Le cri d’alarme du maire de Saint-Louis pour sauver sa ville « en danger »

 

Le cri d’alarme du maire de Saint-Louis pour sauver sa ville « en danger »

Plage de Guet n'adr a saint louis senegal

 

27 octobre 2009 - APA – Paris (France)

 

Cheikh Bamba Dièye, maire de la ville de Saint-​​Louis, nord du Sénégal, a lancé dimanche à Paris, un véritable cri d’alarme pour la sauvegarde du patrimoine culturel et environnemental de l’ancienne capitale du Sénégal qui serait de plus en plus en danger du fait de l’action combinée de l’homme et de la nature.

«Saint-​​Louis est en danger du fait du dérèglement climatique et de l’érosion côtière », a notamment déclaré l’édile de la première capitale du Sénégal au cours d’une rencontre avec des immigrés sénégalais de France.

«Il s’y ajoutait le fait que l’Etat a commis l’énormité d’ouvrir une brèche d’un mètre 50 et qui fait aujourd’hui un kilomètre et qui a complètement englouti l’île de Doun Baba Dièye où les populations doivent être évacuées. Certaines le sont déjà », a t-il notamment ajouté.

Comme Rufisque, autre ville coloniale où la mer pourrait, à l’en croire, être d’ici à 20 ans au niveau de la route nationale, il estime que concernant Saint-​​Louis, « on risque de voir la Langue de barbarie disparaître ».

«Et il est inimaginable de voir Saint-​​Louis sans sa langue de barbarie. De voir Saint-​​Louis sans l’île de Saint-​​Louis. Ce ne sera plus Saint-​​Louis, mais c’est autre chose que nous aurons », a t-il précisé se demandant par ailleurs « où est passée la Pointe de Sangomar ? ».

«Elle (la Pointe de Sangomar ) a complètement disparu. Et ce n’est pas seulement ça. Ce sont des centaines d’habitants et d’habitations qui ont disparu. La dernière fois c’était Rufisque. Et certainement bientôt ce seront les côtes de Gohoumbath à Saint-​​Louis », a tenu à prévenir Cheikh Bamba Dièye.

Rappelant aussi que l’état de dégradation du vieux pont Faidherbe a atteint en l’intervalle de trois ans celui qu’il aurait dû atteindre en 20 ans, il a par ailleurs pris le soin de préciser que la responsabilité des autorités est « limitée » dans cette morte programmée du patrimoine saint-​​louisien.

Pour lui, « la responsabilité est internationale et il est bon que tout le monde le sache ». « Elle est, poursuit-​il, d’abord occidentale parce que les émissions de gaz carbonique, l’effet de serre c’est le propre des pays industrialisés. Et c’est nous qui en payons le prix fort ».

«Il était important, en tant que maire, que je puisse tirer la sonnette d’alarme pour qu’en direction de Copenhague les gens soient dans les dispositions d’aller dire aux autres leurs responsabilités », a ajouté l’édile député qui estime que « la communauté internationale pour les fautes commises a les moyens de mettre aujourd’hui en protection les 700 km de côtes sénégalaises ».

«Mais cela dépendra, a t-il prévenu, d’un lobbying fort de l’Etat sénégalais, d’un lobbying fort des populations vivant le long de la côte qui sont extrêmement en danger ».

 

 

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2010 Saint-Louis du sénégal - Photos © D.R