Il est dangereux de partir en zone de transmission
intense de paludisme sans une prise régulière
d'un traitement préventif, en particulier pour
les enfants et les femmes enceintes qui ont un risque
accru d'accès grave.Laccès de paludisme
Traitement par le voyageur
Aucun moyen préventif n'assure à lui seul
une protection totale et, même si un traitement
adapté a été bien pris, il est possible
de faire une crise de paludisme, parfois d'apparition
tardive.Les premiers symptômes sont souvent peu
alarmants mais le paludisme peut être mortel si
son traitement est retardé. En cas de fièvre
même légère, nausées, maux
de tête, courbatures ou fatigue au cours du séjour
ou dans les mois qui suivent le retour, un médecin
doit être consulté en urgence. La prise d'un
échantillon de sang est nécessaire pour
confirmer le diagnostic. Toute fièvre au retour
des tropiques doit être considérée
a priori comme un paludisme jusqu'à preuve du contraire.La
prise pendant le séjour d'un traitement antipaludique
par le voyageur de sa propre initiative doit rester l'exception
et ne doit s'envisager qu'en l'absence de possibilité
de prise en charge médicale dans les 12 heures
qui suivent l'apparition de la fièvre. Il devra
avoir été prescrit par un médecin
consulté avant le départ.La possession d'un
médicament de réserve peut se justifier
lors d'un séjour de plus d'une semaine avec déplacements
en zone très isolée.
Si le voyageur est amené à prendre de lui-même
un tel traitement, il devra de toutes façons, consulter
un médecin dès que possible.
Un traitement de réserve ne doit jamais être
pris au retour en France sans consultation médicale
et sans un examen sanguin préalable.
Traitement préventif
:
Il est aussi important de se protéger
contre les piqûres de moustiques que de prendre
un médicament préventif, y compris pour
les personnes, originaires des pays où sévit
le paludisme, qui résident en France depuis plusieurs
années.
Le traitement préventif tient compte des zones
visitées, de la durée du voyage et aussi
de la personne : 1'âge (enfants, personnes âgées),
les antécédents pathologiques, une intolérance
aux antipaludiques, une possible interaction médicamenteuse,
une grossesse (ou son éventualité).
Les pays classés dans le groupe 0 sont exempts
de risque (zones sans paludisme pas de traitement préventif).
Tous les autres pays sont classés en groupe 1,
2 et 3 selon la fréquence de la résistance
aux médicaments antipaludiques. Il est donc nécessaire
de prendre selon la zone visitée, un traitement
préventif adapté, qui ne peut être
délivré que sur prescription médicale.
Pays du groupe 1 : zone sans chloroquinorésistance
: chloroquine (Nivaquine®)
Pays du groupe 2 : zone de chloroquinorésistance:
chloroquine (Nivaquine®) et proguanil (Paludrine®)
Pays du groupe 3 : zone de prévalence élevée
de chloroquinorésistance ou de multirésistance:
Méfloquine (Lariam®)
A partir de la liste des pays, vous pourrez accéder
aux indications sur la nature du (ou des) médicament(s)
indiqué(s) pour chacun deux.
Cas particuliers :
ils sont indiqués pour chacun
des pays concernés.
En effet, il est important de savoir que la répartition
des zones de résistance de Plasmodium falciparum
telle qu'elle est indiquée pour chacun des pays
doit être nuancée, en tenant compte de
la région visitée, des conditions de séjour,
de la saison, des particularités locales.Ainsi,
d'une manière générale, pour un
court séjour touristique ou professionnel (inférieur
à 8 jours) en zone de faible risque de transmission,
le traitement préventif n'est pas indispensable
à condition de respecter scrupuleusement les
règles de protection anti-moustiques et d'être
en mesure, durant les deux mois qui suivent le retour,
de consulter en urgence en cas de fièvre, en
signalant la notion de voyage en zone à risque
de paludisme.
Risque de piqûres de
moustiques :
Les anophèles (moustiques vecteurs
du paludisme) piquent habituellement entre le coucher
et le lever du soleil : c'est pendant cette période
que la protection doit être maximale.
Les premières mesures
sont :
porter des vêtements longs le
soir,
dormir dans des pièces dont les ouvertures
(fenêtres, portes) sont protégées
par des grillages-moustiquaires en bon état,
éviter de sortir la nuit, même un court
moment, sans protection anti-moustiques (il ne faut
pas dormir la nuit à la belle étoile
sans moustiquaire)
Ces mesures sont, malgré tout, insuffisantes,
à elles seules, pour la prévention du
paludisme.
