Sahel Découverte
Saint-Louis :
Des faussaires nigérians arrêtés par la police

 

Paru le Samedi 4 Nov 2006 - l'OBS
EL HADJI TALL


Les limiers du commissariat central de Saint-Louis ont démantelé un vaste réseau de prostituées nigérianes qui utilisaient de fausses cartes consulaires, dans la nuit du 01 au 02 novembre 2006. C’est la nommée Anna Amagbague, née en 1974 et qui habite dans une auberge dans le faubourg de Sor, qui a été cravatée au cours d’une opération de sécurisation menée par les policiers de la brigade des recherches du commissariat central. La Nigériane qui disposait d’un carnet de santé valable, faisait du racolage vers les coups de 04 heures du matin. Une fouille corporelle de la prostituée permettra aux policiers de trouver une fausse carte consulaire dans sa sacoche. C’est ainsi que de fil en aiguille, les hommes du commissaire Adama Diédhiou cravateront le reste de la bande avant de les déférer au parquet hier soir pour faux et usage de faux.


C’est un véritable réseau de faussaires entretenu par des Nigérians que les policiers du commissariat central de Saint-Louis ont réussi à démanteler. Au cours d’une opération de sécurisation dans l’île, Anna Amagbagué qui a quitté son Nigeria natal pour venir exercer à Saint-louis le plus vieux métier du monde a été interpellée. Elle était en règle, puisqu’elle détenait un carnet de santé. Seulement, les limiers ne se sont pas limités à cela, car ils ont fouillé la prostituée et tomberont sur une carte consulaire qu’Anna gardait dans son sac. Après vérification, les policiers douteront de l’authenticité de la carte, d’autant plus que la fille a déclaré n’avoir pas apposé sa signature sur la carte. Pire, elle révélera aux limiers qu’elle est venue au Sénégal sans passeport. Or, pour disposer d’une carte consulaire, il faut avoir un passeport. Là, les flics savaient qu’ils avaient en face d’eux, une étrangère qui n’était pas en règle. Embarquée dans le panier à salade, Anna a, une fois au commissariat, balancé les noms de ses compatriotes qui étaient dans la même situation qu’elle, avant de livrer le nom de Adédoku Akim Adesina, un Nigérian né en 1955 et qui exerce le métier de coiffeur. Elle avouera aux limiers que c’est ce gars qui lui a confectionné la carte consulaire, moyennant la somme de 15.000 francs. Elle indique la piaule de Adédoku qui avait un prête-nom sénégalais. Il se faisait appeler Abdoulaye. C’est le même jour vers 9 heures que les flics feront une descente inopinée à Bayal pour interpeller le reste de la bande. Adédoku Akim n’était pas sur les lieux, mais les policiers ont pris dans leurs filets la nommée Obi Joy née en 1974 et un autre Nigerian du nom de Alabiyi Opeyem qui exerce le métier de tradipraticien à Richard-Toll et qui était de passage à Saint-louis. Durant l’interrogatoire, Obi a soutenu qu’elle a payé 10.000 francs Cfa à Houstin, autre nigérian. Pour sa part, le tradipraticien qui roucoulait avec la prostituée Obi soutient qu’il a payé 3.000 pour bénéficier d’une carte consulaire. Puisqu’ils séjournent illégalement au Sénégal, les deux prostituées et leur compatriote ont été déférés hier au parquet. Akim qui a fait venir les prostituées à Saint-louis pour les faire travailler sous ses ordres s’est volatilisé dans la nature. Avant de quitter son domicile, les policiers réussiront à mettre la main sur sa carte consulaire qui était périmée. Rappelons qu’en 2002, un Nigerian qui s’appelle Mahomet a été arrêté à Saint-louis avec des cachets de l’ambassade du Nigeria qui lui permettaient de confectionner de fausses cartes consulaires.

 

 

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2010 Saint-Louis du sénégal - Photos © D.R