Grève de faim des réfugiés mauritaniens
A bout du souffle mais décidés à souffrir le martyre

Mamanding Nicolas SONKO - Walfadjri


Les émissaires de la présidence de la République et du ministère de l’Intérieur, encore moins le fax de Mme Viviane Wade, l’évacuation de quatre d’entre eux à l’hôpital, n’ont en rien entamé la détermination des réfugiés mauritaniens à poursuivre leur grève de la faim, jusqu’à satisfaction de leurs requêtes. A Saint-Louis, à Dakar et autres sites où se déroule cette grève, on échange des nouvelles par téléphone portable.

La grève de la faim démarrée depuis deux jours par les réfugiés mauritaniens au Sénégal, enregistre quatre cas préoccupants (trois hommes et une femme) qui ont dû être évacués dans un centre de santé. Les autres poursuivent le mouvement. Ils sont ainsi des dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants au bout du souffle, couchés à même le sol, recouverts de draps, visages rongés par la faim, à leur lieu de regroupement au Point E. "Nous sommes déterminés à mourir dans la dignité, si l'une des recommandations de Genève n'est pas appliquée", martèle Amadou Ndiaye chargé de leur communication.
"Hier révèle, M. Ndiaye, nous avons reçu la visite de deux délégations ; l'une venant de la présidence et l'autre du ministère de l'Intérieur. Ces émissaires dépêchés par leurs supérieurs hiérarchiques, dixit le chargé de communication, étaient venues, disent-elles, s'enquérir de notre situation et s'imprégner de nos revendications. Il y a aussi le fax venu de la part de madame Viviane Wade, nous demandant de surseoir à notre grève, en promettant que des solutions seront très vite trouvées à nos revendications. Mais nous sommes habitués à ces genres de promesses, auxquelles nous ne prêterons plus oreille", clame M. Ndiaye. Ces réfugiés ne supportent plus que des attestations soient délivrées à leurs enfants à la place d'extrait de naissance ou de bulletin. "Et, ces bulletins précise une dame d'une voix faible, ne sont pas acceptés dans les écoles". Le gouvernement de l'alternance comme celui du précédent semble occulter la question des réfugiés pour ne pas gêner la Mauritanie, regrettent les réfugiés. "Nous exigeons la reprise de l'opération de l'octroi des cartes d'identités de réfugiés qu'avait démarré le régime socialiste et arrêté en mars 2000, par le gouvernement de l'alternance".

De Saint-Louis à Dakar, tous les réfugiés vivants en asile au Sénégal ont tenu à respecter la grève de faim. Et par le moyen du téléphone portable, ils se transmettent l'évolution de la situation. C'est depuis les événements sénégalo-mauritaniens de 1989 que ces réfugiés au nombre de milliers vivent dans cette souffrance au Sénégal. "Nous voulons le respect de la signature de la convention de Genève ratifiée par plusieurs pays dont le Sénégal" lancent-ils.