Il faut aussi utiliser
des insecticides le soir :
dans les chambres : diffuseur électrique
avec tablettes ou flacon de liquide (penser au kit
d'adaptation de prises de courant) ou bombe insecticide.
A l'extérieur ou dans une pièce aérée,
on peut utiliser des tortillons fumigènes.
Le fait d'utiliser la climatisation, qui réduit
l'agressivité des moustiques mais ne les
empêche pas de piquer, ne doit pas dispenser
d'utiliser des insecticides.
Dormir sous une moustiquaire imprégnée
d'insecticide (deltaméthrine ou perméthrine).
La moustiquaire imprégnée d'insecticide
assure la meilleure protection contre les piqûres
de moustiques nocturnes. Elle doit être en
bon état (pas de déchirure) et utilisée
correctement (soit bordée sous le matelas,
soit touchant le sol). On peut se procurer des moustiquaires
déjà imprégnées en pharmacie
ou dans les magasins d'articles de voyage ou les
imprégner soi-même avec des kits d'imprégnation
disponibles en pharmacie. La durée d'efficacité
du produit est de 6 mois.
Les vêtements ainsi que les toiles de tente
peuvent être imprégnés par pulvérisation
(spray) ou par trempage (I'insecticide utilisé
doit alors être la perméthrine). On
peut se procurer en pharmacie des flacons vaporisateurs
de perméthrine. La pulvérisation se
fait sur les parties externes des vêtements.
Utiliser des répulsifs (insectifuges ou repellents)
sur les parties découvertes du corps. Les
plus efficaces sont ceux qui contiennent de l'E.H.D.,
du D.E.E.T., du D.M.P. ou du 35/35. Dans une même
marque de produits la concentration en principe
actif varie selon la présentation : lotion,
crème, spray ou stick.
L'application du produit doit se faire dès
le coucher du soleil sur toutes les parties découvertes
du corps, visage compris, ainsi que sur les parties
pouvant se trouver découvertes à l'occasion
de mouvements.
La durée de la protection varie de 2 à
5 heures : elle dépend de la concentration
du produit et de la température extérieure.
Les applications seront renouvelées plus
fréquemment en fonction de la transpiration
ou des bains et des douches.
Ces produits peuvent être toxiques s'ils sont
ingérés : éviter tout contact
avec les muqueuses buccales ou oculaires.
La pulvérisation de répulsif sur les
vêtements est possible mais de courte efficacité
(2 heures) car le produit est volatil.
Jeunes enfants, on préférera utiliser
un répulsif à base d'éthylhexanediol
à 30 %.
Femmes enceintes
: les répulsifs sont déconseillés
:
Les femmes enceintes ont un risque
accru d'accès grave. Il leur est donc déconseillé
de se rendre en zone de forte transmission de
paludisme ou de multirésistance (pays du
groupe 3)
Si le voyage ne peut être évité
il faut renforcer les mesures de protection contre
les moustiques et adapter les traitements.Traitement
préventif pour les femmes enceintes:
Pays du groupe 1: chloroquine (Nivaquine®
100).
Pour les pays du groupe 2 et du groupe 3: soit
chloroquine (Nivaquine® 100) et proguanil
(Paludrine® 100), soit 1'association chloroquine-proguanil
(Savarine®).
Certains antipaludiques sont contre-indiqués
durant la grossesse (méfloquine, doxycycline).
Il est impératif d'assurer et de poursuivre
une contraception efficace dans un délai
de 3 mois après la dernière prise
de méfloquine ou d'une semaine après
la dernière prise de doxycycline.
La vaccination contre la fièvre jaune est
déconseillée pendant toute la durée
de la grossesse. Mais si le voage en zone d'endémie
ne peut être reporté, la vaccination
est nécessaire en raison de la gravité
de la maladie.Un voyage avec de très jeunes
nourrissons dans les pays tropicaux dans les conditions
précaires est à déconseiller
s'il peut être différé.
