Réfugiés mauritaniens
de saint-louis
Une grève de la faim dans la cour de Sud Fm
Walfadjri - Mama Moussa NIANG
Les réfugiés mauritaniens de la région de Saint-Louis
ont débuté hier une grève de la faim, à
l’instar de leurs compatriotes de Dakar. Ils sont plusieurs dizaines
à suivre le mouvement organisé dans les locaux de la station
Sud Fm à Saint-Louis. Sur les lieux, des hommes, des femmes et
des enfants sont couchés à même le sol.
Sur leur visage se lit la tristesse de ces pères et mères
de familles qui souffrent depuis plus de quinze ans de la non-application
du décret du gouvernement du Sénégal relatif à
la prise en charge pendant quinze ans des frais d’alimentation
et de santé des réfugiés. Pour le président
de l’Union internationale des réfugiés mauritaniens,
le gouvernement sénégalais n’a aucun respect pour
les réfugiés. “Nous voulons bénéficier
des mêmes droits que tous les réfugiés, clame Samba
Amadou Niass. La convention de Genève stipule que la reconnaissance
du statut de réfugié doit être appliquée
à tout demandeur d’asile nouvellement arrivé pour
des causes de troubles d’ordre public ou les conflits. C’est
notre cas avec les événements sénégalo-mauritaniens
de 1989. Donc, nous devrons être pris en charge”. Aux termes
de cette traité international, le réfugié est fondé
à réclamer l’essentiel des droits civils et politiques
mais également les droits sociaux et économiques tels
le droit à la santé, à l’éducation,
à l’alimentation et le droit à un abri conformément
aux engagements pris par les Etats et rappelés par la Commission
des Droits de l’homme. “Nous sommes prêts à
mourir pour obtenir l’application de ce décret”,
a lancé Samba Amadou Niass. Dans la région, les réfugiés
de Dagana, Podor, Saldé, Fanay ont suivi le mouvement de grève.
Ils sont dans les différents camps implantés depuis 1989.
A l’époque, ils étaient estimés à
plus de 45 mille âmes.