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Maria Magdalena
Diop, miss Sénégal 2005 :
C'est la question que posaient certains collègues qui n'étaient pas encore dans le coup. En voyant Maria Magdalena Diop, on estime avec juste raison qu'elle sera une bonne ambassadrice de la beauté sénégalaise au cours de l'année à venir. Elle a été sacrée le 9 juillet dernier au Méridien Président. Quelques semaines après son sacre Maria Magdalena Diop que nous avons invitée au quotidien Le soleil, répond à nos questions avec gentillesse, mais surtout avec une précision et un sens de la concision qui n'étonne pas chez une « matheuse ». Qu'est ce qui vous a poussé à vous présenter à Miss ? Ca fait longtemps déjà qu'on me disait de me présenter à ce concours. Je me suis décidée cette année avec l'influence de certains amis, de mon entourage. Je me suis dit pourquoi pas. C'était une expérience enrichissante. Et ça s'est bien passé . Aujourd'hui je ne regrette rien. Comment s'est passé le concours ? D'abord je suis passée première lors des éliminatoires au niveau communal à Saint-Louis, ensuite je me suis présentée au niveau régional. J'étais arrivée ex -Ãoequo , et la fille qui était élue était mauritanienne. C'est après qu'on a découvert qu'elle n'avait pas la nationalité sénégalaise et donc elle a été éliminée. Comme j'étais élue première dauphine, je devais porter le titre de Miss Saint Louis. Et puis je suis arrivée à la finale nationale que j'ai remportée. Qu'est ce que le titre de Miss Sénégal représente pour vous ? Au départ, je me suis lancée comme ça et je ne savais pas où aller. Maintenant je me rends compte que c'est beaucoup de responsabilité, une image à préserver parce que je dois être un exemple. Je porte le titre pour une année certes, c'est quelque chose, mais je ferai en sorte de poursuivre certaines actions et de conserver certaines relations que j'aurais acquise ; pour moi tous les engagements sur le plan social ne s'arrêteront pas au bout d'un an. Quelle a été la réaction de vos parents sur votre candidature ? Ma mère, elle m'a beaucoup poussée et encouragée pour que je me présente et elle a été très heureuse quand j'ai gagné. Mon père non plus n'avait rien contre. Comment avez vous géré le concours par rapport au stress ? En finale régionale à Saint louis j'étais stressée. Mais par contre, lors de la finale nationale j'ai essayé de ne pas trop y penser. Là, j'étais zen. Vous avez des projets par rapport à votre nouveau statut ? Je projette de m'investir dans le social, d'aider les populations de Saint-Louis. Demain (l'entretien s'est déroulé jeudi) je vais aller à Saint-Louis dans le cadre de la lutte contre le choléra pour remettre un don . C'est déjà un premier pas. Je compte aussi aider les enfants de la rue. A Saint-Louis, il y a un centre dirigé par une journaliste de la Fm Téranga et je compte aussi leur venir en aide. Vous disposez de moyens conséquents à la réalisation de vos projets sociaux ? Je suis élue récemment. Pour le moment on installe les choses petit à petit. Je ne suis pas encore entrée en contact avec les autorités , mais après je vais projeter des actions pour aider les populations. Vous préparez- vous à d'autres concours, comme Miss CEDEAO ? C'est pas encore sûr, parce que ça fait deux ans que ce concours n'est pas organisé à cause de problèmes politiques en Cote d'Ivoire. Parlez- nous de vos études. Pourquoi avoir choisi les mathématiques et les sciences sociales ? Je fais Mathématiques Appliquées et Sciences Sociales. C'est après le Deug qu'on choisit une spécialité ,soit Mathématiques Appliquées à l'Informatique ou Mathématiques pures. Pour moi, c'est juste pour avoir une certaine base en maths, parce que j'aimerais faire des études en finance plus tard. Je suis en première année et j'espère bien passer en deuxième année. Les sciences, vous savez , c'est pas spécialement pour les hommes ou pour les femmes, c'est juste des disciplines qui sont pas faciles. Donc, il faut vraiment beaucoup de rigueur et de travail. C'est pourquoi les filles hésitent un peu dans ces disciplines. Pour moi, les sciences sont plus faciles et je suis plus à l'aise là dedans que dans les matières littéraires. J'ai toujours aimé les