26-04-2008
Photo : Fretback
Ce
vendredi 25 avril 2008, la Journée africaine contre le paludisme est
devenue une Journée mondiale. La mutation planétaire de l’événement ne
masquera pas le faible intérêt que porte encore la ‘communauté
internationale’ à une maladie pourtant responsable du décès d’un enfant
de moins de cinq ans toutes les trente secondes, selon l’Organisation
mondiale pour la santé (OMS); mais s’il reste énormément d’efforts à
fournir pour enrayer le fléau -un tiers seulement des besoins est
couvert, la prise de conscience grandit, et quelques succès sont
encourageants [Lire… ]. Au Sénégal, le paludisme reste
malheureusement la première cause de mortalité. Une exception :
Saint-Louis, une bizarrerie de plus qui fait de la cité du fleuve
Sénégal un cas particulier n’infirmant en rien la règle sub-saharienne,
est une ville faiblement impaludée ; encore un petit coup aux idées
reçues et aux croyances que toute fièvre serait le fait des célèbres
moustiques vecteurs, les anophèles ! Ces dernières années, plusieurs
études (collecte massive des insectes dans tous les quartiers de la
commune) ont donné des résultats surprenants : la prévalence
parasitaire ne touche que 10% des Saint-louisiens, mais déjà 30% des
riverains du Lampsar, et 50% des habitants de Podor. Et cela
s’explique…
Comme toutes les zones
d’eaux, la vallée du fleuve Sénégal est un biotope favorable aux
moustiques. Trois espèces y ont été identifiées : le culex ; l’aedes –ce petit moustique sombre à pattes mouchetées de blanc, particulièrement vorace et tenace ; et l’anopheles –la fameuse anophèle dont la femelle est le terrible vecteur du
parasite plasmodium déclencheur du paludisme. Chacune des espèces a ses
préférences environnementales favorables à son développement. Le
moustique aedes affectionne les eaux sales et croupies, les
canaux non curés, et s’il n’est aucunement vecteur du paludisme, il est
responsable de différentes fièvres comme la fièvre jaune et les
dengues. On comprendra vite qu’il est, en certaines saisons propices à
la formation de mares et flaques souillées (surtout en fin de mousson),
le moustique le plus commun à Saint-Louis. Quant aux redoutées
anophèles, vaste groupe de moustiques propagateurs du paludisme, la
région du Fleuve en héberge trois espèces, les anopheles gambiae, funestus et pharoensis. En amont, le lac de Guiers et ses eaux douces sont des foyers très importants des deux premières espèces, la funestus goûtant les milieux sans sel et riches en végétation aquatique comme le
typha. Si la période de sécheresse des années 70-80’ avait quasiment
anéanti l’espèce, la construction des barrages de Manantali (Mali) et
Diama (Sénégal) l’ont fait réapparaître dans les années 90’ ; une étude
au lac de Guiers en 2004 l’avait trouvée abondante mais pas infectée
par le parasite plasmodium, parce que trop jeune. En 2006, la funestus était déjà vecteur, et sa prévalence chez les humains aussitôt élevée ! Quant à la commune gambiae (et ses sous-espèces gambiae, arabiensis et melas),
elle-même vecteur de paludisme, c’est une espèce d’anophèle ubiquiste,
qui s’adapte bien y compris aux milieux salés ou saumâtres – en théorie
comme le delta saint-louisien, car...
Les
moustiques ont besoin d’eau et de chaleur pour s’épanouir. Et de
‘proies’, leurs humaines victimes, surtout. Dans la vallée du fleuve,
l’endémisme des insectes est aussi tributaire des saisons et des
températures. Tous les Saint-louisiens savent bien qu’en dehors de la
saison des pluies -‘l’hivernage’ et ses suites, surtout de juillet août
à décembre-, ‘l’animal’ reste très sensible aux aléas climatiques,
bientôt plus sensible aux sautes de températures qu’aux insecticides du
genre DDT ; il suffit, comme en ce mois d’avril, que les alizés
atlantiques refroidissent l’atmosphère pour qu’il disparaisse presque
totalement ; une canicule, et c’est l’explosion des populations…
Jean Biram Saar - Photo : Eddy Graëff
Quelques
étonnements : à la suite d’une vaste collecte de moustiques dans les
quartiers de Saint-Louis en 2005, un jeune chercheur avait eu
l’agréable surprise de ne trouver que trois anophèles gambiae, à Medina Courses, à Sor. Même si l’on peut trouver l’arabiensis en saison des pluies. Quant à la melas,
il faut atteindre Bango et les berges d’eau douce du Lampsar pour la
‘rencontrer’. Une certitude : plus on s’éloigne de Saint-Louis, plus le
niveau d’endémicité des anophèles s’élève, plus le paludisme touche les
Hommes. En 1999-2000, la commune de Saint-Louis n’avait de
prévalence parasitaire que chez 10% de ses 170 000 habitants ; au
niveau de la rivière Lampsar, les taux grimpaient déjà à 30% ; à 200
kilomètres du delta, la région de Podor dépassait les 50% de
contaminations. L’immuno-épidémiologiste Jean Biram Saar, du laboratoire de l’ONG « Espoir pour la santé », sise à Sor, qualifie les cas saint-louisiens d"'importés"
: des voyageurs, des commerçants itinérants, souvent des éleveurs venus
du Fouta ou du Ferlo. Il confirme surtout l’importance des biotopes
pour la propagation du parasite plasmodium, exemples à l’appui : à
Saint-Louis, environ dix piqûres par Homme et par nuit. Et si le
village de Mbilor, à une vingtaine de kilomètres de Richard-Toll, lui
aussi se contente d’une dizaine de piqûres par Homme et par nuit, au
centre du Sénégal dans la zone de Fatick, à cause des nombreuses mares
pérennes post-moussons, on atteint très vite les 100 piqûres
quotidiennes !
