Muséologie : « La mémoire de l’aéropostale » s’effrite dans l’indifférence

Le Soleil - Mamadou Aïcha Ndiaye - Jeudi 02 Mars 2006

Deux ans aprés son inauguration, le musée offert à la ville de Saint Louis par la ville de Toulouse est en souffrance et du matériel perdu. Le musée de l’Aéropostale qui immortalisait l’oeuvre des Daurat, Saint-Exupéry et Compagnie devient l’ombre de lui même .Un investissement qui est en passe de faire des regrets chez les héritiers de Latécoère.

Saint Louis : Pour rendre hommage aux pionniers de la Ligne aérienne Toulouse- Santhiago du Chili créée par Pierre Georges Latécoère en 1918, l’association « Mémoire de l’Aéropostale », avec le soutien du gouvernement français et d’un certain nombre de partenaires, avait décidé d’offrir des musées sur les différentes escales jalonnant cet itinéraire légendaire.

C’est dans ce cadre que Saint-Louis avait bénéficié d’un important joyau comprenant des cartes, supports audiovisuels, maquettes d’avions, photos, tableaux, sculptures, affiches et documents relatifs à cette aventure.

Acceuilli dans la galerie de l’Institut culturel français en octobre 2004, ce musée sera repris par les services municipaux pour être transféré à l’Ifan de Saint-Louis.

Depuis lors, le musée a perdu de son lustre d’antan. C’est un joyau presque abandonné, à la merci des intempéries et qui pose la problématique de la maintenance des infrastructures et du patrimoine historique . Pourtant, « ce sont des millions qui ont été mobilisés, s’insurge un animateur culturel ». La création de musées sur les Escales Historiques de la Ligne Toulouse-Santhiago de Chili, dont saint-louis était la derniére étape, avait fait honneur aux populations locales.

L’opération »Mémoire d’Aéropostale » s’était réalisée, en collaboration avec le rallye Toulouse Saint-louis-Toulouse qui avait offert, avant l’étape de Saint-louis, les musées de Tarfaya (Cap Juby) à Nouadhibou (Mauritanie) et celui de Rabat (Maroc) .

Le musée de Saint-louis du Sénégal, lui, tombe, aujourd’hui, dans la désuétude et la poussière . IL aurait pu être un lieu de tourisme, de visite et un bon support pédagogique à la portée des élèves et étudiants et voilà qu’il est en passe de soulever bien des regrets.