| Ababacar Sédikh Sy, nouveau président
de la Linguère de Saint-Louis : INTERVIEW Propos Recueillis Par Babacar Maurice Ndiaye
En effet, reconnaissent tous les dirigeants, la saison sportive 2003/2004 n'a pas répondu aux attentes des supporters et sympathisants, malgré tous les efforts et sacrifices consentis. Avec sa décision de céder le fauteuil de président (voir par ailleurs), au bout de 2 ans à la tête de ce club, Me Alioune Abatalib Guèye confirme qu'il est au premier chef responsable de cet échec. A l'issue de l'assemblée générale tenue dimanche dernier, c'est à l'unanimité qu'Ababacar Sedikh Sy, directeur de Sup de Co à Dakar, a été choisi comme nouveau président. Ainsi une nouvelle page est ouverte et les défis à relever sont nombreux. Mais le combat primordial est la remontée en division 1. Dans l'entretien exclusif qu'il nous a réservé, le tout nouveau président de la Linguère a défini sa feuille de route. Comment avez-vous accueilli le choix porté sur vous pour présider aux destinées de la Linguère ? D'abord dans une vive émotion, mais surtout avec beaucoup d'humilité et de reconnaissance de ceux qui ont eu l'amabilité et la confiance de m'appeler pour travailler pour le club phare de ma ville natale, Saint-Louis. Je suis un homme de défis et je sais qu'il y a énormément de défis à relever. Il s'agira dans un premier temps de rassembler tous les Saint-Louisiens autour de l'équipe, en redonnant de l'espoir aux jeunes. Il faut en quelque sorte créer un vaste déclic à travers l'union sacrée des coeurs, en n'excluant personne. Bien entendu, il s'agira aussi d'élargir les bases sociales du club, en définissant un nouveau contexte relationnel. Pour cela, il va falloir un changement de mentalité et de style dans le fonctionnement et la gestion du club. En somme, il nous faut moderniser le club en nous appuyant sur l'énorme potentiel que possède la ville de Saint-Louis en termes de ressources humaines et de son passé sportif. Un défi important vous attend, à savoir faire remonter la Linguère en division 1 de football puisque sur le terrain la relégation est effective. Comment comptez-vous vous y prendre ? C'est vrai que c'est un gros dossier dont j'ai hérité en acceptant de présider aux destinées du club. Il faut maintenant travailler quelles que soient les circonstances. Nous allons recruter un entraîneur de haut niveau et des joueurs capables de propulser la Linguère en fonction de nos moyens, en mettant un budget prévisionnel, tout en nous organisant pour trouver les ressources nécessaires pour atteindre tous les objectifs que nous nous sommes fixés. Nous allons compter sur la re-mobilisation des supporters, sur des sponsors, sur la municipalité, le conseil régional, et les Saint-Louisiens d'ici et d'ailleurs. Beaucoup de Saint-Louisiens ne vous connaissent pas dans ce mouvement sportif ? (Rires) J'ai toujours été dans le mouvement associatif, en étant secrétaire général du conseil d'administration de la Linguère de 1997 à 2000. J'ai toujours travaillé pour la Fédération sénégalaise de tennis dont j'ai été un pratiquant. Mais avant j'ai joué au Réveil, puis au Brack comme tout jeune du quartier Nord de l'Ile sous l'encadrement du défunt Mawade Wade à qui je rends un vibrant hommage pour avoir contribué à façonner ma vie sportive. En fait, vous héritez d'un club en pleine léthargie dans toutes les disciplines sportives. Quelle politique sportive allez-vous mettre pour redresser la barre ? Je vais recoller les morceaux. Dans l'animation du club, je vais essayer de ramener tous les cadres qui aiment le sport pour accompagner ma démarche. Et c'est l'appel vibrant que je lance à tous les fils de Saint-Louis pour une vaste adhésion afin de travailler avec moi. Je compte également faire revivre toutes les sections de la ville et à l'intérieur du Sénégal, voire à l'étranger pour une synergie au profit de notre entité sportive commune, pour rallumer le flambeau du football saint-louisien. Dans cette perspective, il s'agira de redonner vigueur à toutes les disciplines comme le hand-ball où nous jouons les premiers rôles au niveau national. En natation aussi, ce qui est la moindre des choses pour une ville entourée d'eau. La boxe, l'athlétisme, le volley-ball et les autres disciplines qui faisaient naguère toute la fierté du sport saint-louisien au Sénégal et en Afrique seront relancés. Mais cela va nécessiter un gros budget ; est-ce que vous aurez les moyens de cette politique ? Je vous disais, plus haut, que tout dépendra de ce que les Saint-Louisiens voudront. S'ils veulent rebâtir un nouveau club, il leur faudra adhérer à mon projet. En ce qui me concerne, j'ai des relations et je compte établir un vaste partenariat avec des clubs européens à travers un programme d'échanges et de collaborations pour trouver des moyens additionnels. Par exemple, comme vous l'aviez évoqué, il y a eu ces partenariats entre la Linguère et le club turc de Galatasaray qui n'a pas abouti. C'est un dossier que je vais examiner pour savoir la suite à lui donner. Car il me semble être un partenariat intéressant. Ensuite, nous allons rencontrer le maire de Saint-Louis, le président du conseil régional pour discuter sur un contrat d'appui à mettre en place pour un appui financier plus substantiel. Car nous pensons qu'il y a des centaines de jeunes Saint-Louisiens à qui il faut former dans la pratique sportive avec la création d'un centre de formation. Il nous faut aussi avoir un siège fonctionnel, promouvoir les petites catégories puisque Saint-Louis est réputée être un vivier. Il y a aussi un gros problème d'infrastructures sportives adéquates à Saint-Louis. Que préconisez-vous pour y remédier ? Je crois que l'Etat sénégalais est conscient de ce problème ; car il n'est pas possible de développer le sport sans infrastructures viables. Nous serons un élément déterminant de conscientisation et d'impulsion pour que Saint-Louis ait des infrastructures qu'elle mérite. C'est-à-dire, un stade omnisports digne de ce nom. Et j'ai bon espoir au vu de tout ce qui se fait pour la promotion de notre ville. C'est donc assurément une nouvelle page que vous allez ouvrir avec votre élection à la présidence de la Linguère ? Je dois préciser que je n'étais pas candidat. Il y avait beaucoup de hauts cadres Saint-Louisiens qui ont convoité le poste. Mais on m'a fait appel et après mûre réflexion, j'ai accepté pour l'intérêt de ma ville ; avec pour objectif premier de réaliser très rapidement l'union sacrée, en m'attelant de toutes mes forces à convaincre tout le monde que ce qui nous unit est beaucoup plus fort et plus profond que toutes les susceptibilités à fleur de peau, et que tout ce qui nous divise, nous Saint-Louisiens. Il faut taire les querelles. Et je pense que si l'on a fait appel à moi, c'est que je suis un rassembleur. C'est pourquoi aussitôt après mon installation, j'ai refusé de constituer un bureau ainsi que l'on me l'a proposé. Je compte travailler avec les compétences et des hommes intègres que je vais consulter pour mettre en place un nouveau bureau dans trois semaines. Il nous faudra faire un travail de qualité et dans la rigueur, pour une gestion transparente et fiable des affaires financières et administratives de la Linguère de Saint-Louis. "
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