Dernière piste intéressante pour
l’épidémiologie : l’alimentation comme frein au paludisme. Une
sous-alimentation, un système immunitaire fragilisé, et c’est la
vulnérabilité accrue aux accès palustres. A Saint-Louis, l’iode, la
salinité marine, et l’art culinaire réputé ne seraient-ils pas en effet
les meilleurs protecteurs d’une cité privilégiée, bénie des cieux ?
Frédéric Bacuez dit Fretback / Lesaintlouisien.com
Photos : Fretback
Image : DR
La piqûre qui tue…
Photo : Fretback
90
pays et territoires, 3 milliards d’individus susceptibles d’être
affectés par la maladie, 40% de la population mondiale ainsi menacée.
Plus d’1 million de décès annuels, dont 800 000 enfants de moins de
cinq ans, soit un enfant toutes les trente secondes de vie à trépas
pour quelques piqûres de moustiques. Et l’Afrique au sud du Sahara la
première et la plus violemment touchée par l’hécatombe. Depuis New York
(Etats-Unis) ce vendredi 25 avril 2008, le Secrétaire général de
l’Organisation des Nations Unies (ONU) Ban Ki-moon a encore invité la «
communauté internationale » à faire front contre la pandémie, et promis
de mettre fin à l’hécatombe. A l’occasion de cette première journée
internationale, un nouveau programme de lutte devrait permettre la
distribution de 250 millions de moustiquaires imprégnées d’insecticide
durable et de médicaments à base de dérivés d’artémisine (le parasite
devenant de plus en plus résistant à la chloroquine) aux dispensaires
‘de brousse’ ; encourager la formation des personnels soignants, et
stimuler la recherche. Bel engagement aussitôt tempéré par le
Partenariat ‘Faire reculer le paludisme’ qui déclare que seul 1
milliard de dollars est actuellement disponible sur les 3,2 milliards
nécessaires pour les trois années prochaines de lutte contre la malaria
(ou paludisme).
Quelques progrès, cependant : de 1992 à 2006, le
Vietnam a divisé par deux le nombre de ses malades. Entre 1989 et 1996,
le Brésil avait déjà vu la mortalité infantile imputable au parasite
plasmodium régresser de 60%. En Afrique même, cette mortalité a chuté
de 51% en Ethiopie. En dix ans, laborieusement les crédits et dons
alloués au combat sont passés de 60 millions de dollars à 1 milliard en
2008. La distribution des moustiquaires imprégnées touche une quinzaine
de pays, une nouvelle génération du précieux linceul est désormais
produite en Tanzanie, avec une efficacité prouvée de trois à cinq ans.
Les recherches sur le vaccin tant attendu permettent, selon le
Professeur Coll-Seck, des essais au Mozambique, au Gabon, au Mali. Doni doni *, l’espoir peut faire vivre.
* Doucement doucement, en langue Bambara.
Frédéric Bacuez dit Fretback / Lesaintlouisien.com
Photo : Fretback
Sénégal : « des bracelets pour des moustiquaires »
L’association
sénégalaise SEGA Africaware* de Seynabou Sy, par ailleurs présidente du
festival Ebony Music/Ebène contre le paludisme, a officiellement lancé
le 25 avril 2008 depuis Dakar l’opération « Des bracelets pour des
moustiquaires ». Chaque vente de dix bracelets colorés en silicone
portant le slogan « Stop au paludisme maintenant ! » –au prix unitaire
de 500 francs CFA, permettra à l’association d’acheter une moustiquaire
imprégnée qui sera gracieusement offerte aux nécessiteux. L’opération
est soutenue par les stars de la musique Akon et Disiz la Peste.
* Partenaire du Secrétariat ‘roll back malaria’ de l’OMS et du Malaria Advocacy Working Group (MAWG).
Source : communiqué de presse de SEGA AfricAware, 22 avril 2008.