Battling Siki Champion du monde à 25 ans, Battling Siki fut le premier africain à remporter un titre modial de boxe. Par Paul Yange
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Il reprend sa carrière en 1919, et enchaîne 43 victoires, 2 nuls et 1 défaite (au 15è round contre Tom Berry à Rotterdam) en 46 rencontres au cours des 4 années suivantes. François Deschamps, le manager du champion du monde des poids mi-lourds, Georges Carpentier, a assisté à la victoire de Siki sur Marcel Nilles et pense que Siki sera un adversaire « à la portée » de Carpentier. Le combat a lieu le 22 septembre 1922, et Siki est le premier boxeur noir depuis 7 ans à disputer un championnat du monde de boxe. Carpentier, l’idole de toute la France, boxe pour la première fois au pays depuis 3 ans. Siki semble être un parfait faire-valoir. 40 000 personnes sont massées au stade Buffalo de Montrouge pour assister au spectacle. Le début du combat semble donner raison au manager de Carpentier puisque Siki va deux fois « au tapis » lors des deux premiers rounds. Carpentier, grisé par le début du combat aurait prononcé la fameuse phrase : « dépêchons nous donc, il va pleuvoir » ! Siki retrouve son punch lors du troisième round, au cours duquel il envoie Carpentier au tapis. A partir de ce moment, Siki domine le combat et l’ironie change de camp lorsqu’il chambre Carpentier en lui disant « vous ne frappez pas très fort monsieur Georges » ! Au 6è round, Siki envoie définitivement Carpentier au tapis en lui assenant un uppercut du droit. L’arbitre disqualifie dans un premier temps Siki pour une obscure raison, avant de revenir sur sa décision 20 minutes plus tard, sous la pression de la foule qui manifeste sa désapprobation, prenant fait et cause pour Siki dont la victoire est nette.Siki, (qui est français puisque le Sénégal est à l’époque une colonie française), devient le premier africain champion du monde de boxe. Le manager de Carpentier fait appel le 26 septembre, prétextant une « faute » sur son poulain. L’appel est rejeté. |
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| Malgré une certaine popularité, (une de ses apparitions publiques à Paris provoque des attroupements pendant plus d’une heure), Siki n’échappe pas au racisme. Certains journaux l’appellent le "championzee" ou "l’enfant de la jungle". Un autre journal, "l’intransigeant", publie un récit dont le titre est : "Siki donnerait la moitié de ses victoires pour devenir blanc". Le manager de Siki n’est pas en reste puisqu’il déclare dans la presse que "Siki a du singe en lui". Le boxeur africain répond aux attaques en disant que "beaucoup de journalistes ont écrit que j’avais un style issu de la jungle , que j’étais un chimpanzé à qui on avait apprit à porter des gants. Ce genre de commentaires me font mal. J’ai toujours vécu dans de grandes villes. Je n’ai jamais vu la jungle." Malgré ce court moment d’introspection, Siki ne prête pas trop attention à ce qui s’écrit dans les journaux, et profite de la vie. Selon la légende, il lui arrive de se balader dans les rues de Paris en tenant un lion en laisse (!), de tirer quelques coups de feu en l'air après avoir abusé de liqueurs dans les plus célèbres clubs et restaurants de Paris. Il aime l’alcool, les vêtements extravagants et les femmes blanches (ses deux femmes seront d’ailleurs blanches), ce qui n’est pas toujours bien vu à l’époque. Battling Siki remet son titre en jeu contre un boxeur irlandais, en Irlande, le jour de la St-Patrick, en pleine apogée de la guerre civile irlandaise. Des coups de feu et des explosions se produisant à l’extérieur de la salle sont audibles pendant le combat. Toujours est-il que sur le ring, Mike Mc Tigues est déclaré vainqueur par les arbitres après un match très serré qui est allé jusqu’au 20è round et sa victoire, selon les observateurs, n’est pas due à un "arbitrage à domicile". |
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