maths, la physique aussi mais malheureusement je n'en fais plus. Quand on parle de finance, on pense à l'économie , à l'argent ... La Finance c'est quelque chose d'assez recherché. Bien sûr qu'on ne fait pas ça gratuitement. J'ai toujours été intéressée par l'économie, les finances etc. Avez-vous connu un bouleversement sur les études , avec le concours de Miss Sénégal ? Pas du tout, sauf la finale qui a coïncidé avec les périodes de révisions. Heureusement j'avais anticipé. N'avez vous pas peur pour la suite de vos études ? C'est une question d'organisation. Etre miss Sénégal ne peut pas m'empêcher de poursuivre mes études. Comment vous êtes vue actuellement au campus ? Il n'y pas de changement. Les étudiants m'apprécient. Ãa leur fait plaisir de voir que Miss Sénégal est un des leurs. Vous êtes plutôt mince et dans nos cultures africaines les gens préfèrent souvent des femmes avec des rondeurs..... En fait, les miss n'ont jamais été des femmes fortes en corpulence. Je dirais que toutes les femmes sont belles. Il suffit de se mettre en valeur. Chacune à une beauté intérieure, l'apparence importe peu. Je suis naturellement comme ça. Je ne fais pas de régime. Je ne fais rien de spécial pour avoir une taille mince et pour rester ainsi . Je suis comme ça. Quels sont vos hobbies , faites vous du sport ? Je passe le plus clair de mon temps à écouter de la musique afro-américaine, Zouk, Reggae. J'écoute toute sorte de musique, pourvu que se soit de la bonne musique. J'ai baigné un peu dans ce milieu. Mon père écoutait de la musique de tous les horizons, de la musique pakistanaise, orientale, classique . Pour le sport je faisais de l'équitation et de la gymnastique. Mais depuis un certain temps j'ai arrêté. Je ne lis pas beaucoup, mais quand même quelques livres de mon père (son père Aboubacar Diop est propriétaire de maison d'édition Xamal à Saint-Louis). Le mariage, vous en pensez ? Actuellement je n'y pense pas. Je souhaite aller le plus loin dans mes études. Quel est l'homme idéal pour vous ? (Hésitation et Rires ...) Il n'y a pas de caricature d'un homme idéal. Je voudrais juste qu'il soit quelqu'un d'intéressant, qui puisse m'apporter quelque chose. Quelqu'un sur qui je peux compter. Qu'il soit d'un certain niveau intellectuel et que je sois amoureuse de lui. En fait quand on se créé une image , on est toujours déçu à la fin. L'essentiel c'est qu'on soit sûre d'être bien avec la personne avec laquelle on vit. Comment se passe la vie à Saint-Louis ? Saint-louis est une vie assez calme et tranquille. Il n'y a pas beaucoup d'activités. Les gens sont chaleureux. C'est une ville historique, de métissage culturel. Les gens venaient des quatre coins du monde, de l'AOF à l'époque. Et je pense que je suis bien placée en tant que métisse pour représenter Saint-Louis. Les femmes saint-louisiennes sont réputées être très séductrices..... Je pense que ça c'est dû à la chaleur humaine, à la Téranga, l'hospitalité qu'il y a à Saint-Louis. Saint-Louis est aussi réputé sur le plan culinaire. Vous savez préparer du Thiébou Diene ? Oui ! je sais préparer le Thiébou Dien La culture générale est souvent un point faible et cela fait penser au taux très bas de la scolarisation des filles , quel conseil donneriez vous aux filles ? Je leur conseille de poursuivre leurs études, de ne pas s'arrêter. Il faut être ambitieuse. Je ne vois pas l'intérêt de s'arrêter ?. La plupart arrêtent à cause du mariage. Souvent ça tourne mal et elles se retrouvent seules. Il faudrait que les femmes poursuivent leurs études et qu'elles acquièrent une certaine indépendance. Je pense en ce moment que les mentalités changent et les campagnes de sensibilisation ont eu des effets, parce que les parents qui retenaient leurs filles pour aller à l'école ne sont plus réticents. Qu'est ce que vous pensez de la politique ? Je ne me mêle pas de la politique. Mais je suis l'actualité politique plus ou moins. Vous avez une opinion par rapport à l'actualité politique notamment sur l'affaire Idrissa Seck ? J'ai des opinions là dessus, mais je les garde pour moi. Je
ne veux pas me prononcer sur cette question en public. Mon père s'est converti à l'islam il y a trente ans. Je suis musulmane, pas assez pratiquante. |