population a triplé durant ce demi-siècle.

Il ne s’agit pas de corriger et de compléter les plans, mais bien de les refaire en utilisant une technique de pointe, la numérisation. Les autorités de Saint-Louis ne peuvent cependant assurer seules cette révolution technologique. Elles ont besoin d’un cofinancement et, surtout, de l’aide de spécialistes. La coopération avec LMCU prend alors tout son sens. La Communauté urbaine est en effet devenue un expert reconnu en la matière. Maintenant que les financements ont été annoncés – le ministère français des affaires étrangères prendra à sa charge la moitié des coûts estimés à 150 000 € -, elle participera à la rédaction du cahier des charges, suivra la mise en œuvre du programme et formera les cartographes sénégalais. A moyen terme, à la fin de l’année 2005, Saint-Louis sera ainsi la première ville d’Afrique de l’Ouest à être dotée d’une cartographie numérique.

Un bureau du patrimoine

Le développement de ce logiciel facilitera à n’en pas douter la poursuite du programme de protection et de réhabilitation des bâtiments de la ville. Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, Saint-Louis fait actuellement l’objet d’un inventaire mené par l’Ecole d’architecture de Lille. Avec l’appui technique de LMCU, l’équipe remplit une base de données taillée sur mesure qui servira également d’outil de gestion. LMCU formera d’ailleurs les Sénégalais à l’utilisation de ce logiciel.

Ce travail devrait être achevé l’an prochain. Il servira de référence à l’établissement d’un plan de sauvegarde auquel sont associés différents partenaires : Unesco, ministère français de la culture, LMCU et autorités locales. Au Sénégal, une opération de ce type est décidée et financée par l’Etat, mais le suivi quotidien relève de la municipalité. Il est donc important que les acteurs sénégalais puissent travailler ensemble. Les Français et l’Unesco se sont employés à faciliter cette concertation. Ils ont obtenu un premier résultat : un bureau du patrimoine a été ouvert, sorte de guichet unique du patrimoine de Saint-Louis. Une Maison du patrimoine pourraît même être aménagée dans une ancienne demeure coloniale.

Ainsi, une nouvelle impulsion a été donnée à la coopération décentralisée avec Saint-Louis. Elle touche également les deux autres volets du programme : voirie-assainissement et planification urbaine. LMCU apporte là encore son expertise technique et aide à trouver la méthode appropriée.

Les missions de l’Etat sénégalais sont plus étendues que celles de l’Etat français tant et si bien que Lille Métropole Communauté urbaine joue souvent un rôle charnière et qu’elle peut se vanter d’avoir mis en synergie les ministères sénégalais et les services municipaux de Saint-Louis.