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Musique : Mamadou Aicha Ndiaye - Le Soleil - Mercredi
05 Avril 2006 Le génie musical de Noura Mint Seymali est à chercher dans sa lignée parentale. Un legs certes, mais son talent inné en est aussi pour quelque chose. Cette fille de musicien, arrière fille de chanteuse, est une griotte qui veut sortir l’héritage traditionnel de sa musique vers la modernité . Noura Mint monte en puissance dans la sous région et son concert à Saint-Louis fera date chez les mélomanes. A part Omar Pène et le Super Diamono, le concert de Noura Mint a battu le record d’affluence des soirées Apéro-musique à l’Institut Culturel Français Jean Mermoz. Une première partie jouée en musique traditionnelle digne de la tradition Hassanya, de la Mauritanie qui a montré la belle voix de Noura Mint. Des chants lyriques, aux accords acoustiques, en passant par l’étalage et l’_expression, de l’ardine, un instrument du patrimoine Arabe, tout un cocktail sonore qui a accroché le public. Les invités ont consommé un menu mélodieux, digeste. Une seconde partie plus jazzy touchant les limites du Rock, sur une orchestration de Philippe Colluchi (guitariste) et du virtuose de la batterie( Youssou Camara),absent de ce concert. Les deux musiciens ont composé plusieurs morceaux du répertoire de Noura Mint qui a sorti son premier album de 11 morceaux l’année dernière, selon le guitariste français. A l’annonce de son concert, à Saint-Louis, la communauté mauritanienne avait manifesté un vif intérêt pour découvrir, sur terre sénégalaise, la prestation de leur idole. Une ouverture dans son registre musical qui a plu aux mélomanes. Une chanteuse habillée en « meulfeu », ce vêtement de voile légére, qui en plus de sa voix a livré une gestuelle délirante, derrière son charme éblouissant. Noura Mint Seymali, âgée de vingt huit ans, rencontrée dans les coulisses après son concert, compte marcher sur les traces de sa célèbre grand-mère, Mounina Mint Eleïyla et faire mieux que son père Seymali Ould Mohamed Vall, professeur de musique. Moderne dans son style plus que son aînée, l’icône Malouma, l’espoir Noura Mint mêle chants traditionnels et créations personnelles qui flirtent avec le jazz Rock. Un mélange de sonorités qui lui a valu ses participations à de nombreux festivals, au concours découvertes Rfi en 2005, selon elle. La tradition Maure « Hassanya » a été visitée à travers cette prestation de bonne facture. Noura Mint Seymali, qui envisage de sortir son prochain album au mois de Juillet, attend toujours un producteur pour mieux affronter les contraintes de la World Music. Une sortie qui a battu le record de la mobilisation dans les quartiers maures de Saint-Louis et les villages que peuple cette ethnie dans les environs de la ville . Un bon concert dont l’organisation avait nourri beaucoup de scepticisme , du fait des coupures intempestives d’électricité. Un lieu rempli par un public très nombreux, obligeant la sécurité à fermer tous les accès de l’institut culturel. Ce fut l’occasion, pour les populations de Saint-louis, de féliciter et d’acclamer cette grande diva mauritanienne. La chanteuse, entourée dans les loges de ses proches et de ses musiciens, a reçu les compliments du Consul Général de France à Saint-Louis. Le style musical novateur de cette artiste a provoqué l’allégresse chez certains de ses admirateurs de la vieille cité, des cris stridents, des locutions arabes témoignant de la pertinence de ses textes. |